Commission européenne : feu vert pour l'ex-grand patron Thierry Breton, qui promet d'être "radical"

Face aux risques de conflits d'intérêts, "il n'y a qu'une seule solution, être radical. Je dis bien radical", a promis l'ancien ministre de l'Économie (2005-2007), dont le large portefeuille économique comprend plusieurs secteurs directement en lien avec son ancienne entreprise, Atos.

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(Crédits : Stephane Mahe)

Les eurodéputés ont donné jeudi leur feu vert au Français Thierry Breton pour qu'il devienne commissaire européen au marché unique et au numérique, malgré les risques de conflits d'intérêts soulevés par certains groupes politiques.

Cette approbation intervient après l'échec essuyé par la France avec la candidature de Sylvie Goulard.

Lire aussi : Commission européenne : Macron choisit Thierry Breton après le rejet de la candidature de Sylvie Goulard

Le choix de l'ancien PDG d'Atos a été approuvé par le PPE (droite), les libéraux de Renew, le groupe Socialiste et démocrates et les conservateurs d'ECR. La gauche radicale, les écologistes et l'extrême droite, minoritaires, avaient eux demandé que des clarifications supplémentaires lui soient réclamées par écrit.

"J'ai hâte de me mettre au travail pour mettre en œuvre la vision que j'ai développée devant le Parlement européen", a réagi M. Breton auprès de l'AFP. La présidence française a salué "une très bonne nouvelle".

Lors de son audition, celui qui deviendra la premier grand patron de l'histoire de l'UE commissaire européen, s'est efforcé d'apaiser les craintes des eurodéputés.

Face aux risques de conflits d'intérêts, "il n'y a qu'une seule solution, être radical. Je dis bien radical", a promis l'ancien ministre de l'Économie (2005-2007), dont le large portefeuille économique comprend plusieurs secteurs directement en lien avec son ancienne entreprise.

M. Breton a dit son intention de se récuser sur les sujets qui concerneraient directement Atos, par exemple "des contrats" qui seraient passés avec l'UE.

Mais de manière plus globale, il a exclu de se dessaisir des questions portant sur les secteurs sur lesquels évolue Atos, comme l'intelligence artificielle, la cybersécurité et les supercalculateurs.

"Aberration"

"Ce serait une aberration", a-t-il tranché, répétant à plusieurs reprises qu'il serait "commissaire sur l'ensemble du portefeuille."

"Peut-être que ça ne vous ne plaira pas. Et bien vous ne voterez pas" en ma faveur, a-t-il dit au socialiste Timo Wölken.

"Votre nomination est un mélange des genres qui crée de la confusion", lui a lancé l'eurodéputée écologiste Marie Toussaint, soulignant qu'il existait un "parfait chevauchement" entre les activités d'Atos et son portefeuille de commissaire.

Le député de la gauche radicale (GUE), Manuel Bompard, a quant à lui estimé que M. Breton était incapable de garantir que ses "activités passées n'influeront pas [sur ses] activités à venir".

"Il y a un certain nombre de flux entre l'entreprise que j'ai dirigée" et ce poste à la Commission, "pas énorme du reste", a reconnu M. Breton.

Mais "le règlement l'a parfaitement prévu", a-t-il ajouté, citant le code de conduite des commissaires européens.

Il a rappelé aux eurodéputés qu'il avait déjà vendu la totalité de ses actions - pour un montant de 45 millions d'euros, selon les documents de l'Autorité des marchés financiers (AMF) - et démissionné des mandats qu'il exerçait dans divers conseils d'administration.

"Je n'ai plus aucun intérêt dans les entreprises que j'ai dirigées. Zéro. Zéro !", a-t-il insisté

Le Français a été globalement moins attaqué sur la question des conflits d'intérêts que le premier choix d'Emmanuel Macron pour la Commission, Sylvie Goulard, écartée début octobre pour des raisons éthiques.

Lire aussi : Emplois présumés fictifs : Sylvie Goulard ne convainc pas les eurodéputés

"Crainte des technologies"

Les eurodéputés dénonçaient le fait que de Mme Goulard se présente devant eux pour devenir commissaire alors qu'elle avait démissionné du gouvernement français en raison de l'affaire des emplois présumés fictifs de son ancien parti, le Modem.

Outre M. Breton, la commissaire roumaine Adina Valean, également auditionnée jeudi, a été approuvée aux Transports. En revanche, le commissaire hongrois, Oliver Varhelyi, devra lui répondre à des questions supplémentaires avant de prendre en charge le portefeuille de l'Élargissement.

