Catalogne : Puigdemont entretient le flou, Madrid veut une réponse claire jeudi

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| Article publié à 9h27, mis à jour à 11h38 avec la réaction de Madrid.
Les mots ont beau avoir été posés sur papier, le flou persiste. Le président de la Généralité de Catalogne, Carles Puigdemont, n'a pas dit clairement lundi, dans une lettre adressée au chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy, s'il avait bel et bien proclamé l'indépendance de la Catalogne la semaine dernière.
Dans sa lettre au président du gouvernement espagnol, communiquée aux médias catalans, Carles Puigdemont ne répond pas directement à la question sur la proclamation d'indépendance et, au lieu de cela, suggère que Mariano Rajoy et lui-même se rencontrent le plus rapidement possible pour engager un dialogue dans les deux mois à venir.
Le chef du gouvernement espagnol lui avait donné jusqu'à 10h00 locales (08h00 GMT) ce lundi pour clarifier sa position - et jusqu'à jeudi pour changer d'avis s'il persistait quant à une sécession. Mariano Rajoy avait averti d'autre part que Madrid suspendrait l'autonomie de la Catalogne si Carles Puigdemont optait pour l'indépendance.
La réaction de Madrid n'a pas attendu. Très rapidement, le ministre espagnol des Affaires étrangères Alfonso Dastis a regretté depuis Luxembourg que "Carles Puigdemont n'a pas répondu, n'a pas apporté la clarté qu'on lui demandait", soulignant que, selon lui, cette lettre "ne constitue pas une réponse à la mise en demeure" du gouvernement espagnol.
Même son de cloche pour la vice-présidente du gouvernement espagnol, Soraya Saenz de Santamaria. "Carles Puigdemont a encore l'occasion de s'orienter vers une sortie de crise, il doit pour cela répondre 'oui' ou 'non' à la question d'une déclaration d'indépendance", a-t-elle dit. Rappelant que l'attitude du gouvernement espagnol est largement soutenue par le parlement espagnol, Sorya Saenz a donné à la Catalogne jusqu'à jeudi pour apporter une réponse claire.
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Face à la fermeté de Madrid, le dialogue voulu par Carles Puigdemont est-il réellement envisageable ? La CUP, allié d'extrême gauche du gouvernement indépendantiste catalan dont les dix députés sont indispensables à Carles Puigdemont pour avoir la majorité au Parlement régional, a pourtant estimé samedi que tout dialogue avec Madrid était "impossible", demandant au leader séparatiste d'acter le divorce avec le reste de l'Espagne.
"Nous réclamons que la réponse lundi de Puigdemont soit affirmative", a insisté la porte-parole de la CUP, Nuria Gilbert. "Qu'il lève la suspension [de la déclaration d'indépendance] pour que l'on ait un acte solennel et intelligible pour la proclamation de la république", a-t-elle ajouté. Le parti a également dit "préparer des manifestations" dans toute la Catalogne la semaine prochaine.
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Peu auparavant, le numéro deux du gouvernement catalan, Oriol Junqueras, avait averti que l'offre de dialogue faite à Madrid ne pouvait porter que sur l'indépendance de la Catalogne, un préalable qui ferme un peu plus la porte à une entente entre les deux camps.
(avec Reuters et AFP)
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