David Cameron veut avancer la date du référendum sur l'UE

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Le Royaume-Uni est censé occuper la présidence tournante de l'UE durant la deuxième moitié de 2017.
Le Royaume-Uni est censé occuper la présidence tournante de l'UE durant la deuxième moitié de 2017. (Crédits : reuters.com)
Suite à sa victoire surprenante aux élections britanniques du 7 mai dernier, David Cameron pourrait avancer la date du référendum à l'année prochaine. Le Premier ministre a également nommé un nouveau ministre qui devrait jouer un rôle clé dans les négociations.

Le Premier ministre britannique pourrait organiser la tenue d'un scrutin l'année prochaine, alors que dans ses promesses de campagne, le referendum devait avoir lieu d'ici 2017.

Le gouvernement de Cameron semble vouloir profiter de l'élan de sa victoire pour avancer le vote. Il éviterait ainsi de le faire coïncider avec les élections nationales allemande et française du printemps 2017.

>> Lire : Le raz de marée conservateur au Royaume-Uni ravive l'hypothèse du Brexit

La Grande-Bretagne occupera la présidence tournante de l'UE durant la deuxième moitié de 2017. Un vote anticipé permettrait donc d'éviter le paradoxe entre la tentative du pays de négocier son adhésion dans l'UE et sa fonction de médiateur impartial.

David Cameron a déjà déclaré qu'il serait « ravi » que la renégociation des termes de l'adhésion du Royaume-Uni se fasse rapidement et que le vote soit avancé.

Réaffirmation de la supériorité du Trésor

Le chancelier de l'Échiquier, George Osborne, et le ministre des Affaires étrangères, Philip Hammond, ont tous deux été renommés le 11 mai et joueront un rôle central dans les négociations à venir.

David Cameron a tardé à annoncer que le ministre aux Affaires européennes, David Lidington, serait maintenu à son poste.

George Osborne devrait toutefois jouer un rôle beaucoup plus important dans les négociations que Philip Hammond.

Les conservateurs contrôlant pleinement tous les ministères, cela peut s'expliquer par le fait que les règles traditionnelles de la politique britannique redonnent au Trésor sa position dominante jalousement gardée sur tous les autres ministères, y compris celui des Affaires étrangères.

>> Lire : David Cameron stigmatise une Europe qui « ne fonctionne pas »

« [Nous avons] un mandat très clair pour améliorer la relation du Royaume-Uni avec le reste de l'UE et pour réformer l'UE », a déclaré George Osborne hier à Bruxelles lors d'une réunion des ministres européens des Finances.

« Nous entrons dans les négociations avec l'objectif d'être constructif et engagé, mais également résolu et ferme, et personne ne devrait sous-estimer notre détermination », a ajouté le ministre britannique des Finances.

Greg Hands, un nageur de Berlin Ouest

Dans ce contexte, avoir choisi Greg Hands pour remplacer Danny Alexander, le député libéral-démocrate vaincu, au poste de secrétaire en chef du Trésor, le bras droit de George Osborne, est une décision significative.

Lors d'une année sabbatique en 1983, Greg Hands a travaillé dans une piscine de Berlin Ouest, passant ainsi une longue période dans l'Europe centrale et orientale de la Guerre froide.

Il parle couramment allemand et français, se débrouille en tchèque et slovaque et possède « des notions de trois autres langues slaves ».

Selon une source proche d'EurActiv, Greg Hands aura probablement pour mission d'impliquer la chancelière allemande, Angela Merkel, dans les renégociations britanniques.

>> Lire : Cameron cherche le soutien de Merkel pour réformer l'UE

Il est connu pour entretenir des liens étroits avec l'Union chrétienne-démocrate d'Angela Merkel en Allemagne, et occupe la présidence parlementaire des Amis conservateurs de la Pologne.

Reste à savoir ce que seraient les résultats d'un référendum anticipé. Sur ce point-là, les spécialistes sont divisés.

Le lobby pro-européen Business for New Europe s'est opposé au choix d'une date « arbitraire » pour le scrutin.

Des experts divisés sur un référendum anticipé

« Tout référendum crée de l'incertitude, donc pour le milieu des affaires, le plus tôt sera le mieux », a déclaré la directrice de campagne Lucy Thomas.

« Il est toutefois important de donner assez de temps au processus de réforme, pour que les changements adéquats soient opérés », a-t-elle ajouté.

