Baisse des taux : la BCE se montre encore prudente
latribune.fr

Le taux de dépôt, qui fait référence, a été réduit - pour la deuxième fois - en septembre de 25 points de base pour atteindre 3,50%.
Jana Rodenbusch
latribune.fr

Le taux de dépôt, qui fait référence, a été réduit - pour la deuxième fois - en septembre de 25 points de base pour atteindre 3,50%.
Jana Rodenbusch
Prudence. C'est l'état d'esprit de la Banque centrale européenne lors de sa réunion de septembre, d'après son compte-rendu publié ce jeudi, notamment quand il est question de baisse des taux. En effet, le taux de dépôt, qui fait référence, a été réduit - pour la deuxième fois - en septembre de 25 points de base (0,25 point de pourcentage) pour atteindre 3,50%. Un niveau jugé néanmoins pénalisant pour l'activité, mais aussi « restrictif » en vue de maîtriser l'inflation, dans le jargon des banquiers centraux.
Les gardiens de l'euro se sont ainsi inquiétés dans ce compte-rendu du comportement de l'inflation des services qui a « continué à être plus forte que prévu » et qui ne parvient pas à descendre depuis novembre de l'année dernière. Mais c'était toutefois avant la publication de nouvelles données qui ont surpris et semblent avoir changé la donne.
En septembre, l'inflation dans la zone euro a continué de ralentir, tombant à 1,8% en septembre, pour la première fois en plus de trois ans sous le seuil des 2%. L'inflation sous-jacente, qui exclut les prix volatils de l'énergie et de l'alimentation, a également enregistré un recul à 2,7% en glissement annuel, selon Eurostat. Les pressions sur les prix des services ont notamment reculé, autre bonne surprise.
Dans ce contexte, la présidente Christine Lagarde a affirmé récemment que les dernières évolutions des prix renforcent la confiance dans le retour de l'inflation à l'objectif, et que cela sera pris en compte lors de la réunion d'octobre. Ces déclarations amènent la plupart des observateurs à anticiper désormais une nouvelle baisse des taux dès jeudi prochain, quand la BCE se réunira en Slovénie.
Le gouverneur de la Banque de France a également estimé mercredi « très probable » une nouvelle baisse de taux la semaine prochaine, ajoutant que ce ne serait « pas la dernière ». Quant à l'étendue de la baisse, il a rappelé que l'institution avait « l'habitude d'agir avec gradualisme », « sans faire des pas trop importants », pointant ainsi vers une nouvelle baisse de 25 points de base.
Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.

Il a toutefois ajouté que la BCE regardait « avec attention » l'évolution des prix du pétrole, en raison des vives tensions entre Israël et l'Iran, qui a déjà fait remonter les cours : si cette hausse « reste relativement limitée et temporaire, cela ne devrait pas avoir d'effet trop négatif sur l'inflation et la croissance ».
Par ailleurs, le compte-rendu reflète aussi une BCE de plus en plus préoccupée par les perspectives de croissance, un autre argument qui penche en faveur d'un desserrement plus rapide de l'étau monétaire. Ce qui permettrait de desserrer les conditions de crédit des ménages et des entreprises. Ceux-ci pourront emprunter à un coût un peu moins cher, et donc consommer et investir davantage, stimulant la croissance économique. Un coup de pouce bienvenu pour l'économie de la zone euro, empêtrée dans une stagnation dont elle peine à sortir depuis plusieurs mois.
D'autant que courant septembre, la Banque centrale européenne a légèrement revu à la baisse ses prévisions de croissance pour la période 2024 à 2026. L'économie de la zone euro devrait croître de 0,8% cette année, au lieu de 0,9% prévu en juin. En 2025 et 2026, la croissance devrait être de 1,3% et 1,5% respectivement.
Outre-Atlantique, le rythme de baisse des taux vire aussi au casse-tête. Les responsables de la Réserve fédérale (Fed) américaine ont semblé très partagés sur cette question lors de leur dernière réunion, mi-septembre, certains considérant que l'inflation restait trop élevée. « Certains participants ont considéré qu'ils auraient préféré une baisse de 25 points de base pour cette réunion, d'autres assurant qu'ils auraient soutenu une telle décision », selon le compte-rendu (minutes) du comité monétaire de la Fed (FOMC) publié mercredi.
À l'issue de la dernière réunion, l'institution monétaire avait abaissé ses taux de 50 points de base, pour les ramener dans une fourchette comprise entre 4,75% et 5%, après l'avoir maintenue pendant plus d'un an entre 5,25 et 5,50%.
À lire également
Les marchés s'attendent néanmoins à une baisse de 25 points de base lors de la prochaine réunion, prévue les 6 et 7 novembre, puis une autre de même ampleur lors de la dernière réunion de l'année, mi-décembre, selon l'outil de veille de CME, FedWatch. Une anticipation qui pourrait être revue alors que l'inflation a continué à ralentir en septembre aux Etats-Unis, à 2,4% sur un an, mais moins qu'attendu. Résultat, les Bourses mondiales ont évolué en retrait juste après la publication de ce chiffre.
(Ave AFP)
latribune.fr