Agriculture : la réponse de Bruxelles, "une forme de mépris" pour les éleveurs

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Les agriculteurs européens paient le prix de la politique internationale, selon le principal syndicat européen d'agriculteurs.
"Les agriculteurs européens paient le prix de la politique internationale", selon le principal syndicat européen d'agriculteurs. (Crédits : © Vincent Kessler / Reuters)
Les syndicats d'agriculteurs ont regretté que Bruxelles ne prenne pas plus de mesures en faveur des éleveurs, notamment concernant le prix du lait. Une position partagée par le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll.

Les 500 millions d'euros d'aide d'urgence proposés par la Commission européenne ne suffiront pas. Le président de la FNSEA, Xavier Beulin, a estimé lundi 7 septembre que l'annonce était une "forme de mépris" pour des agriculteurs qui attendaient, eux, des mesures plus fortes.

"Il n'y a eu aucune réponse aux revendications, notamment sur l'embargo russe, seulement quelques aides", a déclaré à l'AFP lors d'une conversation téléphonique  Xavier Beulin, présent à la manifestation des agriculteurs à Bruxelles, considérant que  les commissaires "ne sont plus dans la vraie vie".

On n'a "peu de précisions", sur cette annonce de la Commission qui a précédé le conseil des ministres de l'Agriculture, a indiqué le président de la FNSEA en soulignant "que l'essentiel devrait aller au lait, mais on en sait pas comment".

"Il est clair qu'un paquet d'aides de 500 millions d'euros est bien loin du compte pour indemniser les agriculteurs de la perte de leur principal marché à l'exportation, la Russie, qui vaut 5,5 milliards d'euros par an", a regretté dans un communiqué Pekka Pesonenle secrétaire-général du Copa-Cogeca, le principal syndicat européen d'agriculteurs.

"Les agriculteurs européens paient le prix de la politique internationale. Les prix sont inférieurs aux coûts de production dans de nombreux pays et le revenu des agriculteurs la moitié du niveau moyen", a-t-il ajouté.

Un manque de clarté pour Le Foll

Cette dernière position est partagée par le ministre de l'Agriculture français Stéphane Le Foll, qui comptait profiter de ce conseil non seulement pour demander un relèvement du prix d'intervention sur le marché du lait pour la poudre et le beurre, afin de soutenir les cours, ainsi que des mesures de stockage pour le porc. Or la Commission a écarté l'idée de relever le prix d'intervention et a mis l'accent sur l'aide au stockage privé.

"Après six heures de discussion, de tour de table, au bout du compte, ce qui est revenu de manière assez claire, c'est qu'on n'y voyait pas suffisamment clair, que la Commission devait préciser les choses et que pour qu'il y ait une décision politique, il faut un conseil" des ministres, a-t-il lancé, visiblement frustré, lors d'une conférence de presse à Bruxelles.

Une dizaine d'États membres se sont prononcés "clairement" en faveur du relèvement du prix, a-t-il ajouté. Les experts européens doivent se retrouver en fin de semaine pour continuer les discussions avant un nouveau conseil des ministres de l'Agriculture les 14 et 15 septembre à Luxembourg.

(avec AFP)

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a écrit le 18/11/2015 à 10:22 :
la situation est elle quant l agriculture ne peu investir et vivre par ses propres moyen le suicide devient collectif conserver et progresser dans une famille agricole et l avenir de tous
a écrit le 08/09/2015 à 19:18 :
Ce sondage réalisé en ligne par la chaîne BFM TV, montre nettement que 90% des Français jugent nécessaire d'obtenir la levée des sanctions anti-russes en vue de pallier la crise dans le secteur agricole national. En toute évidence, ce sera la capitulation de la politique irresponsable des dirigeants européens envers leur secteur agroalimentaire.

Oui, il faut lever les sanctions contre la Russie, certes, mais rien ne dit que les agriculteurs français retrouveront en Russie les parts de marché d'avant les sanctions. Toute la chaîne de distribution qui appartenait en partie à des Français, des Polonais, des Espagnols, etc, se trouve actuellement dans les mains de Russes et d'autres distributeurs des pays de la CEI, de l'Iran et d'autres. Les deux principaux exportateurs de viande de l'Amérique latine, le Brésil et l'Argentine, se préparent eux aussi pour gagner une partie de ce très intéressant marché.

