Brexit : la justice écossaise inflige un nouveau camouflet à Boris Johnson

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(Crédits : Reuters TV)
Le Premier ministre britannique Boris Johnson a essuyé un nouveau revers mercredi, la justice écossaise ayant déclaré "illégale" la suspension controversée du Parlement jusqu'au 14 octobre, soit deux semaines seulement avant la date du Brexit.

Nouveau revers pour Boris Johnson. La justice écossaise inflige un camouflet au Premier ministre britannique en déclarant "illégale" la suspension controversée du Parlement jusqu'au 14 octobre. Le gouvernement, "déçu", a aussitôt annoncé faire appel auprès de la Cour suprême à Londres, et l'audience doit se dérouler mardi. En attendant, le Parlement reste suspendu. La décision de justice "ne change rien" pour l'heure, a souligné une source gouvernementale. Le Labour, le principal parti d'opposition, tout comme la Première ministre écossaise Nicola Sturgeon, ont réclamé que le Parlement, suspendu depuis mardi, soit rappelé "immédiatement".

Saisie par 78 parlementaires, la Cour d'appel d'Edimbourg a estimé que la décision de Boris Johnson avait "pour but d'entraver le Parlement" et a déclaré la prorogation "illégale" et "nulle et sans effet". C'est la première victoire judiciaire des opposants à cette suspension du Parlement, qualifiée de manoeuvre pour imposer un Brexit sans accord. En première instance, la justice écossaise avait rejeté cette action intentée pour bloquer cette suspension, estimant qu'il appartenait non pas à la justice mais au "Parlement ou, en fin de compte, à l'électorat" de trancher.

 "Décision politique"

 C'est d'ailleurs ce même argument qu'a utilisé mercredi la Haute Cour de justice de Londres pour expliquer son refus la semaine dernière d'annuler la suspension du Parlement à la suite de l'action en justice d'une militante anti-Brexit. La prorogation du Parlement est une décision "intrinsèquement politique" qui "ne relève pas des tribunaux" car "il n'y a pas de critères légaux pour juger de sa légitimité", a-t-elle estimé. Une audience en appel devant la Cour suprême est prévue mardi, le même jour que l'examen de la décision des juges d'appel écossais. Ces derniers ont considéré à l'inverse qu'ils pouvaient déclarer cette suspension "illégale" car son objectif était de soustraire l'action du gouvernement au contrôle des députés, selon un résumé de la décision diffusé par la Cour d'appel d'Edimbourg.

Le Parlement britannique avait été suspendu tôt mardi pour cinq semaines dans un climat politique tendu. "Si les membres de l'opposition au Parlement ne sont pas d'accord avec notre approche, alors il leur est toujours possible d'accepter l'offre que je leur ai faite - deux fois ! - d'avoir une élection", a argué mercredi Boris Johnsonlors d'une séance de questions-réponses avec des internautes sur Facebook. Lors de cet exercice de communication, qui a en quelque sorte remplacé mercredi la traditionnelle séance hebdomadaire des questions au Premier ministre à la Chambre des communes, M. Johnson a rejeté l'accusation selon laquelle il serait "le leader d'un régime autoritaire".

"Ce que nous essayons de faire, c'est d'appliquer le résultat du référendum de 2016", qui avait donné la victoire au camp du Brexit, et "il n'y a rien de plus démocratique" qu'une élection, a-t-il insisté. Le gouvernement a par ailleurs refusé mercredi un pacte électoral de "non-agression" offert par le Parti du Brexitde l'europhobe Nigel Farage. Les députés ont mis deux fois en échec ces derniers jours la proposition du dirigeant conservateur d'appeler les électeurs aux urnes le 15 octobre pour obtenir une nouvelle majorité.

 "Opération Yellowhammer"

Le Premier ministre espère ainsi avoir les coudées franches avant de négocier avec l'Union européenne, avec laquelle il assure pouvoir conclure un accord sur le Brexit. "L'atmosphère est en train de changer. Les blocs de glace se fissurent, il y a du mouvement sous la coque de ces discussions", a-t-il assuré en évoquant de "grands progrès". Son conseiller pour l'UE, David Frost, se trouvait mercredi à Bruxelles pour des discussions avec l'équipe du négociateur européen Michel Barnier.

Comme il y était contraint par un vote du Parlement, le gouvernement a publié mercredi soir un dossier sensible qui présente, selon Downing Street, "le pire scénario" en termes de répercussions économiques et sociales d'un Brexitsans accord. "Des protestations et contre-protestations auront lieu à travers le Royaume-Uni et pourraient absorber un nombre important de ressources policières. Il y a aussi un risque de troubles publics et de tensions communautaires", est-il écrit dans ce document qui porte le nom de code "Opération Yellowhammer". En août, le Sunday Times avait obtenu une copie du dossier gouvernemental, assurant qu'il mentionnait les répercussions "les plus probables" d'un "no deal" et non pas "le pire scénario" comme le soutient le gouvernement.

