LA TRIBUNE - Vous défendez, durant cet entre-deux-tours des législatives, l'importance des chercheurs étrangers pour les universités. Pourquoi ?
François PIERROT, chercheur en robotique au CNRS et vice-président de l'Université de Montpellier en charge des relations internationales - A l'heure où certains briguent nos suffrages en promettant de nous « protéger » des étrangers, nombreux sont ceux qui ont déjà rappelé quelques caractéristiques quasi-universelles des établissements d'enseignement supérieur et de recherche dans le monde. La science, les connaissances, les idées ne connaissent pas de frontières. Pour être efficaces, les universités ont besoin d'autonomie pour la recherche, tout autant que de liberté académique et pédagogique. Ceci implique que ces institutions soient ouvertes sur le monde, qu'elles accueillent des étudiants et des chercheurs étrangers, qu'elles recrutent des experts étrangers, et qu'en retour elles envoient leurs étudiants et chercheurs à l'étranger. Dans le milieu universitaire, j'enfonce une porte ouverte, le sujet fait consensus quelles que soient les convictions politiques. Mais en dehors, cette posture n'est pas de la naïveté ou un point de vue de "bobo" déconnecté de la réalité et rêvant d'universalisme : c'est un fait. Il faut regarder la réalité comme elle est et non comme on la fantasme !