Après avoir baissé huit fois d'affilée ses taux directeurs, la Banque centrale européenne (BCE) va faire une pause. Voilà ce qu'il faut comprendre des sorties médiatiques des différents responsables de l'institution cette semaine. Interrogée par le Parlement européen lundi, la présidente de la BCE, Christine Lagarde, a annoncé que son taux de dépôt situé à 2 % était « bien positionné ».
Après avoir baissé de 2 points de pourcentage en une année son principal levier monétaire, « elle dit en sous-titre que lors de la prochaine réunion, elle ne baissera pas ses taux et qu'elle se re-posera la question en septembre », analyse pour La Tribune Bruno Cavalier, chef économiste chez Oddo BHF. Des allures de grandes vacances monétaires qui amènent l'économiste à voir les taux directeurs se stabiliser à 1,75 % ou 1,5 % en fin d'année. Une prudence partagée par le chef économiste de la gardienne de l'euro.
La frilosité de la BCE a de quoi surprendre. Tous les voyants semblent au vert et le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, a même laissé entendre ce mardi que la guerre contre l'inflation était gagnée. Cette dernière devrait ainsi s'établir à son objectif de 2 % cette année et même 1,6 % en 2026, avant de remonter à 2 % en 2027, selon la BCE.