"Vu l'incertitude et le manque de clarté sur le calendrier et la forme" que prendra le Brexit, l'Irlande prépare un budget 2020 en se basant sur l'hypothèse d'une sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne sans accord, a fait savoir son ministre des Finances Paschal Donohoe mercredi. Un Brexit sans accord, qui rétablirait des frontières physiques entre l'Irlande, membre de l'UE, et l'Irlande du nord, province qui fait partie du Royaume-Uni, pourrait priver 55.000 Irlandais de travail et faire plonger le Produit intérieur brut (PIB) du pays de 6%, selon des données gouvernementales.

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Commentaires
a écrit le 17/09/2019 à 12:02 :
BoJo est en plein délire de tyrannie, il se donne tous les droits et bloque le parlement, émanation on ne peu plus évidente de la volonté du peuple, aurait-il peur de voir une majorité se dresser contre lui et rendre le Brexit caduque ?
a écrit le 13/09/2019 à 8:09 :
Les brexiters qui nous disent à longueur de journée que le Brexit est une décision démocratique oublient souvent que l'Ecosse a dit non au Brexit. Moi je propose que l'armée bretonne vienne libérer l'Ecosse et l'annexe pour former une grande nation celtique qui sera un membre important de l'UE de par son savoir druidique. Évidemment cela déclencherait un effet domino : Ulster, Cornouaille et peut-être même pays de Galles. Ainsi pourra-t-on reconstituer l'authentique grande Bretagne .
a écrit le 13/09/2019 à 1:05 :
Bojo me fait penser au randonneur imprudent qui s'est aventuré ds des sables mouvants : plus il se débat et plus il s'enfonce. Qui va lui tendre la corde pour se tirer de cette ornière ??
a écrit le 12/09/2019 à 20:38 :
Tenez bon Boris, les forces mondialistes liguées contre les Etats-Nations se déchainent en ce moment. Elle savent que si le Brexit réussit, surviendra alors un effet domino dévastateur pour leurs privilèges.
Réponse de le 14/09/2019 à 9:31 :
Les "forces mondialistes" ont au contraire tout intérêt à un brexit rapide et sans accord. Le sort du Royaume-Uni (si tant est même qu'il le reste, Uni) servira d'exemple à tous. N'oubliez jamais que le Royaume-Uni ne s'est résigné à adhérer au Marché Commun et aux Communautés Européennes que parce que son économie était à la ramasse compte-tenu du délitement des relations économiques avec le Commonwealth. Et de façon beaucoup plus terre à terre, que les constructeurs automobiles japonais n'y ont implanté d'usines (Nissan-Toyota-Honda) que parce que ça leur permettait d'exporter dans l'UE sans barrières douanières. Il ne manque pas de pays dans l'UE, en particulier à l'est, qui seraient bien contents d'accueillir ces usines.... On voit mal comment le brexit pourrait être autre chose qu'une Berezina économique pour le Royaume-Uni.
Réponse de le 14/09/2019 à 20:24 :
@bruno_bd

Alea jacta est. Qui vivra verra. Je ne suis pas Mme Soleil et je ne sais pas, contrairement à vous, ce que sera l'avenir du RU.
a écrit le 12/09/2019 à 12:17 :
L'Europe a l'expérience des traités de libre échange (Comprehensive Economic and Trade Agreement (CETA), avec le Canada, l'Amérique du Sud, la Chine etc. France et Allemagne ont aussi passé des accords commerciaux ponctuels séparés avec ces pays.
UK veut devenir plus compétitif en s'affranchissant des lourds et obsolètes règlements européens. Comme c'est un pays culturellement européen et très proche géographiquement, ce brexit est un challenge qui devrait être bénéfique à l'Europe. Arrêtons la mauvaise volonté qui pourrait le transformer en cauchemar pour tous.
a écrit le 12/09/2019 à 11:17 :
Ce n'est que la septième claque consécutive que se prend Boris-le-tétu.

Cela satisfait de nombreuses personnes qui trouvent que c'est tout a fait justifié parce qu'il a justement une tête à claque.

Pour autant, cette décision de la justice écossaise ne fait que rajouter une couche de complexité à une équation qui apparaît de plus en plus sans solution.
Même trancher le noeud gordien (nouveau référendum) ne semble pas de nature à résoudre la question du point de vue du RU.

Du point de vue de l'UE, la seule solution reste le brexit sans deal. On ne peut plus attendre que les anglais se mettent d'accord sur un projet acceptable également par l'UE. Ca pourrait durer des décennies et on ne les a pas. Les gueguerres de Trump peuvent se transformer en conflit armé a tout moment.
Réponse de le 12/09/2019 à 12:10 :
le mieux que puisse faire l'UE est de prévoir un fort soutien pour ses membres qui souffriront le plus d'un brexit sans accord, dont l'Irlande. Et bien entendu trouve une stratégie pour contraindre par tous les moyens (y compris la saisie d'avoirs britanniques dans l'UE) le Royaume-Uni à payer son dû, soit plus de 40M€, qui seront bienvenus pour payer ce soutien. Il n'y a plus à prendre de gants avec un Royaume-Uni dirigé par Johnson.
Réponse de le 12/09/2019 à 12:10 :
votre analyse est juste . je ne suis pas sûr pour autant qu'une sortie sans "deal" soit l'unique solution . Si malheureusement il n'y a pas d'autre alternative, les dommages collatéraux seront considérables tant pour le RU que pour l'UE et notamment la France

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