Loi pour reporter le Brexit : un camouflet pour Boris Johnson

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(Crédits : POOL New)
La proposition de loi imposant au Premier ministre Boris Johnson de réclamer à l'Union européenne un nouveau report du Brexit afin d'éviter une sortie sans accord a franchi mercredi une première étape décisive au Parlement.

C'est un camouflet pour le chef du gouvernement, déterminé à faire sortir son pays de l'UE le 31 octobre, même sans accord de divorce. Les députés de l'opposition, rejoints par des conservateurs modérés, ont fait dérailler ses plans, en votant à une majorité de 29 voix cette proposition de loi.

Des amendements doivent être discutés dans la soirée avant une troisième lecture. S'il est adopté par les députés, ce texte sera ensuite examiné à la Chambre des Lords.

Le but de ses promoteurs est d'éviter à tout prix une sortie brutale de l'Union européenne, sans accord et sans transition, après 46 ans d'une présence mouvementée.

Farouchement opposé à un nouveau report, Boris Johnson doit contre-attaquer dans la soirée en présentant au vote des députés une motion en vue de convoquer des élections législatives anticipées pour le 15 octobre, espérant ainsi rebattre les cartes.

Ce texte, qui doit recueillir les deux tiers des voix, a toutefois peu de chances d'être adopté puisque le Labour, la principale formation d'opposition, a d'ores et déjà prévenu qu'il le rejetterait, préférant d'abord s'assurer que la proposition de loi destinée à repousser le Brexit soit votée.

En outre, le Premier ministre a perdu mardi la majorité absolue à la Chambre : un député a fait défection et 21 autres ont été renvoyés pour avoir voté avec l'opposition en vue de lui forcer la main sur le Brexit.

"Fin de l'austérité"

Plus de trois ans après le référendum de juin 2016 qui a vu 52% des Britanniques se prononcer en faveur d'un divorce avec l'UE, le sujet divise toujours aussi profondément la société britannique, comme l'exprimaient des manifestants hostiles au Brexit rassemblés en fin d'après-midi aux abords du Parlement, certains "déguisés" en Boris Johnson.

Pour ce dernier, un troisième report de la date de sortie de l'Union européenne serait une "capitulation" et affaiblirait sa position de négociation face à l'UE.

Tandis que son gouvernement se prépare à de possibles élections anticipées, le ministre des Finances Sajid Javid a proclamé "la fin de l'austérité" à la Chambre des Communes, annonçant une hausse des dépenses dans les services publics et les infrastructures. Il a confirmé avoir débloqué deux milliards de livres de plus pour assurer la mise en place du Brexit l'an prochain, via le recrutement de douaniers, l'aménagement des ports ou encore le soutien aux entreprises.

Le gouverneur de la Banque d'Angleterre Mark Carney a quant à lui jugé dans une lettre publiée sur le site internet du Parlement que l'impact d'un Brexit sans accord serait "moins grave" qu'il ne le prévoyait l'an dernier. Alors que l'institution avait jugé en novembre 2018 qu'une sortie désordonnée se traduirait par un recul de 8% du produit intérieur brut, elle envisage désormais une baisse de 5,5%, notamment grâce aux "améliorations dans la préparation".

Le risque "accru" de "no deal"

Affichant son optimisme contre vents et marées, le chef du gouvernement a assuré faire d'"importants progrès" dans les négociations avec l'UE, quand ses détracteurs l'accusent de laisser ces discussions au point mort.

"Il n'y a aucune proposition du gouvernement britannique qui puisse servir de base à une discussion et à une négociation", a affirmé le chef de la diplomatie irlandaise Simon Coveney.

Le risque que le Royaume-Uni quitte l'UE sans accord le 31 octobre s'est accru, s'est contentée de constater la Commission européenne. Face à cette éventualité, l'Union européenne est prête à mobiliser 780 millions d'euros d'assistance financière d'urgence pour les Etats membres les plus touchés par des répercussions économiques.

Le prochain sommet européen, où se jouera le sort du Brexit, aura lieu les 17 et 18 octobre à Bruxelles.

Parallèlement à la bataille à la Chambre des Communes, les adversaires d'un Brexit dur se mobilisent aussi dans les tribunaux.

La justice écossaise a rejeté une action intentée par 75 parlementaires pro-européens visant à bloquer la suspension du Parlement, décidée par Boris Johnson la semaine dernière, et qui a provoqué l'indignation des députés car elle leur laisse très peu de temps pour s'opposer à un "no deal". Le juge a estimé que cette affaire relevait du "domaine de la politique" et non de la justice.

