Brexit : après la rencontre entre May et Juncker, chronique d'une escalade

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La Commission européenne a durci sa position de négociation. Des menaces ont été proférées contre le Royaume-Uni par des politiciens et responsables européens, explique la Première ministre britannique Theresa May, suite à son dîner le mercredi 26 avril, avec Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne.
"La Commission européenne a durci sa position de négociation. Des menaces ont été proférées contre le Royaume-Uni par des politiciens et responsables européens", explique la Première ministre britannique Theresa May, suite à son dîner le mercredi 26 avril, avec Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne. (Crédits : HANNAH MCKAY)
Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker a rencontré Theresa May, Première ministre britannique, mercredi 26 avril au sujet du Brexit. Depuis cette rencontre, la relation entre Londres et Bruxelles se tend, laissant présager un divorce (encore) plus compliqué qu'anticipé.

Une première "rencontre constructive" entre la Première ministre britannique Theresa May et le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker a eu lieu à Downing Street mercredi 26 avril,. Le sujet de ce dîner : un début de négociation du Brexit.

Malgré un accueil chaleureux devant les caméras, le dîner semble s'être très mal passé du côté de Jean-Claude Juncker. Selon lui, Theresa May se ferait de grandes illusions sur la sortie du Royaume-Uni de l'Union Européenne, d'après le journal allemand Frankfurter Allgemeine Zeitung.

Un divorce plus compliqué que prévu

Ces derniers mois, Theresa May avait été confrontée à la dure réalité d'un Brexit qui s'annonce d'ores et déjà long et coûteux à mettre en place. Même si les négociations officielles ne débuteront qu'après les élections législatives britanniques, certaines tractations ont été entamées au cours des deux derniers mois. Toutes ont prouvé à la Première ministre que la sortie de l'Union Européenne ne se ferait pas sans difficulté :

  • Le 29 mars, Theresa May envoie la lettre officielle du divorce Royaume-Uni/Union européenne à Bruxelles. Missive dans laquelle elle réclame que tous deux travaillent en parallèle pour établir un partenariat afin de conserver la sécurité européenne et une relation commerciale, et de ne pas promouvoir des frontières entre les deux Irlande pour ne pas déstabiliser la paix entre les deux pays.
  • Le 31 mars, la chancelière allemande Angela Merkel refuse de commencer des négociations parallèles. Theresa May répond à ce refus en menaçant de ne plus venir en aide dans les procédures européennes antiterroristes.

La négociation du Brexit en version cartoon: Theresa May veut plus que sa part du gâteau.

Confrontés au déni de Theresa May, qui refuse d'accepter la part de responsabilité financière que doit le Royaume-Unis à l'Europe, les chefs d'Etats réagissent :

"Nous ne voulons pas affaiblir le Royaume-Uni. Mais nous ne voulons pas davantage que le reste de l'Europe soit affaibli. Le Royaume-Uni, après la sortie [de l'UE], ne devrait pas obtenir des avantages que d'autres pays n'auraient pas," explique Le ministre des Finances allemand, Wolfgang Schäuble.

"Je quitte Downing Street dix fois plus pessimiste que je ne l'étais"

D'après un article du Sunday Times, le 1er mai, Jean-Claude Juncker s'est dit déçu par l'entêtement de la Première ministre. Selon lui, May vivrait dans "une autre galaxie", vu son refus d'accepter de payer sa part à l'Europe. "L'UE n'est pas un club de golf", aurait même ajouté le président de la Commission.

Michel Barnier, le négociateur en chef du Brexit, également présent au dîner, a ajouté que le Royaume-Uni se faisait des illusions en pensant que la sortie de L'Europe se ferait sans dommages collatéraux. Le mot final de Juncker : "Le Brexit ne peut pas être un succès", si celui-ci se fait dans les conditions réclamées par Theresa May.

Cette dernière, humiliée par ce qu'elle considérait au départ comme étant des "rumeurs de Bruxelles", a exprimé son mécontentement dans un discours devant la presse à son retour d'un rendez-vous avec la reine à Buckingham Palace au sujet des législatives le 3 mai. Selon elle, ces commentaires doivent être interprétés comme une déclaration de guerre venant de Bruxelles, en les accusant de semer la confusion au sein des élections britanniques.

"Les événements de ces derniers jours ont montré que, peu importe nos souhaits, et peu importe si les positions des autres leaders européens [sur le Brexit] sont raisonnables, il y en a, à Bruxelles, qui ne veulent pas que ces négociations réussissent, et qui ne veulent pas que le Royaume-Uni prospère," a déclaré la Première ministre.

Les dirigeants européens commencent à s'inquiéter au sujet de ce Brexit. Pensant avoir été clairs dans la procédure financière inévitable de celui-ci, ils sont aujourd'hui complètement abasourdis : Theresa May ne veut rien entendre. Ce dîner annonce donc à quel point l'entente va être difficile à trouver lors des négociations.

