Brexit : Johnson accepte le report et veut convoquer des élections pour sortir de l'impasse

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(Crédits : Reuters TV)
Boris Johnson a annoncé, ce lundi 28 octobre, avoir adressé au président du Conseil européen un courrier actant l'accord de son gouvernement pour un report de la date du Brexit désormais fixée au 31 janvier prochain. Le Premier ministre britannique a également exhorté les députés à approuver la convocation d'élections anticipées en décembre pour sortir le Brexit de l'impasse actuelle,

Il a accepté. A contre-coeur. Boris Johnson, a annoncé ce lundi 28 octobre qu'un courrier entérinant l'accord de son gouvernement pour un report de la date du Brexit au 31 janvier 2020 a été adressé au Conseil européen. Il s'agit d'une défaite politique pour le locataire du 10, Downing Street qui avait fait de la sortie de la Grande-Bretagne de l'Union européenne en date du 31 octobre, un engagement fort de sa mandature.

"Je n'avais aucune latitude en vertu de la loi sur le retrait de l'Union européenne, qui a été imposée à ce gouvernement contre son gré, de faire quoi que ce soit d'autre que de confirmer l'accord formel du Royaume-Uni à cette extension", a justifié Johnson dans sa lettre à Tusk. "Cette prolongation indésirable de l'appartenance du Royaume-Uni à l'UE est préjudiciable à notre démocratie", ajoute-t-il.

Le premier ministre britannique, qui s'exprimait ce lundi devant la Chambre des communes, a ajouté qu'il n'avait pas souhaité ce nouveau report qui, selon lui, met "la démocratie en danger". Arguant qu'il ne cherchait pas à perturber l'activité des entreprises européennes, il a également indiqué avoir demandé aux Européens de dire clairement qu'il n'y aurait pas de nouvelle prolongation au-delà du 31 janvier.

Le gouvernement a présenté ce lundi à la Chambre des Communes une motion pour la tenue d'élections anticipées. Mais si "le Parlement résiste" et n'adopte pas sa motion, "je voudrais exhorter les Etats membres de l'Union européenne à indiquer clairement qu'un autre report (du Brexit) après le 31 janvier n'est pas possible", a écrit Boris Johnson au président du Conseil européen.

 Lire aussi : Les Vingt-Sept d'accord pour un report du Brexit jusqu'au 31 janvier 2020

Le Premier ministre britannique a  également  fait part de ses craintes que le Parlement britannique ne ratifie jamais l'accord. Face aux entraves de ce dernier, qui l'a empêché de tenir sa promesse de réaliser le Brexit à la fin du mois, il s'est lancé dans un nouvelle tentative de convoquer des élections anticipées, sa seule chance de regagner la majorité perdue au fil des défections et des expulsions de députés opposés à sa stratégie.

Troisième report

"Nous devons organiser des élections maintenant, nous ne pouvons plus continuer avec des reports sans fin", a martelé Boris Johnson devant les députés. "Ce Parlement est en fin de course et je ne crois pas que cette assemblée soit capable d'obtenir des résultats sur les priorités de la population, que ce soit le Brexit ou le reste", a-t-il ajouté. Il "ne veut pas contrôler le Brexit, débattre du Brexit, il ne veut que retarder le Brexit et annuler le Brexit", a-t-il poursuivi. Pour obtenir des législatives, qui se tiendraient le 12 décembre, Boris Johnson a besoin de deux tiers des voix à la Chambre des communes, soit 434 votes. Et donc du soutien du Labour, principal parti d'opposition, qui s'y oppose tant que le risque d'une sortie sans accord n'est pas écarté et se dit réticent à un vote à l'approche de Noël, à une période où les étudiants rendent visite à leurs familles. "On ne peut pas faire confiance à ce Premier ministre", a déclaré le chef de file des travaillistes Jeremy Corbyn.

 Lire aussi : Les principales étapes du Brexit depuis le référendum de 2016

Si le dirigeant conservateur se heurte à un nouveau refus des travaillistes lundi soir, un vote pourrait être convoqué par le biais d'une autre procédure qui permettrait de le faire avec une majorité simple. Deux formations europhiles d'opposition, le parti national écossais (SNP) et les Libéraux-démocrates, qui rassemblent 54 députés, se sont dit prêtes à déclencher des élections. Il s'agit du troisième report du Brexit, plus de trois ans après la décision des Britanniques, consultés par référendum, de voter à 52% pour quitter l'Union européenne. Le Royaume-Uni devait initialement quitter l'UE le 29 mars, date repoussée au 12 avril puis au 31 octobre. Boris Johnson avait pourtant répété à l'envi que le Brexit aurait lieu "coûte que coûte" le 31 octobre et qu'il préférait être "mort au fond d'un fossé" plutôt que demander un nouveau report.

