Découvrez les 27 visages de la Commission von der Leyen, tout juste approuvée

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Ursula von der Leyen (au centre), entourée des membres de la nouvelle Commission approuvée à une large majorité par le Parlement européen.
Ursula von der Leyen (au centre), entourée des membres de la nouvelle Commission approuvée à une large majorité par le Parlement européen. (Crédits : Reuters)
Un nombre record de femmes (12 sur 27), un commissaire de 29 ans, 8 anciens et 19 nouveaux venus: tour d'horizon de l'équipe dirigée par l'Allemande Ursula von der Leyen, qui a été approuvée mercredi par le Parlement européen.

Par 461 voix "pour", 157 voix "contre" et 89 "abstentions", le Parlement européen a approuvé, ce mercredi, la nouvelle Commission présidée par Ursula von der Leyen. "Aujourd'hui, ici, au cœur de cette démocratie européenne, je demande votre soutien pour un nouveau départ pour l'Europe", a déclaré l'ancienne ministre allemande de la défense, lors de son discours avant le vote. Pour cela, elle pourra s'appuyer sur le travail de ses 26 collègues, dont voici les profils et attributions.

  • Climat :

Le Néerlandais Frans Timmermans (S&D, sociaux-démocrates), 58 ans, premier vice-président de la Commission sortante, est chargé du "Green Deal européen", l'une des priorités du nouvel exécutif européen. Cet ancien ministre des Affaires étrangères, polyglotte, avait brigué sans succès la présidence de la Commission. Il en est l'un des trois vice-présidents exécutifs, avec Margrethe Vestager et Valdis Dombrovskis.

  • Concurrence et numérique :

Autre prétendante malheureuse à la présidence de la Commission, la Danoise Margrethe Vestager (Renew Europe, libérale), 51 ans, conserve le portefeuille de la Concurrence, où elle s'est forgée une réputation d'intransigeance, affrontant les géants de la Silicon Valley et interdisant la fusion Siemens-Alstom. Elle voit sa position renforcée avec un champ d'action étendu au numérique, autre chantier clé de la nouvelle Commission.

> Lire aussi : Qui est Margrethe Vestager, la commissaire qui s'attaque aux multinationales ?

  • Services financiers :

Le Letton Valdis Dombrovskis (PPE, droite), 48 ans, vice-président de la Commission sortante, où il était chargé de l'euro, va notamment superviser le travail pour approfondir l'Union économique et monétaire et finaliser l'union bancaire.

Premier ministre de 2009 à 2013, il avait mis en oeuvre une cure d'austérité imposée par un plan de sauvetage international et a été l'artisan de l'adhésion de la Lettonie à la zone euro.

  • Chef de la diplomatie :

L'Espagnol Josep Borrell (S&D), 72 ans, revient sur le devant de la scène européenne en prenant la tête de la diplomatie de l'UE.

Ancien président du Parlement européen (2004-2007), nommé en 2018 ministre des Affaires étrangères de Pedro Sanchez, ce Catalan anti-indépendantiste a été récemment très actif sur le dossier vénézuélien et s'est montré régulièrement critique du gouvernement Trump.

  • Relations interinstitutionnelles :

Le Slovaque Maros Sefcovic (S&D), 53 ans, vice-président de la Commission sortante chargé de l'Énergie, s'occupera des relations avec le Parlement européen et les parlements nationaux.

  • Valeurs et transparence :

La Tchèque Vera Jourova (Alde, libérale), 55 ans, est la commissaire européenne sortante à la Justice, aux droits des consommateurs et à l'égalité des genres. Elle devient vice-présidente pour les "valeurs et la transparence", et coordonnera le travail de la Commission sur les questions d'État de droit, en lien avec Didier Reynders.

  • Démocratie et démographie :

La Croate Dubravka Suica (PPE), 62 ans, a été maire de Dubrovnik de 2001 à 2009, députée au Parlement croate et députée européenne. Elle sera chargée d'organiser une conférence sur l'avenir de l'Europe.

