Allemagne : la croissance devrait atteindre 2,6% en 2018

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L'Ifo relève également que le gouvernement de coalition de la chancelière Angela Merkel, qui a été réélue la semaine dernière pour un quatrième mandat, a un effet temporairement positif sur le climat des affaires en raison de son programme d'investissements publics.
L'Ifo relève également que le gouvernement de coalition de la chancelière Angela Merkel, qui a été réélue la semaine dernière pour un quatrième mandat, a un effet temporairement positif sur le climat des affaires en raison de son programme d'investissements publics. (Crédits : Fabian Bimmer)
L'institut économique IFO a maintenu ses prévisions de croissance de 2,6% pour l'économie allemande en 2018 et de 2,1% en 2019, mais a souligné que la question des tarifs douaniers sur les échanges transatlantiques pesait sur la confiance des chefs d'entreprise.

La croissance demeure robuste outre-Rhin. L'institut économique allemand IFO a maintenu ses prévisions de croissance pour 2018 à 2,6% et 2,1% pour 2019, selon un communiqué publié ce mercredi 21 mars. Ces chiffres correspondent aux prévisions publiées en décembre. Malgré ces projections favorables, plusieurs économistes allemands s'inquiètent des risques qui pèsent à la fois sur la croissance mondiale et sur la croissance allemande.

Une croissance soutenue en 2018

D'après les projections de l'organisme allemand, la croissance devrait être portée par l'investissement privé en hausse entre 2017 (+4%) et 2018 (+6% ). Si les investissements dans la construction devraient sérieusement ralentir, les entreprises pourraient augmenter leurs dépenses dans l'acquisition de machines-outils et équipements (4% en 2017 contre 6,6%) en 2018. Par ailleurs, la dynamique des échanges extérieurs allemands devrait se poursuivre dans l'année à venir permettant de maintenir une activité relativement soutenue.

"La croissance des exportations devrait être supérieure de 0,5 point de pourcentage par rapport aux précédentes projections. La réduction massive de la fiscalité des entreprises aux Etats-Unis et l'amélioration de la conjoncture dans la zone euro ont soutenu la demande de biens et services allemands" précise le communiqué.

En revanche, les Allemands devraient moins dépenser cette année. "Nous avons révisé à la baisse nos projections pour les dépenses de consommation des ménages  de 2018 de 0,5 point de pourcentage en raison d'une baisse de la consommation plus faible que prévu au cours du second semestre 2017" explique le directeur des prévisions chez IFO Timo Wollmershaeuser.

Un chômage en baisse

En ce qui concerne le chômage, les prévisionnistes allemands annoncent encore une baisse du chômage pour 2018 qui passerait de 5,7% à 5,2% de la population active, soit son niveau le plus bas depuis la réunification.

Pour 2018, le taux de chômage au sens du Bureau international du travail passerait même sous la barre des 5% (4,8%). Le nombre de personnes en emploi devrait passer de 44,8 millions cette année à 45,3 millions en 2019.

Des craintes sur l'avenir

Dans la même journée, le Conseil allemand des experts économiques a également publié ces prévisions pour 2018 qui s'avèrent légèrement moins optimistes que celles de l'IFO. Cette organisation, qui conseille régulièrement le gouvernement allemand, envisage une croissance à 2,3% pour 2018 et 1,9% pour 2019. Les spécialistes expliquent que cette révision à la hausse repose "principalement sur une amélioration  de l'environnement économique international. L'économie mondiale est en train de connaître pour la première fois depuis la crise financière de 2007 une croissance simultanée".

Malgré ces révisions à la hausse, les experts expriment néanmoins des craintes sur les risques qui pèsent sur la croissance. "Les projections favorables sur la croissance ne devraient pas éclipser les risques sur le développement économique qui ont augmenté ces derniers temps". La situation politique en Italie à l'issue des récentes élections législatives et la montée des populismes ont accentué les inquiétudes tandis que les résultats des négociations sur le Brexit sont remplis d'incertitudes. Par ailleurs, la récente décision du président américain Donald Trump de mettre en place des tarifs douaniers de 25% sur les importations d'acier et de 10% sur celles d'aluminium ont ravivé les inquiétudes dans les cercles économiques allemands.

" Une spirale de mesures protectionnistes pourrait avoir des conséquences négatives à la fois sur l'économie mondiale et sur l'économie allemande".

Parmi les autres menaces pour la conjoncture, ils mettent en avant le manque de main-d'œuvre en Allemagne qui freine de plus en plus cette dynamique. Et si la première économie de la zone euro a mené une politique migratoire plus favorable ces dernières années, cela ne résout en rien le vieillissement démographique allemand et ses conséquences sur la population active.

> Lire aussi : Allemagne : la hausse de la population ne résout pas le problème démographique

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Commentaires
a écrit le 17/04/2018 à 8:01 :
La plupart de nos amis d'Outre Rhin ne sont pas conscients du fait que leur prospérité et due en grande partie à l'UE.
L'Allemagne est le pays qui profite le plus de l'UE, mis à part le Luxembourg.
Les tabloïds en Allemagne font tout pour faire croire au peuple que se serait le contraire, que ce serait l'UE qui profite de l'Allemagne.
Quand on sait à quel point ce peuple aime se faire mener en barque, il y a de quoi s’inquiéter.
a écrit le 04/04/2018 à 14:09 :
Pendant ce temps là, la France reste à quai en attendant un hypothétique train pour monter à bord ?
a écrit le 23/03/2018 à 11:46 :
Bravo
a écrit le 22/03/2018 à 8:51 :
Heureusement qu'en pompant les autres pays de l'UE ils ne sont pas dans le négatif quand même, c'est juste qu'il faut nous dire en quoi une grosse croissance allemande est bonne pour l'europe hein vu que depuis le temps on voit bien que cela ne fait que nous enfoncer...

Vite un frexit

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