Or, après quelques hésitations, surtout dans le camp français, les pays membres de l'Union européenne sont tombés d'accord pour reporter la date butoir du Brexit au 31 janvier, a annoncé ce lundi le président du Conseil européen, Donald Tusk.

Donald Tusk a précisé sur Twitter qu'il s'agissait d'une "flextension", ce qui permettra au Royaume-Uni de quitter l'UE avant le 31 janvier si le Parlement britannique devait e report, demandé par le Premier ministre britannique Boris Johnson faute d'avoir pu faire adopter à temps par le Parlement l'accord négocié avec Bruxelles, sera entériné par écrit, sans qu'il soit nécessaire de convoquer un nouveau sommet européen, a-t-il ajouté. La formalisation du report devrait intervenir d'"ici mardi ou mercredi" à l'issue d'une consultation des dirigeants des 27 par une procédure écrite, selon une source européenne. Le négociateur en chef de l'UE pour le Brexit Michel Barnier s'est dit lundi "très content qu'une décision ait été prise", à l'issue de la réunion des ambassadeurs qualifiée de "courte et efficace". Le président du Parlement européen David Sassoli a estimé que cette prolongation "donnait du temps au Royaume-Uni pour clarifier ce qu'il veut".

(Avec AFP et Reuters)

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Commentaires
a écrit le 29/10/2019 à 9:10 :
Malgré ses rodomontades, et celle de Jean-Yves Le Drian, Macron a fini par se coucher pour la 3e fois devant l'Allemagne et l'oligarchie !

Non seulement en acceptant un 3e report du Brexit, mais en acceptant un report de 3 mois alors qu'il n'avait évoqué - du bout des lèvres - qu'un report "technique" de quelques jours.

Macron, qui avait le pouvoir de mettre son veto à tout report et de permettre un Brexit sans accord le 31 octobre, a donc lâchement choisi de ne pas venir à l'aide de Boris Johnson ni des 52 % de Britanniques qui attendent le Brexit depuis 3 ans et demi.

Et il s' agit du nième retournement de veste quand ça n' est camouflet de Macron depuis le début du quinquennat face à une Allemagne qui fait passer TOUS ses intérêts.
a écrit le 29/10/2019 à 8:54 :
Brexit, Brexit même combat pour la démocratie et la survie de nos pays. La question de la sortie de l’Union européenne mérite désormais d’être posé car les élections en France et au RU sont devenues des théâtres d’ombre.
Qui de sérieux et raisonnable peut encore croire, car c’est de bien de croyance de nature théologique au sens de croyance dogmatique qu' il s' agit, que l’UE pourra encore continuer longtemps à poursuivre sa prédation et à semer le désastre pendant encore des années ?

Sachant que l’UE est un simple périmètre fictif et virtuel ne représentant rien ni personne à part les intérêts de l’oligarchie qui en tire les ficelles à travers ses milliers de lobbyistes.
a écrit le 29/10/2019 à 8:53 :
son plan se deroule comme prevu
cela dit l'opposition ne sera pas forcement d'accord donc on attend la suite
a écrit le 29/10/2019 à 8:16 :
Theresa doit boire du petit milk à cette heure.
a écrit le 29/10/2019 à 7:47 :
Haha, le cirque continue encore, encore et encore ....on leur avait dit que ce serait simple, rapide et qu'il s'en mettraient tout de suite plein les poches....et ça continue depuis trois ans maintenant....Ils ne débattent et ne votent presque plus rien d'autre....un pays figé, bloqué tétanisé sur des mensonges organisés par Murdoch et Cambdrige Analytica....
Et le clown triste finira par gagner... à la Pyrrhus.
a écrit le 29/10/2019 à 0:58 :
C'est le Labour qui fout le b.....Il veut bien le Brexit mais avec l'accord de Bruxelles de rester ds l'Union Douanière. Soit le beurre et l'argent du beurre. Des fois que le Brexit accord ou pas façon Bojo ou feu Theresa ne génère des cohortes de chômeurs parmi ses électeurs.
Dc dès qu'il y a un risque de Brexit ss accord, il fait obstruction pour pousser à un report. Et les 27 enterinent.
Ils espèrent alors qu'en cas d'élections anticipées, les conservateurs perdent la majorité à leur profit, décrédibilises auprès d'une opinion lasse de ces reports successifs.
Mais si les conservateurs regagnent la majorité, alors Bojo pourra faire ratifier l'accord de sortie avec l'UE, et il rentrera alors ds l'histoire au gd dam de Corbyn.
a écrit le 28/10/2019 à 23:08 :
Ils veulent la quitter ? Quoi de plus naturel..
La construction européenne provoque le contraire de ce qu'elle prétend souhaiter voir la montée de l' extrême droite aux élections allemandes, les deux partis européistes de gouvernement - CDU et SPD - ont perdu chacun un tiers de leur électorat en cinq ans.
Loin d’assurer la paix et le bien-être sur le continent, la prétendue « construction européenne » engendre à peu près les mêmes problèmes dans tous les pays de l’UE : régression sociale, postures diplomatiques guerrières, interventions militaires illégales à l’étranger, ouverture des frontières à une immigration incontrôlée sinon même favorisée, sentiment de perte des identités nationales, lutte de tous contre tous, primauté de l’argent-roi, cynisme, corruption, musèlement de la presse, spectaculaires régression du droit et de la démocratie.

