Banque centrale européenne (BCE) : comprendre sa politique monétaire
Eric Benhamou et Robert Jules
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Le siège de la Banque centrale européenne (BCE), à Francfort (Allemagne).
Kai Pfaffenbach
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Le siège de la Banque centrale européenne (BCE), à Francfort (Allemagne).
Kai Pfaffenbach
C'est le conseil des gouverneurs de la banque centrale européenne qui prend la décision lors d'une réunion prévue à l'agenda. Mais, en théorie, le conseil des gouverneurs peut se réunir en urgence dans des circonstances exceptionnelles (crise financière...) et prendre une décision en dehors de l'agenda prévu. Théoriquement, les baisses ou les hausses pourraient être modulées de façon plus fine que par tranche de 25 points de base. C'est plutôt une convention qui s'applique d'ailleurs à toutes les banques centrales.
Le taux neutre est avant tout un concept théorique et non une variable que l'on peut constater directement. Le taux neutre est celui qui va stabiliser à la fois l'économie et l'inflation. C'est un taux de maturité courte (un an) qui doit stabiliser à long terme l'économie. Il existe deux façons de l'estimer. Tout d'abord par des modèles qui reposent sur toute une littérature scientifique. Mais il peut également s'approcher par des données de marché, notamment les anticipations à long terme, de taux à un an. Par exemple, il peut être équivalent au taux à un an anticipé dans 8 ou 9 ans.
Aujourd'hui, il est estimé autour de 2 % en zone euro, soit un taux réel de 0% dans l'hypothèse d'une inflation de long terme de 2 %. C'est avant tout un repère pour les marchés et non un objectif de politique monétaire. On peut l'atteindre, voire le dépasser. Comme le rappelle souvent Christine Lagarde, la politique monétaire est un « voyage », un cheminement qui doit être sans cesse réajusté pour parvenir à l'équilibre.
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C'est un concept plus récent, apparu avec la remontée des taux, mais qui n'est pas utilisé par tout le monde. L'idée repose sur le principe qu'un cycle de hausse de taux doit s'arrêter à un moment donné, avant de connaître une stabilisation, puis une baisse. Il répond à la question de combien doivent monter les taux pour faire baisser l'inflation. Le taux terminal est donc différent du taux neutre car il peut être plus élevé, pour ensuite revenir vers le taux neutre. En termes mathématiques, c'est le maximum local. Ce taux est estimé par le marché et il varie en fonction du contexte économique et financier. Aux Etats-Unis, le taux terminal était estimé à 3,5% il y deux mois, et il est aujourd'hui plus proche de 5%.
Eric Benhamou et Robert Jules