Climat : les eurodéputés sauvent la taxe carbone aux frontières
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... striels européens, a néanmoins été revu à la baisse. Explications.
C'est un nouvel accord clé pour le déploiement du Green Deal sur le Vieux continent qui vient d'être conclu, après l'explosion en vol du « paquet énergie-climat », rejeté dans la surprise générale par les eurodéputés le 8 juin dernier. En effet, il n'aura suffi que de quinze jours pour finalement parvenir à une majorité stable, et adopter en assemblée plénière à Bruxelles un compromis sur la réforme du marché européen d'échange de quotas d'émissions de CO2, proposée en juillet dernier par la Commission. Une victoire cependant acquise au prix de la révision à la baisse d'une partie des objectifs, notamment sur la question du calendrier de mise en œuvre.
Et pour cause, dans cette nouvelle version, la réduction de moitié des droits à polluer, aujourd'hui gracieusement délivrés aux industriels européens pour les protéger d'une concurrence internationale trop forte, arriverait désormais plus tard que dans la première mouture. Ce qui devrait rassurer, du moins en partie, les entreprises concernées (qui représentent 40% des émissions de gaz à effet de serre sur le continent), puisque ces quotas gratuits leur permettent d'éviter de gonfler leurs prix sur un marché mondialisé fortement concurrentiel. Mais qui pourrait aussi nuire in fine au plan de décarbonation de l'UE « fit for 55 », de baisse de plus de moitié des émissions de CO2 d'ici à 2030 par rapport à 1990.
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Concrètement, si ces quotas gratuits seront amenés à disparaître, c'est parce qu'un mécanisme alternatif, censé devenir plus efficace, doit les remplacer : le mécanisme d'ajustement carbone aux frontières de l'Europe (MACF). En quelques mots, il s'agirait de faire payer aux importateurs de marchandises en Europe les émissions polluantes liées à la fabrication de celles-ci, afin de mettre sur un pied d'égalité les entreprises de l'UE, soumises à des normes climatiques strictes, et leurs concurrents étrangers fortement émetteurs. Autrement dit, d'inventer un outil clé en main contre le « dumping climatique », ayant pour vocation de soumettre tout le monde aux mêmes exigences afin d'éviter les délocalisations, tout en incitant chaque industrie à décarboner ses procédés.