Matthew Elliott, directeur général de Business for Britain, se méfie d'un référendum anticipé. « La Grande-Bretagne doit d'abord obtenir le meilleur de la renégociation. Il ne faut pas passer directement au référendum... Un processus bâclé compromettrait sérieusement les chances d'obtenir un accord important que les entreprises britanniques et les électeurs pourraient soutenir et ruinerait une opportunité unique. »

À l'inverse, Charles Grant, directeur du Centre pour la réforme européenne, un groupe de réflexion, a déclaré qu'un référendum anticipé augmenterait la probabilité de rester dans l'UE. « Plus il est reporté, plus le climat d'incertitude pèsera sur l'économie britannique et découragera les investissements étrangers », a-t-il expliqué.

« Si le référendum a lieu fin 2017, certains électeurs pourraient voter contre l'UE, simplement parce qu'ils n'en pourront plus de David Cameron », a estimé Charles Grant.

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Prochaines étapes:

  • 2016 : David Cameron, le Premier ministre britannique, s'est engagé à organiser un référendum sur le maintien du Royaume-Uni au sein de l'UE
  • Printemps 2017 : élections en France et en Allemagne
  • Fin 2017 : référendum sur l'appartenance du Royaume-Uni à l'UE, promis par David Cameron

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Par Mark Briggs et Jeremy Fleming (traduit de l'anglais par Marion Candau), EurActiv.com

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Commentaires
a écrit le 15/05/2015 à 0:41 :
Mais qu'ils partent, l'Europe s'en portera que mieux !
a écrit le 14/05/2015 à 17:15 :
Il a eu mon vote, Cameron, alors il faut qu'il tienne sa parole et quitte l'EU.
Réponse de le 14/05/2015 à 17:45 :
@Alan: il ne veut pas sortir, il veut renégocier, c'est-à-dire essayer d'avoir le beurre, l'argent du beurre et la crémière. J'espère que Bruxelles le mettra le dos au mur en lui disant "tu fais partie de l'Europe et tu en acceptes aussi les contraintes, ou tu ne fais pas partie de l'Europe et on te traite comme un pays étranger, mais en aucun cas, tu ne peux prendre que ce qui t'arrange".
a écrit le 14/05/2015 à 9:47 :
L'hypocrisie occidentale a beau critiqué Poutine du fait qu'il est contre le mariage gay, David Cameron vient de nommer une députée «anti-mariage gay» ministre de l’égalité !!! Est-ce que pour gagner les votes du FN et d'autres cathos Hollande en fera de même ? ô hypocrisie quand tu nous tiens !….
a écrit le 13/05/2015 à 21:51 :
Le plus tôt sera le mieux et je rajouterai que la GB doit se prononcer sur le texte existant et que les 27 ne doivent en aucun cas accorder d'autres clauses d'exemption. d'ailleurs il serait légitime dans ce cas ( un nouveau contrat proposé aux Brits) que tous les autres votent aussi...Acceptez vous que la GB reste dans l'EU avec des droits autres et puisse bénéficier d'un partenariat sur mesure avec les mêmes droits? J'attends avec impatience et mon vote sera pour la sortie de la GB
a écrit le 13/05/2015 à 21:14 :
Les anglais n'ont jamais rien apporté de positif à la construction européenne, alors qu'il sortent de l'UE, et au plus vite. Ils y sont entrés en étant persuadés qu'ils faisaient une faveur aux membres fondateurs, comme un invité sans gêne qui arrive les mains vides, critique la cuisine et repart avec l'argenterie : Bon vent UK !
Réponse de le 14/05/2015 à 5:52 :
bien d'accord
a écrit le 13/05/2015 à 17:27 :
Il semble que la question de ce referendum ne soit pas celle, cash, de rester ou pas dans l'UE mais plutôt d'accepter ou pas les négociations que le nouveau gouvernement veut compte entamer pour favoriser ses intérêts dans la zone. Grosse nuance. Nous pourrions alors assister à une boucle à la grecque où s'échangeraient des abandons contre des abandons. Il est certain que les anglais vont devoir adopter l'euro (dans la logique européïste). La livre présente en effet un fort risque de partir en vrille à tout moment... ce qui ruinerait les paradis fiscaux qui lui sont liés.... et leur effet sur un certain nombre de dossiers européens. Par ailleurs les écossais et les gallois, à cause des subventions aux zones pauvres, veulent adopter l'euro comme l'on fait les irlandais. Un thème qui revient fort aussi pour se procurer de l'argent est celui de la réunification de l'Irlande qui rapporterait plus de 120 milliards aux derniers chiffres évoqués dans les couloirs. Bien entendu il faut encore garder à l'esprit que UK est un pays pétrolier sur sa fin qui s'annoncera à horizon de 5-6 ans, c'est à dire demain. Une perte certaine. Les anglais verraient ainsi dans ce referendum-négociation une façon hautaine de réévaluer leur économie par un taux d'échange favorable tout en se plaçant définitivement à l'abri. Débuter au plus vite les négociations revient à un brouillard à durée indéterminée qui retient la chute.

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