Allemagne : le spectre de la récession plane à nouveau
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D'après Destatis, la baisse des commandes industrielles allemandes a été particulièrement marquée au niveau national (-10,9 %).
YVES HERMAN
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D'après Destatis, la baisse des commandes industrielles allemandes a été particulièrement marquée au niveau national (-10,9 %).
YVES HERMAN
Le signe d'une nouvelle décrue pour l'économie allemande. Les commandes industrielles en Allemagne ont en effet chuté nettement plus que prévu en août, a rapporté l'Office Destatis ce lundi, marquant le début d'une semaine où le gouvernement devrait, selon la presse, prévoir une récession pour l'ensemble de l'année.
L'indicateur clef pour le secteur manufacturier, pilier de l'économie allemande, a ainsi reculé de 5,8% sur un mois, d'après des chiffres publiés lundi par l'institut allemand des statistiques. C'est bien davantage que la baisse de 1,8% attendue par les analystes sondés par Facset, et cela met fin à l'embellie de courte durée observée en juin et juillet.
La baisse a été particulièrement marquée au niveau national (-10,9 %), mais les commandes à l'international ont également reculé (-2,2 %). En excluant les grosses commandes, souvent volatiles d'un mois à l'autre, le recul de l'indicateur est un peu moins prononcé, à -3,4 % par rapport à juillet dernier.
« Avec la récente baisse, les espoirs d'une reprise durable des commandes semblent s'amenuiser », commente ce lundi le ministère de l'Economie, dans un communiqué séparé. Un rebond sur la seconde moitié de l'année semble exclu « compte tenu de la faiblesse persistante de la demande, et de la dégradation continue du climat économique des entreprises », est-il ajouté.
En conséquence, le gouvernement allemand prévoit désormais une contraction de l'économie pour cette année, avec une baisse de 0,2 % du produit intérieur brut, selon le quotidien Süddeutsche Zeitung. Cela révisera la prévision actuelle, qui tablait sur une croissance annuelle de 0,3 %, après la contraction de 0,3 % du PIB en 2023.
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Fin septembre, les principaux instituts de conjoncture du pays (Ifo, DIW, IWH, IfW et RWI) avaient, de leurs côtés, annoncé prévoir une baisse de 0,1% du PIB allemand en 2024, contre une croissance de +0,2% en mars dernier. A noter : si ces prévisions se confirmaient à la fin de l'année, ce serait un nouveau coup dur pour l'Allemagne qui a été l'an dernier l'économie la moins performante de la zone euro, avec déjà une contraction de son PIB, de -0,3%.
Quoi qu'il en soit, le ministre de l'Economie Robert Habeck doit dévoiler officiellement ses prévisions mercredi, devenant même, selon le quotidien Süddeutsche Zeitung, plus pessimiste que les principaux instituts de conjoncture. « Les indicateurs avancés sont en baisse, les prévisions diminuent, et les mauvaises nouvelles s'enchaînent », ce qui fait que « tout donne l'impression d'une récession », commente ce lundi, auprès de l'AFP, Jens-Oliver Niklasch, économiste chez LBBW.
Par ailleurs, les principaux statisticiens allemands (Ifo, DIW, IWH, IfW et RWI) ont revu à la baisse leurs prévisions pour les années à venir. Pour 2025, ils estiment que la croissance de l'Allemagne oscillera entre +1,4% et +0,8%, tandis qu'en 2026, le PIB pourrait connaître une hausse de seulement +1,3%.
Cette nouvelle récession en vue n'est pas non plus une nouvelle pour l'emploi allemand. Même si le taux de chômage en Allemagne est resté stable en septembre, à 6% pour le quatrième mois d'affilée, son équilibre reste très fragile. Dans son dernier bulletin statistique, l'Agence pour l'emploi indique en effet que sur un an, le nombre de chômeurs a augmenté de 179.000.
« Le chômage et le sous-emploi ont certes diminué en septembre, mais nettement moins que d'habitude au cours de ce mois », a déclaré à ce sujet la présidente de l'Agence, Andrea Nahles, dans un communiqué publié la semaine dernière. « Le début de la reprise automnale sur le marché du travail est donc lent cette année », a-t-elle ajouté.
Une conjoncture qui produit déjà ses conséquences négatives dans certaines grandes entreprises d'outre-Rhin : le constructeur automobile Volkswagen, l'un des premiers employeurs du pays, a indiqué début septembre envisager des licenciements secs, ainsi que des fermetures d'usines sur le sol allemand. Ce serait une première dans l'histoire du groupe. D'autres grands industriels allemands ont aussi annoncé des plans sociaux au cours de cette année. Parmi eux, des fabricants à succès de produits électroménagers comme Miele ou Bosch.
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« En seulement un an, le marché du travail a fait un virage à 180 degrés. Les principales victimes sont les professions intellectuelles et les employés des industries qui subissent une pression particulière pour se transformer », analysait la semaine dernière, auprès de l'AFP, l'économiste et experte du marché du travail Annina Hering du site d'emploi Indeed.
(Avec AFP)
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