Bruxelles refuse la fusion entre Alstom et Siemens
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Siemens-Alstom, fusion refusée par l'UE,
Reuters / montage La Tribune
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Siemens-Alstom, fusion refusée par l'UE,
Reuters / montage La Tribune
[Artilce publié le 6.02.2019 à 14h23, mis à jour à 15h avec communiqué eurodéputés socialistes]
La Commission européenne a rejeté mercredi le projet de fusion entre Alstom et Siemens, censé créer un champion européen du ferroviaire avec le soutien de Paris et Berlin face à la concurrence internationale, notamment chinoise.
Selon la Commission, la fusion aurait notamment porté atteinte à la concurrence sur les marchés des systèmes de signalisation et des trains à très grande vitesse (TGV).
L'entité issue de la fusion serait ainsi devenue le "leader incontesté" sur plusieurs marchés de la signalisation des grandes lignes et des lignes urbaines et aurait réduit "de façon significative" la concurrence pour le matériel roulant TGV, au préjudice des clients européens.
Dans la foulée, Alstom a annoncé qu'il renonçait à son rapprochement avec les activités ferroviaires de l'allemand Siemens pour "repartir de l'avant".
Cette décision largement attendue a été critiquée par les deux gouvernements, le patronat européen et les dirigeants des deux entreprises. Ils reprochent à la Commission de limiter son analyse au seul marché intérieur européen sans tenir compte de l'évolution de l'environnement mondial, marqué notamment par l'émergence de géants chinois comme CRRC dans le ferroviaire.
Le ministre français de l'Economie et des Finances, Bruno Le Maire, a ainsi reproché à la Commission européenne de "servir les intérêts économiques et industriels de la Chine". Mais la Commission a estimé que la concurrence chinoise n'était pas menaçante en Europe.
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Alstom comme Siemens ont déjà fait savoir qu'ils ne contesteraient pas la décision de la Commission européenne.
Dans une interview publiée hier mardi par Le Figaro, Henri Poupart-Lafarge (Alstom), a averti que ce projet de mariage dans le ferroviaire n'aurait "pas de seconde chance" en cas de veto de Bruxelles, et que chacun repartirait de son côté.
Les ministres français et allemand de l'Économie, Bruno Le Maire et Peter Altmaier, ont pour leur part fait savoir qu'ils demanderaient une réforme des règles de concurrence européennes.
Bruno Le Maire a précisé sur France 2 qu'il souhaitait voir retenu, comme marché pertinent pour analyser la concurrence, le monde entier et non seulement l'Europe, et que le Conseil européen s'exprime sur les décisions européennes en la matière.
"Cette affaire n'est pas la preuve que nous devons modifier nos règles en matière de concurrence. Nous devons peut-être les modifier si nous voulons garantir que les marchés soient concurrentiels lorsque nous passerons au numérique."
L'un des principaux concurrents occidentaux de Siemens et Alstom, le groupe canadien Bombardier, s'est pour sa part réjoui de la décision de la Commission, tout comme les syndicats d'Alstom opposés à la fusion depuis le début.
Le patron de la SNCF, Guillaume Pepy, a qualifié mercredi de "mauvaise nouvelle du jour" le veto européen à la fusion dans le rail du français Alstom et de l'allemand Siemens, regrettant que les règles de la concurrence empêchent la création de "champions européens".
Le projet permettait selon lui d'"obtenir une meilleure compétitivité, et donc de meilleurs prix parce que les équipements auraient été construits à une plus grande échelle", et aussi d'offrir une gamme de produits "plus complète".
Guillaume Pepy a regretté que, "pour apprécier l'impact d'un rapprochement, on prenne en compte non pas les marchés de demain, mais les marchés tels qu'ils sont aujourd'hui, c'est à dire en gros les marchés d'hier".
Poursuivant son raisonnement, le patron de la SNCF, se demandait :
Il ajoutait:
Bruxelles a interdit mercredi la fusion entre Alstom et les activités ferroviaires de Siemens au grand dam de Paris et Berlin, fervents partisans de la création d'un champion européen du ferroviaire pour faire face au numéro un mondial, le chinois CRRC.
La commissaire chargée de la Concurrence, Margrethe Vestager, a estimé que "les entreprises n'étaient pas disposées à remédier aux importants problèmes de concurrence" soulevées par le gendarme européen.
Pour les eurodéputés socialistes et radicaux, sur la même ligne que Bruno Le Maire ou Guillaume Pépy, ils se disent, dans un communiqué, déterminés à favoriser la constitution de champions européens. Selon eux, "cette décision démontre l'urgence de refonder la politique de la concurrence européenne : cette dernière ne peut plus empêcher l'Europe de se doter de la politique industrielle dont elle a tant besoin".
Les eurodéputés socialistes et radicaux promettent d'en faire un des thèmes importants de leur programme lors des élections européennes :
Ils rappellent que le concurrent chinois CCRC pèse deux fois plus lourd que nos deux champions européens réunis (230 TGV par an pour le premier, 35 pour le tandem européen). Leur constat est le suivant :
Les conséquences de cette annonce en Bourse pour chacun des deux protagonistes étaient aujourd'hui pour le moins contrastée.
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A 14h30, l'action d'Asltom avait gagné 4,31% et semblait pouvoir continuer sa progression. A l'opposé, le titre Siemens se voyait malmené tout au long de la matinée, s'affichant en début d'après-midi à -0,87%.
(avec Reuters)
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