  • Migration, sécurité, immigration :

Le Grec Margaritis Schinas (PPE), 57 ans, obtient un portefeuille couvrant la migration et l'asile, la sécurité et l'éducation dont l'intitulé a été reformulé: l'expression "protéger le mode de vie européen" accusée par certains d'emprunter à la rhétorique de l'extrême droite, est devenue "promouvoir le mode de vie européen". Originaire d'un pays particulièrement concerné par le dossier migratoire, cet ancien député européen, qui était porte-parole en chef de la Commission européenne depuis 2014, est un fin connaisseur de la mécanique bruxelloise.

  • Budget et administration :

L'Autrichien Johannes Hahn (PPE), 61 ans, est le commissaire sortant à la politique de voisinage et à l'élargissement. Il était auparavant commissaire à la Politique régionale et a été ministre de la Recherche et des Sciences.

  • Commerce :

L'Irlandais Phil Hogan (PPE), 59 ans, est le commissaire européen sortant à l'Agriculture. Cet ancien ministre de l'Environnement et des collectivités locales aura la responsabilité de gérer les tensions commerciales avec les États-Unis et devrait participer à la négociation de la future relation avec le Royaume-Uni. Reste à savoir comment s'articulera son action avec la mission confiée par Mme von der Leyen à Michel Barnier de définir les modalités de cette future relation.

  • Innovation et jeunesse :

La Bulgare Mariya Gabriel (PPE), 40 ans, est la commissaire européenne sortante à l'Économie numérique, où elle s'est illustrée par son action contre la désinformation en ligne.

  • Emploi :

Le Luxembourgeois Nicolas Schmit (S&D), 65 ans, a notamment été ministre du Travail, de l'Emploi et de l'Économie sociale et solidaire et ambassadeur représentant permanent du Luxembourg auprès de l'UE (1998-2004).

  • Économie :

L'Italien Paolo Gentiloni (S&D), 65 ans, est un ancien chef du gouvernement italien. Issu d'une famille aristocratique romaine, ce pourfendeur du populisme devra veiller au respect des règles budgétaires européennes par les États membres, en particulier par son propre pays.

  • Agriculture :

Le Polonais Janusz Wojciechowski, 64 ans (CRE, souverainiste), est membre de la Cour des comptes européenne et ancien président de la Cour des comptes de son pays. Cet ancien eurodéputé, un temps visé par une enquête de l'office européen antifraude (Olaf), avait dû revenir s'expliquer lors d'une deuxième audition devant les parlementaires européens.

  • Marché intérieur :

Le Français Thierry Breton, 64 ans, ancien PDG du groupe informatique Atos et ex-ministre de l'Économie (2005-2007), obtient un large portefeuille couvrant le marché unique et le numérique. Premier grand patron à devenir commissaire européen, il a remplacé Sylvie Goulard, candidate initiale d'Emmanuel Macron, sous le coup d'une enquête judiciaire en France et écartée par les eurodéputés pour des raisons éthiques.

> Lire aussi : Commission européenne : feu vert pour l'ex-grand patron Thierry Breton, qui promet d'être "radical"

  • Cohésion et réformes :

La Portugaise Elisa Ferreira, 64 ans (S&D), vice-gouverneure de la Banque du Portugal, est une ancienne ministre de l'Environnement puis du Développement régional, ex-eurodéputée.

  • Santé :

La Chypriote Stella Kyriakides (PPE), 63 ans, est députée depuis 2006. Psychologue de formation, engagée dans la prévention du cancer, elle a aussi été présidente par intérim de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (2017-2018).

  • Justice :

Le Belge Didier Reynders, 61 ans (Renew Europe, libéral), ministre des Affaires étrangères et de la Défense, est un pilier de la scène politique dans son pays. Il avait échoué en juin au poste de secrétaire général du Conseil de l'Europe.

  • Égalité :

La Maltaise Helena Dalli (S&D), 57 ans, a été ministre aux Affaires européennes et à l'Égalité, ainsi qu'au Dialogue social et aux libertés publiques. Ancienne miss Malte, selon le Times of Malta, diplômée de sociologie politique, elle est députée depuis 1996.

  • Affaires intérieures :

La Suédoise Ylva Johansson (S&D), 55 ans, a été plusieurs fois ministre, notamment de l'Emploi, de l'Éducation et des Affaires sociales.

