Retraites : l'abattement fiscal de 10 % sur la sellette

Fanny Guinochet
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C'est un dispositif dont l'existence peine à se justifier. Les retraités bénéficient d'un abattement fiscal de 10 %, pour frais professionnels. Ils sont pourtant retirés de la vie professionnelle, ce qui fait donc de cet abattement un avantage acquis, une niche fiscale de convenance. Personne n'ose y toucher depuis sa mise en place en 1978.
Reste qu'aujourd'hui, les comptes du régime des retraites s'enfoncent dans le rouge. Et les partenaires sociaux cherchent de l'argent. Ceux qui restent dans le conclave savent que si des aménagements à la réforme d'Emmanuel Macron sont possibles, il y a lieu de ne surtout pas dégrader le déficit du système de base. Aussi, cet abattement fiscal les intéresse à plusieurs titres.
Premier point : supprimer cet abattement pourrait rapporter jusqu'à 5 milliards d'euros par an. Une source d'économie intéressante. A titre d'exemple, 5 milliards, c'est le montant équivalent à l'indexation des retraites sur l'inflation en 2025.
Autre avantage, cet abattement, s'il est supprimé, ne changera rien pour les retraités les moins fortunés, ceux qui ne paient pas d'impôt sur le revenu. Ne seront concernés que ceux qui s'en acquittent. C'est un des arguments mis en avant par l'économiste Gilbert Cette, à la tête du Conseil d'orientation des Retraites. Dans une tribune aux Echos, en janvier dernier, ce proche d'Emmanuel Macron, mettait le sujet sur la table, en précisant toutefois qu'il s'exprimait "à titre personnel". Cette piste lui semblait d'autant plus intéressante qu'elle pouvait dégager de l'argent sans revenir sur la question si sensible de l'âge l'égal.
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Patrick Martin, le président du Medef se montre favorable à cette piste. Le représentant des patrons cherche coûte que coûte à éviter une hausse des cotisations patronales. Il entend alléger au maximum la charge des actifs.
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Du côté des syndicats, la position est plus mitigée, car les retraités représentent une grosse partie des adhérents.
Fanny Guinochet