Pourquoi Volkswagen songe à fermer des usines en Allemagne
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Oliver Blume, le PDG de Volkswagen.
Reuters
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Outre-Rhin, la nouvelle fait l'effet d'un véritable tremblement de terre. Volkswagen a indiqué, ce lundi, qu'il envisageait de fermer des usines en Allemagne. Ce serait une première historique. Jamais, depuis sa création en 1937, le premier constructeur automobile européen, qui compte près de 660.000 employés dans le monde, n'a pris une telle décision sur le sol allemand. Ce serait aussi une première depuis 1988, quand le groupe avait fermé son usine de Westmoreland, aux Etats-Unis.
Volkswagen, qui aligne plus de 100.000 salariés en Basse-Saxe, où se situe son siège de Wolfsburg, explique que son actuel plan d'économies de 10 milliards d'euros d'ici à 2026 n'a pas tenu ses promesses. Volkswagen n'arrive pas, comme son programme l'ambitionne, à atteindre une marge opérationnelle de 6,5%. Au terme d'un deuxième trimestre marqué par une chute des ventes de voitures, celle-ci s'est élevée à 6,3%. Arno Antlitz, le directeur financier du géant allemand, n'a pas caché sa déception, la jugeant « trop faible ». « Dans la situation actuelle, la fermeture de sites de production de véhicules et de composants ne peut être exclue », a averti le groupe dans un communiqué.
Dans cette même missive, Oliver Blume, le PDG de Volkswagen, a pour sa part qualifié la situation du constructeur de « très exigeante et grave ». La faute, selon lui, à un environnement économique qui s'est « encore durci », et à « de nouveaux concurrents », dont les cadors chinois de l'électrique. « L'Allemagne, en particulier en tant que site de production, perd de plus en plus de terrain en termes de compétitivité, insiste le patron. Dans ce contexte, notre entreprise doit désormais agir de manière décisive. » Une réunion du personnel est prévue ce mercredi, à Wolfsburg, pour évoquer les questions d'emplois en Allemagne.
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Aux yeux de Marie Krpata, chercheuse au Comité d'études des relations franco-allemandes (Cerfa) et à l'Institut français des relations internationales (Ifri), « l'environnement de marché s'est nettement assombri pour Volkswagen », ce qui explique « ses performances maussades ». Le groupe, rappelle-t-elle, pâtit d'une forte chute des ventes de voitures électriques en Allemagne après la décision du gouvernement de supprimer des aides à l'achat. « Face à des ventes qui ne décollaient pas, Volkswagen a dû proposer des voitures à moindre prix », renchérit la chercheuse.