En visite en Ouzbékistan, Olaf Scholz veut assurer l’approvisionnement de l’Allemagne en matières premières
latribune.fr
La visite du chancelier allemand va se poursuivre jusqu’à ce mardi, où Olaf Scholz va participer à un sommet « 5+1 » avec les chefs des cinq États centrasiatiques (photo d'archive).
Le chancelier allemand Olaf Scholz a plaidé ce lundi en Ouzbékistan pour un renforcement du partenariat énergétique entre ce pays et le sien. Reste que l’Allemagne n’est pas la seule puissance occidentale à convoiter les riches ressources naturelles de cette région d’Asie centrale où l’influence de la Russie faiblit depuis son invasion de l’Ukraine.
Depuis le début de l'invasion russe en Ukraine en février 2022, l'Allemagne s'est lancé dans le colossal défi de réduire sa dépendance aux énergies russes pour son approvisionnement. Et c'est notamment vers l'Ouzbékistan qu'elle veut pour cela se tourner. C'est pourquoi le chancelier Olaf Scholz est en déplacement ce lundi dans ce pays d'Asie centrale riche en ressources naturelles. « Nous voulons utiliser et développer ensemble les possibilités dans le secteur des matières premières », a indiqué le dirigeant allemand, cité par son cabinet.
« La participation d'entreprises allemandes au développement de gisements de minéraux critiques, à leur transformation (...) et leur exportation vers l'Allemagne et des pays tiers fait partie des domaines prioritaires du partenariat mutuellement avantageux entre l'Ouzbékistan et l'Allemagne »,a renchéri l'administration présidentielle ouzbèke.
D'après la même source, cette coopération industrielle concerne aussi notamment « les domaines de l'industrie chimique et de l'énergie verte ».
L'Allemagne au plus près des États centrasiatiques
La visite du chancelier allemand va se poursuivre jusqu'à ce mardi, où Olaf Scholz va participer à un sommet « 5+1 » avec les chefs des cinq États centrasiatiques (Ouzbékistan, Kazakhstan, Kirghizstan, Turkménistan et Tadjikistan). Un rendez-vous qui se tient d'ailleurs un an tout juste après un similaire à Berlin, le premier pour un pays de l'Union européenne, où les discussions avaient aussi porté sur la coopération entre tous ces acteurs. L'Allemagne se fournit d'ailleurs déjà en pétrole auprès du Kazakhstan.
« L'Ouzbékistan et le Kazakhstan sont pour nous des pays clé et des proches partenaires »,a souligné le porte-parole du dirigeant allemand, Steffen Hebestreit.
Et de préciser : « Nous cherchons à approfondir notre coopération avec eux, notamment dans les domaines de la science, de l'économie, de l'énergie, de la connectivité et de matières premières ». À l'occasion de ce sommet, Olaf Scholz sera accompagné par une délégation économique, a indiqué le porte-parole.
Une région lorgnée de tous
L'Allemagne n'est pas la seule puissance du vieux continent à se rapprocher de l'Ouzbékistan. La France et le Royaume-Uni ont aussi exprimé leur intérêt ces derniers mois à son encontre.
Plus globalement, depuis la guerre en Ukraine, c'est l'ensemble des ex-républiques soviétiques d'Asie centrale qui sont courtisées tant par l'Union européenne que la Chine, la Turquie ou l'Iran. Chacun veut jouer un rôle dans cette région importante sur le plan stratégique, riche en gaz et en pétrole et représentant un axe de transport crucial entre l'Asie et l'Europe.
Reste toutefois un point de vigilance crucial aux yeux du chancelier allemand. Il a appelé à s'assurer que les « échanges commerciaux (entre l'Allemagne et l'Ouzbékistan) ne soient pas utilisés pour contourner les règles applicables au niveau international ». Car si les États centrasiatiques affichent diplomatiquement leur neutralité sur le conflit ukrainien, les Occidentaux les soupçonnent de longue date de réexporter vers la Russie des biens sous sanctions. Ils conservent avec l'ex-puissance tutélaire russe des liens politiques, économiques et militaires étroits mais ont fait part de leur « engagement continu à respecter la Charte des Nations Unies », notamment « les principes de respect de l'indépendance, de la souveraineté des États et de l'intégrité territoriale de tous les pays ».
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Par ailleurs, l'ONG Human Rights a appelé Olaf Scholz à « se concentrer sur l'amélioration des droits humains en Asie centrale, vitaux en soi mais aussi pour atteindre les objectifs de ce partenariat naissant ». Ce, alors que les gouvernements de la région sont encore largement considérés comme autoritaires.