La Chine continue d'exporter trop d'acier

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La production chinoise a ainsi encore grimpé de 1,7% sur un an en juin.
La production chinoise a ainsi encore grimpé de 1,7% sur un an en juin. (Crédits : © China Daily China Daily Infor)
Les exportations d'acier ont gonflé en juillet de 5,8% sur un an, en dépit des efforts de Pékin pour réduire les surcapacités de ses sidérurgistes et alors que l'Union européenne maintient ses accusations de dumping contre le pays.

La Chine, de loin le premier producteur mondial, a exporté le mois dernier 10,3 millions de tonnes d'acier contre 9,73 millions un an auparavant, selon des statistiques publiées lundi par l'Administration des douanes. Un chiffre surveillé de près par les sidérurgistes européens et américains, qui dénoncent le déferlement d'acier chinois à bas prix et l'effondrement des prix provoqué par cette concurrence jugée déloyale.

Certes, les exportations chinoises sont en recul sur un mois (elles s'étaient établies à 10,9 millions de tonnes en juin), mais elles se maintiennent bien au-delà de la barre des 10 millions de tonnes et en très forte hausse par rapport à l'an dernier.

Sur les sept premiers mois de l'année cumulés, les exportations d'acier de la Chine ont grimpé de 8,5% sur un an à 67,4 millions de tonnes, un volume record pour la période selon Bloomberg.

L'acier chinois pénalise la concurrence

La Chine produit environ la moitié de l'acier mondial, avec au total une production de près de 804 millions de tonnes l'an dernier. Mais ses aciéristes, minés par le ralentissement économique du pays, ploient sous des surcapacités de production colossales estimées à plusieurs centaines de millions de tonnes.

Ils écoulent donc sur les marchés étrangers une partie de leur offre excédentaire, faisant boire la tasse aux grands sidérurgistes occidentaux. Les exportations du pays avaient bondi de 20% en 2015, à un niveau record.

L'UE a lancé en mai une enquête anti-dumping sur l'acier chinois, tandis que les Etats-Unis ont adopté des taxes prohibitives contre certains aciers provenant de Chine. Sous pression, Pékin a promis en janvier d'éliminer jusqu'à 150 millions de tonnes en capacités annuelles chez ses aciéristes d'ici 2020 - mais ces coupes restent difficiles à concrétiser.

La production chinoise a ainsi encore grimpé de 1,7% sur un an en juin. Les sidérurgistes sont réticents à sabrer leurs effectifs, et, bénéficiant d'un récent sursaut du secteur immobilier, ils avaient même au printemps accéléré leur cadence de production.

(Avec AFP)

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Commentaires
a écrit le 08/08/2016 à 14:24 :
La Chine n'exporte pas trop : c'est l'Europe qui importe trop d'acier chinois à prix de dumping.
La Commission Européenne n'a pas fait grand chose : n'a pas eu le courage de relever les droits de douanes pour corriger cette concurrence malhonnête, qui ruine la sidérurgie européenne. Et ce malgré les protestations et les manifestations.
Ce laxisme, voire cette trahison, est une des raisons du vote du Brexit.
La preuve ?: la Commission a enfin relevé les droits de douanes, après.
Et, pour charly10 et citoyen blasé, qui ont bien ingurgité la vulgate néo libérale, et qui se croientt assez fort pour la loi de la jungle (ha! ha! ha!) : les droits de douanes, et les douanes, ça sert à ça.
a écrit le 08/08/2016 à 14:02 :
Il en est de l’acier comme de toutes les matières premières. Il semble normal que les prix évoluent en permanence, selon la loi de l’offre et de la demande. Ce système, accepté, créer toujours des conflits. Si l’on pouvait s’accorder pour garantir un prix stable sur les matières premières essentielles, dans les domaines industriels et agricoles, que de conflits seraient évités et tout le monde y trouverait son compte. Le commerce est financiarisé, donc à la merci des spéculateurs professionnels. Nous constatons aujourd’hui que l’économie de marché, contrairement aux théories keynésienne, ne garantit et ne régule rien et génère des crises récurrentes. Tout cela c’est du bon sens, mais le bon sens semble une valeur inconnue dans les milieux financiers et commerciaux ; La seule valeur qui mène le monde c’est… la cupidité.
a écrit le 08/08/2016 à 12:52 :
Mais que se passe t'il tout d'un coup n'est-ce donc pas la règle principale du capitalisme, la Loi du plus fort ?

Les chinois sont les plus forts, le principe des marchés repose sur l'offre et la demande, les chinois ont une offre surabondante il est normal qu'ils vendent moins cher.

C'est marrant comme les règles changent régulièrement selon les intérêts des uns et des autres alors que l'on nous fait croire à la "main invisible" du marché. La main du marché n'est pas invisible c'est celle des actionnaires et elle nous fait les poches en guise de "régulation", voilà la réalité désespérante de notre économie, enfin si on peut appeler ça une économie.

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