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Commentaires
a écrit le 06/05/2017 à 13:38 :
Les députés GB à Bruxelles, ils vont avoir une pension de retraite un jour, payée par l'UE mais sans contribution de la GB. Y a déjà ça à payer d'avance. Les projets dans lesquels ils se sont engagés (avec les autres pays), leur contribution est prévue dans la comptabilité, s'en extraire nécessite une compensation à 100% (zéro pénalité, une chance pour eux :-) ).
Elle espère montrer qu'une rupture dure serait défavorable aux intérêts de l'UE, si c'est bien réparti, ça sera mauvais pour tous, mais partir, c'est partir, le choix a été fait.
C'est utile aussi pour elle électoralement, pour les mesures à prendre une fois sortis de l'UE (les agriculteurs sont censés toucher autant qu'à l'époque de la PAC mais temporairement, faut pas rêver, sinon quelles économies à ne plus en être ? Même le NHS ne touchera rien de mieux).
Réponse de le 06/05/2017 à 14:46 :
confus votre propos
Réponse de le 07/05/2017 à 11:04 :
@Photo73: elle défend les intérêts du Royaume-Uni. Je sais, cela choque dans un pays inféodé comme la France qui dépend économiquement de l'Allemagne et qui accepte qu'Obama vienne mettre son grain de sel dans nos élections présidentielles. Quant aux retraites, je ne suis pas certain que les ex MEP y auront droit pour diverses raisons :-)
a écrit le 05/05/2017 à 22:02 :
Article intéressant à mettre en perspective avec les commentaires ironiques de Juncker sur le statut de la langue anglaise dans l'Europe aujourd'hui qui illustre l'état d'esprit de Bruxelles quant aux négociations à venir .
Mme May a pour l'instant été très habile avec son électorat et elle va certainement remporter une majorité solide. Il sera intéressant d'observer si elle sera capable de faire évoluer son discours après les élection anticipée ou pas.
Si Bruxelles cherche à affaiblir Mme May lors des élections au RU, il est certain que ça ne marchera pas car le patriotisme reste assez fort au RU. Par contre, si Theresa May n'infléchit pas son discours, alors l'UE lui opposera une fin de non recevoir lors des négociations du Brexit. Or l'UE a le luxe de pouvoir faire trainer les négociations contrairement au Royaume-Uni qui perdrait beaucoup à faire perdurer des incertitudes face aux marchés.
En l'espace de quelques jours, Bruxelles semble avoir nettement durci le ton et semble au centre des préoccupations des médias britanniques, ce qui laisse supposer que Bruxelles mène la barque.
a écrit le 05/05/2017 à 19:54 :
Nous pratiquons les anglais depuis des siècles. Ce sont des insulaires qui sont obsédés par une Europe unie qui à leurs yeux ne peux que leur nuire.
je reviens d'un voyage récent en écosse :

- pas un mot en français, dieu sait combien de français visitent chaque année l'ecosse.
- roule à gauche
- simple vitrage
- pas de vmc
- hôtel ou b And b à la clientèle étrangère, si vous n'avez pas prévu l'adaptateur. ..
- Cherté de l'hébergement pour un service bas de gamme
- 30 ans de retard au bas mot


pour résumé très dépaysant, amusant, mais totalement déconnecté du continent, pas étonnant qu'ils se barrent.
Réponse de le 06/05/2017 à 9:36 :
@Meliri
Je ne suis pas du tout de votre avis sur l'Ecosse.
Si vous souhaitez retrouver un peu de France là où vous voyagez, mieux vaut voyager en France.
L'Ecosse est un pays magnifique, dépaysant bien-sûr (c'est pour ça qu'on y va), pro-européen malgré le Brexit, attachée à ses traditions.
Réponse de le 06/05/2017 à 13:31 :
"30 ans de retard au bas mot" sur quoi ? Si vous allez aux USA, qui sont 30 ans en avance sur nous, vous ne pourrez brancher vos prises électriques sans adaptateur (et c'est du 60Hz, sais plus si c'est 220 ou 110 ? Japon plutôt, y a les deux)). Qui voyage emporte ce qu'il faut pour s'adapter aux habitudes locales.
En camping j'ai pas de VMC non plus. :-)
Les fraises en Suède se vendent au litre, dans un bac en carton, faut faire avec. Leur fromage est du genre insipide.
Ils ne font pas steak frittes en Ecosse ? Dommage, ça dépayse. :-)
Réponse de le 06/05/2017 à 14:42 :
@ nicolas et photo 73

vos réponses hors sujet !

Mon propos n'est pas de savoir si l'écosse est dépaysante, jolie etc..

Et PHOTO 73 japon USA on parle du brexit et de l'appartenance des anglais à l’Europe,, parce que si vous voulez souligner les différences entre tous les pays du monde...
Et la Suède vous faites bien d'en parler, elle aussi n'utilise pas l'euro.

Non mon propos en lien avec l'article c'est de se rendre compte que les anglais, les écossais et le reste de cette île sont juste déconnectés du continent Européen et oui comme vous j'apprécie la diversité, ce qui est inscrit dans pour "résumé"

lisez et essayer de comprendre le propos en relation avec l'article (l'avez-vous d'ailleurs lu, on peut se le demander), plutôt que de partir tout azimut.

Bien cordialement
Réponse de le 06/05/2017 à 16:09 :
@photo73: je ne connais aucun pays au monde qui n'a pas de McDo. la spécialité locale est évidemment le haggis et tu peux manger en compagnie d'un pote de touche pas à mon pote, car pendant que tu te tapes la panse de brebis, lui se fait les merguez provenant du même animal. En dehors de cela il y a The McKirdy's Steakhouse et les bars à scotch pour les soiffards :-)
Réponse de le 06/05/2017 à 17:37 :
Malheureux !

Confondre Anglais et écossais... pas étonnant qu'ils ne vous parlent pas!
Les écossais sont plutôt pro-européens et en général bien disposés envers les français.
Ensuite ouvrez un peu les yeux et comprenez que l’Ecosse est un pays austère par nature et guère prédisposé aux vanités. L'argent y est dur à gagner et tout y est cher car importé.
a écrit le 05/05/2017 à 18:57 :
"Jean-Claude Juncker s'est dit déçu par l'entêtement de la Première ministre" et il s'attendait à quoi ? Je pense qu'il ne connait pas bien les britanniques parce qu'il n'a pas fini de se faire des cheveux. Ils ont bien fait de se barrer de ce goulag européen.

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