Un autre détail de taille : les prix, avec la chute du rouble, se sont tout à fait adaptés aux monnaies plus faibles de ces pays et actuellement la Russie ne pourra plus importer de l'UE au même prix qu'en 2013. Donc, la levée des sanctions, hélas, ne fera pas les affaires de nos agriculteurs, c'était une erreur irrémédiable, un vrai fiasco de la part de Bruxelles et des États.

Quand à Hollande qu'il en profite bien de ses derniers jours car dans moins de deux ans il sera balayé comme un fétu de paille, si tant est qu'il se représente à la prochaine présidentielle.
a écrit le 08/09/2015 à 12:54 :
Ils pourraient manifester pour rétablir les quotas laitiers. Rires !!!!
a écrit le 08/09/2015 à 12:41 :
Bah ...allons allons , ou il y a des problémes ????; tout va bien , faut pas déprimer , on croise les doigts et on y croit ..........en chantant '' ça ira mieux demain ''
a écrit le 08/09/2015 à 10:31 :
ils touchent 500 millions et ils se plaignent encore ? c est vrai qu on devrait refaire des prix garantis afin d avoir de nouveau des lacs de lait et des montagnes de beurre comme au bon vieux temps de la PAC.
Mais bon faut pas desesperer, en cassant tout a bruxelles ils vont bien y arriver...

SI l UE devrfait investir, c est surement pas dans un secteur comme l agriculture, et encore moins pour produire encore plus de nourriture de qualite mediocre
Réponse de le 09/09/2015 à 7:44 :
Et l'indépendance alimentaire alors? Le secteur agricole est un secteur important, qui emploie directement ou indirectement beaucoup de personnes, quelle ignorance !!!
a écrit le 08/09/2015 à 9:29 :
le début de la fin de la zone EURO a bel et bien sonné.. méprisé par son ministre agricole et maintenant par les députés européen
a écrit le 08/09/2015 à 8:25 :
Perso, je ne pense pas qu'il y ait du mépris" de Bruxelles pour les éleveurs, ce que l'UE ne peut pas combler ce déficit indéfiniment. Toute cette situation est du à un très mauvais calcul des dirigeants de l'UE envers la Russie, il faut voir les choses en face. La presse aux ordres de Paris ose déjà dire que l'agriculture française se trouve fragilisée par l'embargo russe. Or pour les têtes plus pensantes (et moins hypocrites) cela a toujours été un secret de Polichinelle.

La France perd 100 millions d'euros de chiffre d'affaires en n'exportant plus de porc vers la Russie. Mais le manque à gagner est encore plus élevé. En effet, l'impact financier est aussi indirect. La concurrence s'est accrue sur les autres marchés avec l'arrivée des anciens fournisseurs de la Russie. Les prix diminuent donc. L'impact direct et indirect de l'embargo russe sur la filière porcine française s'élève à 400 millions d'euros par an pour la France pour le moment. Et les pertes de ce secteur uniquement s'élèveraient à 4 milliards d'euros pour l'UE.

C'est un piège monté par Washington contre l'EU mais, chose incroyable, nos dirigeants continuent à tirer des balles dans le pied rien que pour tenter de sauver la face !
Réponse de le 08/09/2015 à 10:18 :
a quoi ca sert de vendre a des clients non solvables ?
ils ne nous paieront jamais !
En plus dans le cas de la russie, ils ont une politique aggressive vis a vis de l UE (certes surtout vis a vis de leurs ex colonies pour l instant. mais a moins d etre munichois et accepter qu el ukraine, les pays baltes voire la pologne soient des satellites de la russie, je vois pas pourquoi on devrai subventionner poutine en payant nos paysans pour y exporter)
Réponse de le 08/09/2015 à 15:31 :
l(a solution serai d accorder a ces travailleurs le statut de fonctionnaire et demain FAMINE ..... GARANTIE.
Réponse de le 08/09/2015 à 20:06 :
Et selon vous, quel est donc la solution pour les exportations agroalimentaires françaises ? on coupe les ponts d'une fois pour toutes avec la Russie, d'accord, et ensuite va exporter la production vers quel pays ?

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