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Economie - La Tribune AfriqueStratégies - La Tribune Afrique

Compétitivité : les cinq champions africains du WEF

Photo de Ibrahima Bayo Jr.

Ibrahima Bayo Jr.

Publié le 06 octobre 2016 à 16:40 - Mis à jour le 13 octobre 2016 à 16:27

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Le Forum économique mondial qui organise chaque année le Forum de Davos, a rendu public, mercredi 28 septembre 2016, son rapport 2016-2017 sur la compétitivité des pays dans le monde. Voici le top 5 qui représente l’Afrique dans le classement mondial.

Pour établir l'indice de la compétitivité des 138 pays présents au classement, l'organisme basé à Cologny en Suisse, attribue des scores (ne dépassant pas 7) en se basant sur 114 indicateurs de productivité répartis en 12 piliers de la compétitivité. Ces derniers vont de l'environnement institutionnel à la capacité d'innovation en passant par l'efficacité des infrastructures, l'environnement macroéconomique, l'accès à la santé et à l'éducation ainsi l'efficacité du marché du travail, celui de l'emploi, la sophistication des entreprises

1-    Ile-Maurice (45è/138), le chouchou des investisseurs

Ces dernières années, l'Ile-Maurice est le champion économique africain qui brille dans tous les classements mondiaux. L'économie de cet Etat insulaire situé dans l'Océan indien était essentiellement agraire il y a quelques années. Son industrie textile étant fortement concurrencée et sa culture du sucre impactée par la crise, Port-Louis s'est engagé dans une diversification de son économie tournée vers 70% de services notamment dans le secteur financier et bancaire même si l'économie du pays reste encore dépendant du tourisme.

Ces cinq dernières années, le taux de croissance de l'île est resté au-dessus de la barre des 3%. Il faut dire que le pays qui jouit d'une bonne réputation à l'international et dans le monde des affaires. De plus l'Etat insulaire a su réformer son secteur bancaire et, son administration et mis en place des mesures incitatives et des facilités fiscales qui ont attiré les sociétés offshores et donc les investissements étrangers.

2-    Afrique du Sud (47è/138), première place boursière continentale

L'Afrique du Sud est sur le toit économique du continent. Le pays de Mandela a ravi la place de première puissance économique d'Afrique au Nigéria. Premier producteur mondial de platine (70 % des réserves mondiales), premier producteur-exportateur d'or et quatrième producteur de diamants, le pays est également riche en ferrochrome et en charbon (60% des réserves). L'économie sud-africaine a donc largement profité de ces ressources pour ensuite faire émerger une industrie des matériaux destinés au secteur ferroviaire tout en se tournant vers la manufacture des combustibles synthétiques et de l'équipement des mines.

Parallèlement, la nation arc-en-ciel a développé un secteur de services financiers dynamique représentant plus de 20% du PIB. La place boursière de Johannesburg est la première d'Afrique et la 19è mondiale en termes de capitalisation. La nation arc-en-ciel peut se targuer d'avoir un secteur bancaire bien capitalisé et un secteur de l'assurance attractif. Le pays privilégie les échanges commerciaux avec les BRICS. Mais le pays est affecté par la crise économique qui augmenté le chômage tandis que les grèves dans les secteurs minier et pétrolier plombent l'efficacité industrielle. Les importations sont en hausse par rapport aux exportations. Mais les agences de notations ont maintenu la note du pays à BBB- en dépit d'une prévision de croissance qui devrait s'établir à 0,6% en 2016(FMI)

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.Île-Maurice

3-    Rwanda (52è/138), une économie rebâtie en 20 ans

Les bases économiques du Rwanda ont été fragilisées avec le génocide de 1994 qui a ébranlé la confiance des investisseurs étrangers. Mais en un peu plus de 20 ans, le pays aux mille collines s'est relevé de cette tragédie nationale à la faveur d'un programme d'ajustement structurel à la fin des années 1990. Ce programme d'ajustements structurel a été bientôt suivi d'une vague de privatisation. Grâce à la restructuration de la politique budgétaire et monétaire, le pays de 11,5 millions d'habitants s'est envolé économiquement dans les années 2000, enregistrant un taux de croissance de 7% à 8% par an, réduisant de moitié la pauvreté et les inégalités sociales.

