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ÉconomieUnion européenne

BCE : nouveau statu quo, Christine Lagarde maintient ses taux inchangés

latribune.fr

Publié le 25 janvier 2024 à 13:21 - Mis à jour le 25 janvier 2024 à 14:40

Christine Lagarde a décidé de maintenir les taux directeurs de la Banque centrale européenne entre 4% et 4,75%.

Christine Lagarde a décidé de maintenir les taux directeurs de la Banque centrale européenne entre 4% et 4,75%.

Reuters

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

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L'institution basée à Francfort a annoncé, ce jeudi, maintenir ses taux au niveau actuel, soit entre 4 et 4,75%. Des taux au plus haut depuis le lancement de l'euro en 1999. Si cette stratégie de politique monétaire permet de freiner l'inflation, elle affecte aussi la croissance en zone euro. La hausse des prix à la consommation s'approchant toujours plus de l'objectif européen des 2%, la perspective d'une baisse des taux paraît de plus en plus crédible en 2024.
(Article publié jeudi 25 janvier à 14h21, mis à jour à 15h15 avec le discours de Christine Lagarde)Sans surprise, la Banque centrale européenne (BCE) a décidé de maintenir ses taux directeurs. Ainsi,

Le 

taux

 de dépôt reste à 4 %, le 

taux

 de refinancement à 4,5 % et celui de la facilité de prêt marginal à 4,75 %.

 La gardienne de l'euro maintient donc ses taux inchangés pour la troisième fois consécutive. Pour rappel, elle avait déjà opté pour un maintien du niveau actuel, lors de ses réunions d'octobre et de décembre.

« Sur la base de son évaluation actuelle, le Conseil des gouverneurs considère que les taux d'intérêt directeurs de la BCE se situent à des niveaux qui, maintenus pendant une durée suffisamment longue, contribueront fortement à atteindre cet objectif (de 2% d'inflation, NDLR) », a affirmé la présidente de la BCE, Christine Lagarde, lors de sa conférence de presse ce jeudi. Il y a eu un « consensus » au sein du Conseil des gouverneurs pour juger qu'il était « prématuré de discuter de réductions de taux » pour la zone euro, a-t-elle ajouté.

L'institution monétaire poursuit ainsi sa pause après son rallye de dix hausses d'affilée depuis juillet 2022, entamé pour combattre l'inflation, accentuée par la hausse des prix de l'énergie, consécutive à l'invasion de l'Ukraine, le 24 février 2022.

Une baisse à venir dans les prochains mois

Mais la date d'une première baisse semble se rapprocher. C'est en tout cas ce que semblent comprendre les marchés après cette nouvelle décision de la BCE puisque l'Euro stoxx 50 est passé de 4.546 points à 14h, à 1.572 points juste après l'annonce de la BCE à 14h30. Sur la même période, le CAC 40 est passé 7.412 à 7.450.

Les investisseurs parient désormais sur une détente sur les taux, dès juin, voire, pour les plus optimistes, dès la prochaine réunion de mars. Les marchés monétaires anticipent actuellement une baisse de 150 points de base sur l'ensemble de l'année. Un point de vue optimiste, qui rejoint le discours de certains banquiers centraux. Ainsi, lors de ses vœux début janvier, 

François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France et membre du conseil des gouverneurs de la BCE a estimé que la BCE 

devrait bien commencer à baisser ses taux d'intérêt en 2024, mais sans 

« obstination ni précipitation »

.

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Surtout, dans un entretien accordé à Bloomberg, à Davos, le 18 janvier dernier, Christine Lagarde a été interrogée sur l'hypothèse qu'une majorité de membres du Conseil des gouverneurs de la BCE se prononcent sur une baisse des taux cet été, voire d'ici l'été.

«Je dirais aussi que c'est également probable», a déclaré Christine Lagarde.

Une réponse lourde de signification. Jusqu'alors, la présidente de la BCE s'était refusée à parler d'une éventuelle baisse à venir. 

Et pour cause, l'inflation à 2,9% en décembre, en zone euro, est aujourd'hui bien loin des plus de 10% atteint en 2022. Surtout, l'objectif des 2% se rapproche. 

En zone euro, la BCE table sur une hausse des prix à 2,7% en 2024, 2,1% en 2025, puis 1,9% en 2026. En plus de la baisse de l'inflation, la menace d'une récession pourrait ajouter une pression supplémentaire à l'institution sur une future détente de ses taux.