  • Gestion des crises :

Le Slovène Janez Lenarcic (indépendant), 52 ans, ambassadeur représentant permanent de son pays auprès de l'UE, a été notamment secrétaire d'État aux affaires européennes.

  • Transports :

La Roumaine Adina-Ioana Valean, 51 ans (PPE), eurodéputée spécialiste des transports, a été désignée après l'échec de la candidature de sa compatriote Rovana Plumb (S&D), recalée par les eurodéputés en raison d'un conflit d'intérêts.

  • Voisinage et élargissement :

Le Hongrois Oliver Varhelyi, 47 ans (PPE), ambassadeur de son pays auprès de l'UE, obtient le portefeuille de l'élargissement, après le rejet du premier candidat de Viktor Orban, Laszlo Trocsanyi, retoqué par les eurodéputés dès la première étape du processus de confirmation, l'examen des déclarations d'intérêt.

  • Partenariats internationaux :

La Finlandaise Jutta Urpilainen (S&D), 44 ans, a été ministre des Finances et vice-Première ministre (2011-2014). Pendant la crise de la zone euro, elle s'était distinguée par une ligne dure à l'égard de la Grèce et de l'Espagne.

  • Énergie :

L'Estonienne Kadri Simson (Renew Europe), 42 ans, a été ministre des Affaires économiques et des infrastructures (novembre 2016 - avril 2019).

  • Environnement, océans et pêche :

Le Lituanien Virginijus Sinkevicius est, à 29 ans, le benjamin de la nouvelle Commission. Élu au Parlement lituanien en 2016 (Union des Paysans et des Verts qui siège au Parlement dans le groupe Verts/ALE), il a été nommé l'année suivante ministre de l'Économie, devenant le plus jeune membre d'un gouvernement lituanien.

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Commentaires
a écrit le 28/11/2019 à 10:00 :
"Le commerce doit être libre et non faussé", vont-ils enfin sortir de cette idée fondatrice de l'UE qui ressemble à une petite mondialisation, pour annoncer "l'UE d'abord".. Un peu de courage..
a écrit le 28/11/2019 à 8:56 :
Il y aurait trop à dire contre tout ces pompeurs d'argent public, autant le résumer simplement: Thierry Breton est celui qui suscite le moins de désespoir ! D'ailleurs c'est le seul à ne pas sourire hypocritement.

Espérons que les anglais aient la peau de l'UE, la vie de nous autres citoyens européens, otages du consortium financier, est en jeu.
a écrit le 28/11/2019 à 6:54 :
Le fait que la commission soit systématiquement de droite pose un réel problème de démocratie. Personnellement, l'europe d'aujourd'hui me fait plus penser à la Russie ou la Chine qu'aux Etats-Unis (même si Merkel est arrivée au pouvoir avant poutine).

Vous nous tiendrez au courant quand Junker rejoindra la Goldman Sachs?
Réponse de le 28/11/2019 à 10:00 :
"Vous nous tiendrez au courant quand Junker rejoindra la Goldman Sachs?"

Aucune chance, ils ne sont pas fous les américains eux hein ! Par ailleurs cela marche systématiquement dans l'autre sens à savoir des financiers américains qui intègrent l'UE, jamais dans l'autre vous noterez...

Contempler l'Amérique régner.
Réponse de le 28/11/2019 à 10:07 :
Il attendra macron!
Réponse de le 28/11/2019 à 12:22 :
Il suffit de lire "le grand échiquier" de Brzezinski pour comprendre comment les usa mettent des hommes et des femmes à la tête de l' UE pour concilier la partie et rétrograder sinon se régaler d' un concurrent économique qui aurait pu les déranger.
« Le Grand Échiquier » de Zbigniew Brzezinski, les Crises.
Réponse de le 28/11/2019 à 20:02 :
@Citoyen blasé

Nan, ça marche dans les deux sens.

Mario monti, l'ancien dirigeant du conseil italien et sénateur à vie (oui, rien que ça c'est choquant) y est entré après avoir quitté le conseil.

Et Barroso qui est passé directe de la tête de la commision à la banque!