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Commentaires
a écrit le 06/09/2019 à 8:42 :
Boris comme les autres participe à l enterrement du Brexit .
Le seul problème un vote législatif annule t il un référendum ?
Pour ma part j en doute !
Mais la démocratie à plusieurs visages !
Certains orthodoxes deviennent laxistes quant ca va pas dans leur sens on à vu ca ici .
Ca ne les empêches pas d avoir le mot démocratie à chaque fin de phrase .
Réponse de le 06/09/2019 à 9:15 :
Le statut juridique du referendum n'était que consultatif et cela n'entraîne aucune obligation de mise en oeuvre de la part de l'exécutif.

Cameron aura pu choisir de s'assoir sur les résultats, ca n'aurait pas été plus choquant que de voir BJ tenter de mettre le parlement sur la touche et imposer un brexit sans deal au pays.
Réponse de le 06/09/2019 à 10:28 :
Consultatif et à la fin c est moi qui décide
Ca me rappelle quelque chose !
Sincèrement peut on parler de démocratie .
Réponse de le 06/09/2019 à 15:13 :
Le référendum britannique était une question floue, avec une réponse binaire. Si la question avait été précisément "Souhaitez vous que UK quitte l'UE est entretienne des relations conflictuelles avec son grand voisin ?", cela voulait dire "No Deal". Et le référendum n'aurait pas donné ce résultat.
Réponse de le 06/09/2019 à 17:34 :
@Fake news
Ta façon d interpréter mérite un Nobel de la Fake New .
a écrit le 06/09/2019 à 7:22 :
Un tigre en papier Boris!
a écrit le 05/09/2019 à 22:43 :
Je pensais que Johnson était un affreux opportuniste mais qu'il avait du flair politique.
Maintenant je pense toujours qu'il est un affreux opportuniste.
a écrit le 05/09/2019 à 22:31 :
Quel cirque!
Boris va pas avoir le temps de défaire ses cartons, le 10 downing street va avoir un nouveau locataire d'ici peu
Theresa May va bien lui balancer une pique...
a écrit le 05/09/2019 à 18:18 :
Les anglais veulent un report du Brexit mais ils oublient qu'un seul pays européen peut mettre son veto.
Réponse de le 05/09/2019 à 21:49 :
Et macron a fait une grosse bêtise en suivant Merkel sur le premier report.

Comme attendu, ce premier report n'a pas permis de faire avancer les choses et on doit se coltiner les brexiteurs anglais au parlement de Bruxelles, qui conchient l'institution mais ne manquent pas d'encaisser leurs chèques.

Espérons qu'il ne va pas continuer. Il faut trancher.
a écrit le 05/09/2019 à 11:42 :
Ce camouflet m'étonne un peu car, de l'avis même de Trump, Bojo est le meilleur :-))
Réponse de le 05/09/2019 à 16:08 :
L'avis de Trump...
Réponse de le 05/09/2019 à 16:50 :
Vous êtes sans pitié :-). Mais j'ai bien rigolé en voyant post :-) :-)
Réponse de le 05/09/2019 à 22:43 :
@Frank
Bojo vient de se prendre un mur, Trump va être jaloux.
a écrit le 05/09/2019 à 11:19 :
Quand on roule à gauche, on perd la visibilité de sa droite.
a écrit le 05/09/2019 à 10:54 :
A moins d'être un imbécile complet -ce qu'on ne peut pas exclure a priori- BoJo aurait dû s'attendre à ces votes : sa majorité -y compris le DUP- ne tenait qu'à 1 siège, et le parti conservateur, qu n'est pas composé que d'eurosceptiques, était loin d'être unanime sur sa ligne, la vraie surprise en fait est qu'il y ait eu si peu de défections chez les tories.
Réponse de le 05/09/2019 à 11:59 :
Ce qui démontre que tous les partis devront être interrogés à-priori sur êtes -vous en faveur d' un XIT dans votre pays ? Ce sera la manière de trier pour chaque électeurs désireux de rester dans l' UE-ou de la quitter- au lieu de faire abonder par ces électeurs les crypto-européistes de droite ici -MLP- comme de gauche ici -FI-, en réalité faux vrais européistes plutôt que se retrouver face à une trahison de dernière minute à la Corbyn.
Il suffisait d' observer l' exemple de Tsypras en Grèce..
Upr, Frexit, vite ..
Réponse de le 05/09/2019 à 15:34 :
il a parait il une confiance absolue en lui même, ce qui rejoint et conforte d'une certaine manière votre commentaire ...
Réponse de le 05/09/2019 à 16:19 :
@Gédéon : Tsypras, en acceptant enfin de faire le sale boulot, a sauvé la Grèce. Quant à Corbyn, que sa ligne politique beaucoup trop à gauche condamnait à jouer les figurants, il a parfaitement compris qu'il avait, avec le discrédit du camp conservateur qu'a causé le brexit, trouvé une occasion de devenir premier-ministrable. Même s'il a fait campagne beaucoup trop mollement contre le brexit, il n'a jamais appelé à voter pour.
Réponse de le 05/09/2019 à 21:09 :
Il y en a eu au moins 21 défections que BJ a transformé en exclusions du parti.
Dans ces 21 défections, au moins 7 ex-ministres et le propre petit fils de Winston Churchill.

