La taxe carbone aux frontières européennes va-t-elle faciliter les relocalisations ? Pas si simple
Marine Godelier
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... s, qui dénoncent de possibles effets pervers.
Faire payer aux importateurs de marchandises en Europe les émissions polluantes liées à la fabrication de celles-ci, afin de mettre sur un pied d'égalité les entreprises de l'UE - soumises à des normes climatiques strictes - et leurs concurrents étrangers fortement émetteurs.
L'idée n'est pas nouvelle, mais jamais sa réalisation n'aura été aussi proche : la Commission européenne s'apprête à dévoiler mercredi 14 juillet les contours d'un projet de « mécanisme d'ajustement carbone aux frontières » (MACF), qui se mettrait progressivement en place dès 2023 avant de s'appliquer intégralement en 2026. Objectif : pousser ses partenaires commerciaux sans politique de tarification du carbone à être plus vertueux, en leur imposant les mêmes critères que ceux en vigueur dans le système européen d'échange de quotas d'émissions (ETS).
De quoi participer à décarboner l'industrie dans le monde, certes, mais pas que : dans un environnement compétitif, il s'agit aussi de préserver la compétitivité des fabricants sur le Vieux continent. Car, à première vue, un tel dispositif favorisera la production en Europe, en faisant grimper les coûts des produits polluants issus d'autres marchés - aux prix aujourd'hui tirés vers le bas. Autrement dit, une protection clé en main contre le « dumping climatique » : la mesure a de quoi séduire les industriels européens.
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Comment se fait-il alors que, depuis plusieurs semaines, la plupart d'entre eux expriment des inquiétudes quant à ce nouvel outil ? Si les secteurs qui devraient être concernés (ciment, acier, engrais, électricité, et aluminium) ne réagissent pas de la même façon, tous laissent en effet apparaître des craintes - voire, pour le dernier, semblent souhaiter un statu quo. De la peur des représailles commerciales à celle d'une perte d'avantages sur le système européen actuel d'échange de droits à polluer, les raisons sont en réalité multiples...
Marine Godelier