Brexit : les Travaillistes se déchirent

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Jeremy Corbyn doit faire face à une fronde au sein du parti travailliste
Jeremy Corbyn doit faire face à une fronde au sein du parti travailliste (Crédits : © Neil Hall / Reuters)
Jeremy Corbyn, le leader du parti travailliste, est très contesté après la victoire du Brexit au référendum britannique. Un membre du cabinet de l'ombre a été limogé et cinq autres ont démissionné.

Le parti travailliste se déchire après le vote britannique en faveur de la sortie de l'Union européenne. Le leader du Labour, Jeremy Corbyn, est désormais sous le feu des critiques et sous le coup d'une tentative de renversement de la part de nombreux dirigeants travailliste. Après l'annonce du résultat du vote vendredi 24 juin, les voix contre le député d'Islington s'étaient faites plus puissantes.

Plus d'un tiers des électeurs pour le Brexit

Selon les enquêtes, 37 % des électeurs travaillistes ont choisi le Brexit, ce qui a été déterminant dans le résultat final du référendum. Dans certains bastions traditionnels du Labour, dans le sud du Pays de Galles ou dans le nord de l'Angleterre, les votes en faveur du Brexit ont été majoritaires. D'après ses détracteurs, le peu d'entrain de Jeremy Corbyn - connu pour ses critiques régulières à l'égard de l'UE - à défendre le vote « Remain » est à l'origine de l'indiscipline des électeurs travaillistes et donc de la victoire du Brexit.

Démissions et limogeage

Jeremy Corbyn a refusé ses critiques et a indiqué qu'il n'entendait pas démissionner de son poste de chef de l'opposition officielle. Pour marquer son pouvoir, il a exclu de son « cabinet de l'ombre » («  shadow cabinet »), son « ministre des Affaires étrangères », Hillary Benn, qui avait mené la révolte au sein des « ministres de l'ombre ». En réaction, la « ministre de la santé » Heidi Alexander a démissionné « le cœur lourd » en expliquant clairement dans sa lettre de démission qu'elle « ne croit pas à la capacité de Jeremy Corbyn de porter les réponses que le pays demande ». Comme Hillary Benn, Heidi Alexander demande un changement de direction du parti. Cette démission a été suivie par quatre autres dont celle de Gloria de Piero, "ministre de la jeunesse" du cabinet fantôme. de Lilian Greenwood (transports), Lucy Powell (éducation) et Ian Murray (Ecosse). La fronde semblait donc s'étendre rapidement.

Jeremy Corbyn s'accroche

Une motion de défiance pourrait, par ailleurs, être déposée par les députés travaillistes pour « renverser » le leader du Labour. Jeremy Corbyn a affirmé ne pas être inquiet quant au soutien des députés et il a annoncé qu'il ne démissionnerait pas. Il avait été élu par les militants travaillistes à l'été 2015 à la surprise générale. Ses positions très à gauche déplaisaient aux cadres du parti et il n'a jamais été réellement accepté. Le Labour n'a pas connu de défaite politique majeure et ne s'est pas effondré dans les sondages, mais Jeremy Corbyn reste assez peu populaire au Royaume-Uni.

Enjeu pour le pays

Le Brexit est donc l'occasion pour les adversaires du leader de tenter de changer la direction du parti. Cette lutte interne sera essentielle dans les négociations qui s'engagent entre le Royaume-Uni et l'Union européenne. D'autant qu'il se pourrait que des élections générales règlent le chaos politique qui règne au lendemain du référendum, notamment au sein du parti conservateur. La question de savoir qui dirigera le premier parti d'opposition sera donc essentiel.

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Commentaires
a écrit le 27/06/2016 à 5:31 :
Corbyne représente un courant très à gauche au sein des travaillistes. Ainsi il a comme point commun avec tous les frondeurs et l'extrême gauche le rejet de l'Europe.
Ce rejet de l'Europe est un courant qui traverse les partis et s'inscrit plus dans l'extrême droite et l'extrême gauche.
a écrit le 26/06/2016 à 20:16 :
Jeremy Corbyn est un bouc émissaire facile.

Au RU comme ailleurs, les europhobes se recrutent en priorité chez les vieux, les pauvres, les classes laborieuses, les spectateurs de TF1 et les lecteurs du Sun... Ils grignotent beaucoup sur l'électorat traditionnel de gauche.

Pendant la campagne 80% de l'espace médiatique a été occupé par les brexiteurs. Johnson et Farage sont des bons clients des TV et les tabloîds leurs sont acquis. La presse a failli a son devoir d'information et n'a quasiment jamais relevé les mensonges pourtant énormes proférés.

Finalement c'est presque un miracle que 48% des anglais aient résisté au barnum et aient voté bremain.
Réponse de le 27/06/2016 à 11:48 :
@bof: et dans les autres pays, les Europhiles se recrutent chez les assistés permaments incapables de faire autre chose que de grogner et se plaindre de ne pas toucher suffisamment d'argent pour les clopes :-)
a écrit le 26/06/2016 à 17:38 :
Corbyn veut la jouer à la socialiste et rester en place, mais dans les pays anglo-saxons, quand on perd, on démissionne :-)

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