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ÉconomieUnion européenne

Loi pour reporter le Brexit: un camouflet pour Boris Johnson

Pauline Froissart, AFP

Publié le 05 septembre 2019 à 08:18 - Mis à jour le 05 septembre 2019 à 08:42

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La proposition de loi imposant au Premier ministre Boris Johnson de réclamer à l'Union européenne un nouveau report du Brexit afin d'éviter une sortie sans accord a franchi mercredi une première étape décisive au Parlement.

C'est un camouflet pour le chef du gouvernement, déterminé à faire sortir son pays de l'UE le 31 octobre, même sans accord de divorce. Les députés de l'opposition, rejoints par des conservateurs modérés, ont fait dérailler ses plans, en votant à une majorité de 29 voix cette proposition de loi.

Des amendements doivent être discutés dans la soirée avant une troisième lecture. S'il est adopté par les députés, ce texte sera ensuite examiné à la Chambre des Lords.

Le but de ses promoteurs est d'éviter à tout prix une sortie brutale de l'Union européenne, sans accord et sans transition, après 46 ans d'une présence mouvementée.

Farouchement opposé à un nouveau report, Boris Johnson doit contre-attaquer dans la soirée en présentant au vote des députés une motion en vue de convoquer des élections législatives anticipées pour le 15 octobre, espérant ainsi rebattre les cartes.

Ce texte, qui doit recueillir les deux tiers des voix, a toutefois peu de chances d'être adopté puisque le Labour, la principale formation d'opposition, a d'ores et déjà prévenu qu'il le rejetterait, préférant d'abord s'assurer que la proposition de loi destinée à repousser le Brexit soit votée.

En outre, le Premier ministre a perdu mardi la majorité absolue à la Chambre : un député a fait défection et 21 autres ont été renvoyés pour avoir voté avec l'opposition en vue de lui forcer la main sur le Brexit.

"Fin de l'austérité"

Plus de trois ans après le référendum de juin 2016 qui a vu 52% des Britanniques se prononcer en faveur d'un divorce avec l'UE, le sujet divise toujours aussi profondément la société britannique, comme l'exprimaient des manifestants hostiles au Brexit rassemblés en fin d'après-midi aux abords du Parlement, certains "déguisés" en Boris Johnson.

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Pour ce dernier, un troisième report de la date de sortie de l'Union européenne serait une "capitulation" et affaiblirait sa position de négociation face à l'UE.

Tandis que son gouvernement se prépare à de possibles élections anticipées, le ministre des Finances Sajid Javid a proclamé "la fin de l'austérité" à la Chambre des Communes, annonçant une hausse des dépenses dans les services publics et les infrastructures. Il a confirmé avoir débloqué deux milliards de livres de plus pour assurer la mise en place du Brexit l'an prochain, via le recrutement de douaniers, l'aménagement des ports ou encore le soutien aux entreprises.

Le gouverneur de la Banque d'Angleterre Mark Carney a quant à lui jugé dans une lettre publiée sur le site internet du Parlement que l'impact d'un Brexit sans accord serait "moins grave" qu'il ne le prévoyait l'an dernier. Alors que l'institution avait jugé en novembre 2018 qu'une sortie désordonnée se traduirait par un recul de 8% du produit intérieur brut, elle envisage désormais une baisse de 5,5%, notamment grâce aux "améliorations dans la préparation".

Le risque "accru" de "no deal"

Affichant son optimisme contre vents et marées, le chef du gouvernement a assuré faire d'"importants progrès" dans les négociations avec l'UE, quand ses détracteurs l'accusent de laisser ces discussions au point mort.

"Il n'y a aucune proposition du gouvernement britannique qui puisse servir de base à une discussion et à une négociation", a affirmé le chef de la diplomatie irlandaise Simon Coveney.

Le risque que le Royaume-Uni quitte l'UE sans accord le 31 octobre s'est accru, s'est contentée de constater la Commission européenne. Face à cette éventualité, l'Union européenne est prête à mobiliser 780 millions d'euros d'assistance financière d'urgence pour les Etats membres les plus touchés par des répercussions économiques.

Le prochain sommet européen, où se jouera le sort du Brexit, aura lieu les 17 et 18 octobre à Bruxelles.

Parallèlement à la bataille à la Chambre des Communes, les adversaires d'un Brexit dur se mobilisent aussi dans les tribunaux.

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La justice écossaise a rejeté une action intentée par 75 parlementaires pro-européens visant à bloquer la suspension du Parlement, décidée par Boris Johnson la semaine dernière, et qui a provoqué l'indignation des députés car elle leur laisse très peu de temps pour s'opposer à un "no deal". Le juge a estimé que cette affaire relevait du "domaine de la politique" et non de la justice.

Pauline Froissart, AFP

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