Les conséquences de cette dérive de tout un continent sont de plus en plus inquiétantes et font craindre le retour des flambées révolutionnaires et des nationalismes haineux que la prétendue « construction européenne » avait justement pour vocation affichée d’empêcher.

C'est une nouvelle illustration des ruses de l’histoire, qui nous enseigne que les idéologies débouchent généralement sur le contraire exact de ce qu’elles souhaitaient.

Comme le disait le philosophe français Blaise Pascal, « L'homme n'est ni ange ni bête, et le malheur veut que qui veut faire l'ange fait la bête. »
Ils veulent la quitter et nous devons impérativement les imiter.
Upr, Frexit, vite ..
a écrit le 28/10/2019 à 20:40 :
De port et port,....Euh pardon je viens d'écouter cette chanson de Brel.
De report en report ne craint-on pas d'enterrer définitivement le Brexit ? Cela fait penser au référendum sur la Constitution européenne majoritairement opposée à une certaine Europe et qui a subi un coup d'Etat institutionnel par la suite pour se transformer en un Oui.
Réponse de le 28/10/2019 à 21:30 :
C'est le crédo des zeuropéistes que de bloquer le Brexit puis BJ chaque jour de chaque semaine depuis deux ans mais les meilleures plaisanteries ont une fin et l' histoire finira par balayer ces renégats.
Réponse de le 28/10/2019 à 22:13 :
Ne refaites pas l'histoire. Le traité constitutionnel européen et le traité de Lisbonne ne sont pas un seul et même texte. Pas plus qu'il n'y a eu de coup d'état institutionnel pour le faire passer. Il y a eu un candidat à la présidentielle de 2007 qui avait très clairement indiqué lors de sa campagne sa volonté de faire adopter un nouveau traité européen par voie parlementaire. Il a été très confortablement élu, dans le cadre d'un traditionnel duel droite-gauche (et non face au FN/RN ou quelque autre candidat extrémiste), en réunissant sur son nom largement plus de voix que le "non" de 2005. Là où vous fantasmez un coup d"état, il n'y a en réalité qu'une promesse de campagne tenue. Et c'est suffisamment rare par les temps qui courent pour mériter d'être souligné.
Réponse de le 28/10/2019 à 22:27 :
@Hulk : les européens en ont plus que marre du Royaume-Uni et sont finalement très satisfaits de s'en débarrasser dès qu'il aura payé son dû. De toutes façons qu'attendre d'un pays dont le peuple croit des (boni)menteurs comme Johnson et Farrage (ce dernier ayant reconnu ses mensonges moins de 48h après le fameux référendum). Et ils attendent avec gourmandise le naufrage économique du pays (qui sera simplement un peu moins rapide si le brexit se fait avec accord). Ceux qui connaissent un peu l'histoire savent que le Royaume-Uni ne s'est résigné à demander son adhésion aux Communautés Européennes dans les années 70 que parce que son économie était à la ramasse, minée par le délitement des liens économiques avec le Commonwealth... Les entraves aux échanges de biens et services avec l'UE, le principal partenaire économique du RU que va entraîner le brexit (même avec l'accord Johnson) y créeront inéluctablement au mieux un ralentissement durable, au pire une profonde récession.
a écrit le 28/10/2019 à 20:05 :
La guignolade continue. Au profit de qui ?
Réponse de le 29/10/2019 à 8:43 :
Du seul 1 % et de ses affidés .

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