L'activité économique du pays dépend encore beaucoup de l'agriculture (30%) qui fait vivre 90% de Rwandais. Mais Kigali laisse une très large part (+50%) aux services et aux industries (15%). Le pays s'est engagé sur la voie de l'indépendance énergétique avec le projet d'exploitation des 56 milliards de mètres cubes de gaz naturel dont l'investissement, le plus grand jamais réalisé dans le pays, se chiffre à 325 millions de dollars.

4-    Botswana (64è), le reflet des diamants

A son indépendance arrachée aux Britanniques en 1966, le Botswana faisait partie de 25 pays les plus pauvres du monde. Mais le cinquantenaire de son accession à la souveraineté célébré le 30 septembre dernier a rappelé la prééminence de ce pays d'Afrique australe qualifié de « miracle africain ». Cité en exemple pour sa démocratie (aucune guerre civile depuis 1966 et transition politique sans heurts) mais aussi pour l'efficacité de sa lutte contre la corruption (pays le moins corrompu d'Afrique selon Transparency International). Il faut aussi ajouter à cette liste de griefs, que le pays d'à peine 2 millions d'habitants a l'une des administrations les moins bureaucratiques et les plus efficaces du continent.

Le pays a compris très tôt que 5% seulement de son territoire de 581.000 km2sont cultivables en raison de l'aridité mais aussi de la protection du tiers du territoire constitué de parcs et réserves naturels. Il s'est alors tourné vers l'exploitation minière notamment des diamants (80%), du nickel, du cuivre mais aussi d'autres ressources naturelles comme le charbon ou encore le gaz naturel, tous destinés à l'export.

Gaborone joue un exercice d'équilibre économique entre un secteur minier (45% de la production nationale) concurrencé par un secteur des services (50%) notamment les télécommunications et le tourisme, qui pousse. En dépit, d'une industrialisation encore rampante, le pays attire les investisseurs au point d'être parfois taxé de paradis fiscal.

5-    Maroc (70è), le royaume de la stabilité macroéconomique

Ce royaume d'Afrique du nord abritant 35 millions d'habitants est la 5è puissance économique du continent. Une position que le Maroc doit à sa stabilité macroéconomique. Il faut dire que le pays maghrébin a lancé dans les années 2000, une cinquantaine de programmes socio-économiques dans le cadre d'une stratégie nationale axée sur le développement humain et social ou encore la croissance économique et la création de richesse. L'économie a connu une rapide évolution à la faveur de réformes structurelles qui se poursuivent jusque-là. Le pays veut réduire son déficit public via une politique d'austérité tout en essayant de maintenir l'inflation sous la barre des 3% alors les subventions sur les produits courants s'amenuisent.

L'économie marocaine reste dépendante de l'agriculture (15% du PIB) tout en laissant une part (30%) à l'industrie. Le royaume chérifien peut aussi compter sur ses réserves de 50.000 milliards de tonnes de phosphates dont il est le troisième producteur et le premier exportateur. Il s'est aussi tourné vers les services (55%) notamment avec le tourisme. Néanmoins l'économie se diversifie avec l'émergence de secteurs comme l'automobile, l'aéronautique, la chimie, l'informatique ou encore l'électronique dont les écosystèmes se mettent en place progressivement.

Sur le plan énergétique, le pays entend porter d'ici 2030, la part des énergies renouvelables à 52% de son mix énergétique à la faveur de grands investissements dans des centrales solaires ou des éoliennes. Par ailleurs, grâce au développement des infrastructures et équipements (ports, aéroports, routes, zones franches) et à des mesures fiscales, le royaume attire plusieurs sociétés offshores. Ces dernières années, le royaume a lancé une véritable offensive économique sur l'Afrique au point de devenir le deuxième investisseur africain sur le continent.

Ibrahima Bayo Jr.

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