Allemagne : que prévoit le nouvel accord de coalition ?

Les concessions de merkel sur les finances et l'europe
AXEL SCHMIDT

Les concessions de merkel sur les finances et l'europe
AXEL SCHMIDT
L'Allemagne s'apprête à retrouver un nouveau gouvernement. Quatre mois après les élections législatives et des semaines de négociations interminables, les conservateurs du bloc CDU-CSU et les sociaux-démocrates du SPD sont parvenus à un accord de coalition. Ce jeudi, des critiques se sont déjà élevées dans les rangs des conservateurs d'Angela Merkel, pour reprocher à la chancelière certaines concessions faites aux sociaux-démocrates. L'occasion de revenir sur les principaux points de l'accord.
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Sur le plan économique, l'accord prévoit un grand plan d'investissements sur plusieurs années pour la première puissance européenne. Longtemps réclamé par des économistes et une partie de la presse allemande, le nouvel exécutif devrait lancer un plan d'investissements dans plusieurs domaines stratégiques. Ce qui pourrait représenter un tournant dans la politique économique allemande. Ce qui est proposé :
En ce qui concerne le droit du travail, le nouvel accord prévoit également de renforcer l'encadrement des contrats courts pour limiter leurs recours abusifs par les employeurs.
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Sur le plan de la fiscalité et de la politique budgétaire, quelques changements sont à prévoir, sur la forme en tout cas. En effet, le portefeuille des finances publiques doit passer des mains de la CDU à celles des sociaux-démocrates. Mais il ne devrait pas véritablement y avoir de rupture. En effet, Olaf Scholz qui est pressenti pour être le nouveau ministre des Finances devra se soumettre à l'objectif d'un budget à l'équilibre sans nouvel endettement. Ses marges de manœuvre devraient donc être limitées. Son prédécesseur Wolfang Schäuble, adepte de la rigueur et de l'orthodoxie budgétaire devrait être rassuré. Au niveau fiscal, le document précise qu'il n'y aura pas d'augmentations d'impôts pour les plus aisés contrairement à ce que voulait le SPD. Il est prévu de supprimer "l'impôt de solidarité" mis en oeuvre lors de la réunification pour aider les Länder de l'ex-RDA. Ce qui devrait permettre de réduire les impôts pour les contribuables de l'Ouest de 10 milliards d'euros.
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L'actuel maire de Hambourg Olaf Scholz est pressenti comme futur ministre des Finances de la coalition. (Crédits : Reuters/Axel Schmidt.)
Sur le plan européen, les partenaires de la coalition ont fait plusieurs propositions dans des domaines aussi variés que la fiscalité des GAFA ou les institutions européennes:
Avec l'afflux massif de réfugiés et de demandeurs d'asile, les questions migratoires ont fait l'objet d'âpres débats outre-Rhin ces dernières années. Les membres et partisans de l'extrême droite proches de l'AFD n'ont pas hésité à alimenter leur dernière campagne pour les élections législatives sur ces questions-là. Selon l'accord de coalition, les flux de demandeurs d'asile devraient être limités entre 180.000 et 220.000 arrivées par an. Voici les autres propositions :
Pour entamer son nouveau mandat à 63 ans, la chancelière devra encore franchir un obstacle de taille avec un vote prévu sur le contrat de coalition des quelque 460.000 militants du SPD, dont le résultat est attendu début mars. Et ils sont très divisés sur l'idée même d'une alliance avec la droite, au moment où leur parti ne cesse de plonger dans les sondages. En cas d'échec, Angela Merkel devrait faire un gouvernement minoritaire dans l'optique de nouvelles élections. Ce qui mettrait la chancelière dans une position très délicate.
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(Avec agences)