Du coup je ne parle pas de ceux qui ont fait le chemin inverse qui sont, certe, plus nombreux.
a écrit le 27/11/2019 à 23:31 :
Pas beaucoup de métissage apparemment chez eux.
Réponse de le 28/11/2019 à 10:01 :
La politique européenne de 39 à 44 a été efficace !
Réponse de le 28/11/2019 à 10:14 :
ça ne risque pas... la configuration si l'on regarde la france, parle d'elle même pour aller chercher breton, il est donc question de réalisme pour comprendre que du fait d'avoir la droite extrême et l'extrême droite disons que dans ces générations en particulier, ce serait un paradigme impossible.

Déjà pour les femmes ils ne parviennent pas a la parité, donc imaginez!!!!

Et comme l'adn de l'europe est disons le dans la compromission idéologique sur ces questions, disons que difficile de croire qu'il pouvait en être autrement.

L'atavisme est d'autant plus fort qu'il l'est dans tout les pays (en france la différence c'est qu'il s'agit d'un outil de com) c'est pourquoi nous n'avons que la diversiité du rap et du sport!!

Essentiellement féminine, du coup tout cela est disons presque pas nécessaire......
a écrit le 27/11/2019 à 22:43 :
Ils ont l'air très très content ! on dirait qu'ils ont gagné au loto, ils n'ont pourtant encore rien fait....
a écrit le 27/11/2019 à 18:34 :
27 de droite,faut le faire.
a écrit le 27/11/2019 à 17:46 :
Une photo est loin d'être démocratique!
a écrit le 27/11/2019 à 16:52 :
Choisie suite au caprice de Macron, l’Allemande Ursula von der Leyen, future présidente de la Commission européenne, est une ultra-atlantiste passionnée. Dans la partie de bras de fer qu’a constitué le choix du nouveau président de la Commission européenne, il n’y avait qu’une seule chose certaine : c’est que Jean-Claude Juncker ne serait pas reconduit pour un second mandat comme l’avaient été en leur temps Jacques Delors ou José Barroso.

Même si personne n’en parlait, il était implicitement entendu que tout le monde voulait se débarrasser de l’ancien Premier ministre luxembourgeois, dont l’état d’ébriété chronique – qualifié de « sciatique » – et les écarts de conduite affreusement gênants avaient ridiculisé au plus haut point les institutions européennes sur la scène mondiale.

Fatigués par des heures de palabre, les 28 chefs d’État et de gouvernement de l’Union européenne se sont finalement entendus pour nommer l’actuelle ministre de la Défense allemande, Ursula von der Leyen, au poste de présidente de la Commission européenne, démentant ainsi tous les pronostics.

Tous ceux qui croient encore les politiciens français véreux qui leur assurent que la construction européenne aurait pour but et vocation de « faire contrepoids aux États-Unis » en seront une nouvelle fois pour leurs frais.

Quant à Macron, qui proposait, il y a peu encore, une « armée européenne » qui serait distincte et non assujettie à celle des États-Unis, certains penseront qu’il doit être bien dépité. Mais ce serait une erreur de jugement. Affirmer que la prétendue « construction européenne » vise à « faire contrepoids » aux États-Unis n’est, pour Macron comme pour ses prédécesseurs, qu’une simple opération de communication destinée à duper l’opinion publique française sur les vrais desseins poursuivis par les institutions bruxelloises. Il sait très bien à quoi s’en tenir au fond.

Du reste, c’est bien pour cela qu’il n’a pas fait obstacle – et qu’il a peut-être proposé lui-même – à Angela Merkel la nomination de Mme von der Leyen, dont l’atlantisme outrancier ne le gêne pas le moins du monde. F Asselineau le 040819
Cette nomination conforte donc avec la double nomination de Lagarde à la BCE, la tutelle américaine sur l' UE..
a écrit le 27/11/2019 à 16:27 :
Un nombre record de femme !! 12 sur 27, ce n'est pas la moitié !!
Réponse de le 27/11/2019 à 18:32 :
Faudrait 13,5 ,mais qui va faire le 0,5 ?
Réponse de le 28/11/2019 à 10:16 :
Réponse a lachose, non, mais dans ce cas il faut s'entendre sur les mots.

C'est comme la diversité en France, l'essentialisme est tellement puissant, que la situation que nous vivons a mon avis en ce moment en dit long.

Donc j'en reviens au mot , 15 n'est pas 12.....

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