BJ a péché par arrogance, comme Salvini, il s'est cru indispensable et incontournable et a tenté une forme de coup d'état, qui s'est retourné contre lui.
Les populistes jugent les gens à leur aune et considèrent comme fictif l'existence du sentiment du bien de la nation et de la démocratie chez les autres députés. Parfois ils sont déçus.
Réponse de le 05/09/2019 à 21:11 :
@bruno-bd Le problème de Tsypras est qu' il a achevé la Grèce contrairement à ses promesses d' homme de gauche, vous connaissez forcément l' expression culte "syriser" son électorat relayée ici. La même chose avec Corbyn qui lâche ses promesses d' homme de gauche en sacrifiant à l' oligarchie euro-mondialiste aux manettes qui travaille dans le seul intérêt du 1 %. L' expression "corbyner" son électorat se répand d' ailleurs sur les réseaux pour Corbyn à l' image de Tsypras hier.

Il s' agit dorénavant et dans toutes les situations politiques de lever dans chaque pays le doute sur les intentions des politiques qui sollicitent nos suffrages afin de rendre la suite parfaitement transparente, êtes-vous pour les Xit salutaires en activant l' article 50 derrière un parti entièrement dédié à le mettre en oeuvre pour que ne se renouvelle plus jamais cette trainaillerie du Brexit bloquée (pour le moment) par les euro-mondialistes aux abois qui craignent l' effet domino.
Le peuple à qui revient la charge de voter saura alors réagir en conscience et on évitera les tombereaux d' abstention de citoyens qui ont
voté ici par exemple à droite, à gauche, au centre, Macron pour le même résultat,
les GOPE de l'UE ou feuille de route de Macron celles-là-même qui ont produit les Gilets Jaunes.
Réponse de le 05/09/2019 à 23:01 :
Son propre frère, qui déclare préférer le salut de son pays à la loyauté familiale.

Loyauté largement entamée chez les Johnson sa soeur et un frère sont anti-brexit depuis toujours, tout en étant conservateurs.
Réponse de le 06/09/2019 à 19:44 :
@Marc Hassin ;Tsipras a parfaitement compris que la possibilité de tenir ses promesses de gôche était inexistante. Il a refusé juste à temps de suivre Varoufakis dans sa partie de bonneteau, mois je suis persuadé qu'il a sauvé la Grèce... Quant à Corbyn, il a compris ou on lui a fait comprendre que sa ligne n'était pas tenable, un peu comme Mitterrand en 1983, et que si jamais il accédait au pouvoir, il le quitterait sous les tomates comme le Labour dans les années 70, et le pays serait bon pour de nouvelles purges thatchériennes pour retomber sur ses pattes. UE, GOPE ou pas. De toutes façons, n-étant pas dans l'€ ni dans Schengen, le RU était très peu contraint par l'UE.
a écrit le 05/09/2019 à 10:45 :
Encore un coup "des collaborationnistes" du 3eme Reich, qui se veut Allemand sous couvert d'une UE!
Réponse de le 05/09/2019 à 22:34 :
Loi de Godwin:
« Plus une discussion en ligne dure longtemps, plus la probabilité d'y trouver une comparaison impliquant les nazis ou Adolf Hitler s’approche de 1. »
Source : wikipedia

Mais généralement quand on en arrive là c'est qu'on est à court d'argument.
Source: moi
Réponse de le 06/09/2019 à 19:48 :
@ johnmckagan : bah, après le mantra débité ad nauseam par Citoyen blasé (l'UERSS, empire prévu pour durer 1000 ans).
Moi, cette haine de l'Allemagne, j'y vois surtout une forme de jalousie à l'encontre d'un pays qui, la plupart du temps, réussit beaucoup mieux que le nôtre en matière économique.
a écrit le 05/09/2019 à 10:31 :
Le Brexit "quidevaitsefairele31octobrecettefoiscic'estsûretcertain" est donc reporté, une énième fois, en 2020... ?

Exactement comme je l'avais dis ! ^^

Facile de comprendre le (non) fonctionnement de l'UERSS empire prévu pour durer mille ans.
Réponse de le 05/09/2019 à 16:12 :
C'est surtout le fonctionnement du Royaume (encore) Uni qui est un problème. Pas celui de l'UE, qui n'a évidemment rien à voir ni avec le IIIè Reich ni avec l'URSS.

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