Après l'acier, l'aluminium européen vent debout contre le dumping chinois

Sarantis Michalopoulos, EurActiv

Sarantis Michalopoulos, EurActiv
Le mois dernier, la Commission européenne a annoncé vouloir se concentrer sur de nouvelles mesures pour contrer les aides illégales et le dumping de la Chine, sans pour autant prendre de décision sur son statut d'économie de marché.
Si les membres de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) décident d'accorder ce statut à la Chine, ses partenaires commerciaux devront traiter le pays, toujours dirigé par le parti communiste, comme un égal lors du règlement des différends.
Gerd Götz, directeur général de l'association European Aluminium, a estimé que la crise de l'acier en Europe avait faussé le débat sur le statut d'économie de marché de la Chine et distrait Bruxelles, qui ne s'est pas beaucoup penché sur d'autres secteurs, comme l'aluminium, alors qu'il pourrait bien connaître le même sort.
La Chine est entrée à l'OMC en 2001. Selon Pékin, on lui a alors promis que son statut serait modifié d'ici à la fin 2016. Une vision non partagée par l'Union européenne, qui assure qu'il n'était question que d'une réévaluation du statut. Le bloc rechigne en effet à lâcher la bride à la Chine, à cause d'une longue série de différends sur les aides d'État allant de l'acier aux panneaux solaires.
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Le 4 août, la Commission européenne envoie un message de fermeté face au dumping en annonçant l'introduction de droits rétroactifs sur les importations d'acier laminé à froid en provenance de la Russie et de la Chine.
L'industrie européenne de l'aluminium assure que la surcapacité chinoise en aluminium primaire s'élève à pas moins de cinq fois le volume de la production européenne dans sa totalité. La Chine augmente en effet sa production dans toute la chaine de valeur, et notamment pour les produits semi-ouvrés, dont les exportations vers l'Europe ont augmenté de 17 % en 2014, puis encore de 21 % en 2015. En un peu plus de dix ans, la part de l'aluminium primaire chinois dans le monde est passée d'environ 10 % à plus de 50 %.
Pékin subventionne systématiquement les secteurs stratégiques, comme l'acier, mais aussi l'aluminium, les panneaux solaires et les vélos, fait remarquer Gerd Götz.
Evangelos Mytilineos, président et directeur général de Mytilineos Holdings S.A, partage cette opinion. L'homme d'affaires a déclaré que, tout comme celui de l'acier, le secteur de l'aluminium est frappé de plein fouet par les pratiques chinoises.
« Il n'y a absolument aucun doute sur le fait que le marché de l'aluminium chinois est détraqué [...] il n'a aucune connexion avec le monde réel, les coûts réels de production des matériaux, les prix de vente et les marchés », estime-t-il.
Pour Evangelos Mytilineos, la croissance du secteur de ces dernières années n'a aucune raison de s'essouffler et la demande en aluminium devrait rester importante dans les dix années à venir.
>Lire aussi : L'UE revoit son plan acier sous la pression chinoise
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Par Sarantis Michalopoulos, EurActiv.com (traduit par Manon Flausch)
(Article publié jeudi 11 août 2016 à 10:00)

Sarantis Michalopoulos, EurActiv