«Des indicateurs faibles indiquent une contraction de l'économie en décembre, confirmant la possibilité d'une récession technique au second semestre 2023 et de faibles perspectives à court terme», a ainsi déclaré Luis de Guindos, vice-président de la BCE,lors d'un discours le 10 janvier en Espagne.

Pour rappel, une récession technique se définit par deux trimestres d'affilée de recul du PIB. Le PIB des 20 pays de la zone euro a déjà reculé de 0,1% de juillet à septembre, selon le haut fonctionnaire. Une contraction de l'activité au quatrième trimestre 2023 est donc probable. « Si l'on regarde les PMI, qui sont des indicateurs avancés, nous voyons des données encourageantes » pour début 2024, a cependant tenu a nuancer Christine Lagarde ce jeudi.

La BCE plus «data dépendante» que jamais

Cependant, rien n'est assuré, tant les avis divergent. Plusieurs banquiers centraux, membres de la BCE, ont déclaré, notamment lors du Forum de Davos la semaine dernière, que les chances sont faibles de la voir assouplir sa politique monétaire avant l'été.

A LIRE AUSSI

La remontée de l'inflation en Europe éloigne le scénario d'une baisse rapide des taux

Ce jeudi, Christine Lagarde a répété que« nous allons continuer d'être data dependant et nous allons observer de très près les données économiques » de la zone euro dans les prochaines semaines.
L'inflation a, en effet, connu un léger rebond en décembre par rapport au 2,4% de novembre. «

La 

banque centrale

 devrait éviter de s'engager sur un calendrier précis de baisse de taux, tant que l'allure de l'inflation et en particulier le profil du taux de salaire, qui conditionne en grande partie celui du prix des services, présente des incertitudes

»

, estime donc Christopher Dembik, conseiller en stratégie chez Pictet AM.

Et pour cause, « tant que nous n'avançons pas davantage dans la transition énergétique, une grande incertitude demeure sur l'évolution des prix de l'énergie et des matières premières », avait notamment expliqué à La Tribune Jézabel Couppey-Soubeyran, économiste et maîtresse de conférences à l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Pour cette dernière, « si les prix de ces derniers remontent - la situation géopolitique renforce l'incertitude -, il sera difficile pour les banques centrales d'abaisser leurs taux d'intérêt directeurs ». Un scénario partagé par Patrick Artus, économiste et conseiller de la banque Natixis qui anticipe même que la gardienne de l'euro ne soit obligée de maintenir ses taux à des niveaux élevés jusqu'en 2025 à cause de la résilience de l'inflation.

Lire aussi« Les taux directeurs ne retomberont pas sous les 3% en Europe » (Patrick Artus, Natixis)

À lire également

  • Une dirigeante « autocratique », « mauvaise »... Christine Lagarde sous le feu des critiques au sein de la BCE
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  • La zone euro pas loin... d'une récession au dernier trimestre 2023, estime le vice-président de la BCE

Un maintien des taux aussi attendu... aux Etats-Unis

Après la BCE, ce sera au tour de la Réserve fédérale américaine (Fed), de se prononcer le 30 janvier, sur l'évolution de ces taux directeurs. La plupart des analystes anticipent un maintien sur la fourchette de 5,25 et 5,50%. Mais outre-Atlantique aussi, les observateurs n'ont d'yeux que pour la date d'une future baisse des taux à venir. Lors de la réunion de décembre, l

es responsables de la Fed

 ont affirmé prévoir majoritairement trois ou quatre baisses l'année prochaine, pour les amener à 4,6% fin 2024.

« 

Bien sûr, la question qui commence à faire jour est celle de savoir quand il sera opportun de réduire la politique monétaire restrictive

 », a concédé le président de la Fed, Jerome Powell, ajoutant que cette question d'un calendrier avait été « 

un sujet de discussion

 » au cours de la réunion du Comité.

La Fed a toutefois souhaité calmer les ardeurs des investisseurs. « Bien que les responsables (de la Fed) jugent peu probable qu'il soit approprié de relever de nouveau les taux, ils n'ont cependant pas non plus exclu cette possibilité

 », a insisté Jerome Powell.

latribune.fr

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