Ces auditions constituaient les derniers obstacles à franchir pour la prochaine présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, qui peine à mettre en place son équipe.

L'Allemande semble désormais en bonne position pour remplir l'objectif d'une prise de fonctions, déjà retardée d'un mois, le 1er décembre.

Thierry Breton postule pour un très vaste portefeuille comprenant la politique industrielle, le marché intérieur, le numérique, la défense et l'espace.

Sur le fond, il a jugé jeudi "urgent" de "préparer la croissance de demain en investissant" dans les technologies de l'avenir, comme la 5G, la 6G, l'intelligence artificielle, les véhicules autonomes et les batteries électriques.

Lire aussi : Exposition aux ondes, hyperconnexion... des ONG réclament un moratoire sur la 5G

Il a dit comprendre "la crainte des technologies concernant leur impact social" et promis de "ne laisser jamais personne au bord du chemin".

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Commentaires 35
à écrit le 16/11/2019 à 22:29
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Il promet tout ce qu'on veut ... et les promesses n'engagent que ceux qui y croient. Comme Saint Thomas, attendons de voir.

à écrit le 15/11/2019 à 14:19
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Ah, l'Europe aborde son virage ultra libéral... Pour un commissaire, les mots justes auraient "sans concession" plutôt que "radical", cela prouve encore une fois que la France joue à un jeu qui sera tout sauf social... EN total contradiction avec la ...

le 16/11/2019 à 7:35
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Nous ne sommes même pas libéral alors parler d'ultra-libéralisme relève du bobard.

à écrit le 15/11/2019 à 10:47
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Il aurait une occasion de démontrer qu'il ne tombera pas dans la démago et le sophisme, Qu'il décide "radicalement" de transformer "intelligence artificielle" en "raisonnement artificiel"...

à écrit le 15/11/2019 à 10:45
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Il aurait une occasion de démontrer qu'il ne tombera pas dans la démago et le sophisme, Qu'il décide "radicalement" de transformer "intelligence artificielle" en "raisonnement artificiel"...

à écrit le 15/11/2019 à 9:55
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Ben oui Goulard était seulement compromise tandis que Breton lui a du sang sur les mains, ça c'est un véritable gage de sécurité pour le consortium européen financier ! ET si je peux pas diffuser ça ne le diffusez pas je vous prie plutôt que de m...

à écrit le 15/11/2019 à 8:34
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LOL ! LE déclin c'est long, surtout ers la fin.

à écrit le 15/11/2019 à 8:23
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Il vaut mieux un gars "qui sait de quoi il parle" plutôt qu'un gars qui n'y connait pas grand chose, mais réputé politiquement correcte aux yeux de certains. D'ailleurs, on se demande où est le conflit d'intérêt ?

à écrit le 15/11/2019 à 6:08
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Le discours devient ferme quand tout le reste ne l'est plus. Un grand classique recyclé par la macronie infecte.

à écrit le 15/11/2019 à 1:06
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On offre totalement l'Europe et la démocratie aux lobbies et intérêts privés!

le 15/11/2019 à 12:12
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Oui c'est cela, macron étant le représentant des firmes ou multinationales (cela se voit dans les choix politiques), mais surtout ce que l'on ne dit pas a présent sont que les préfets interdisent les manifestations lorsqu'il se rend a ses rencontres....

à écrit le 14/11/2019 à 22:45
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En somme écologistes et gauche radicale reprochent à Breton d'être compétent sur des sujets relevant de son portefeuille...

à écrit le 14/11/2019 à 20:30
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Seul ministre qui a diminué le déficit pendant sa mandature, grand capitaine d' industrie (Athos) le personnage est sympathique, semble désintéressé et de plus compétent. Un bon choix pour l' Europe.

le 14/11/2019 à 20:47
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Athos ? Mais ou sont donc passés Porthos et Aramis ?

le 15/11/2019 à 1:02
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Sous Hollande le déficit est passé de 5% du PIB à 2.7%. Il avait aussi baissé sous Jospin. Breton a fait passer en 2 ans le déficit de 2.9 à 2.7 ce qui n'est pas un exploit sauf peut-être pour un ministre de droite. Je me demande ou vous avez ...

le 15/11/2019 à 9:50
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Rien sur la dette pendant la gestion financiere sous jospin et hollande?

le 15/11/2019 à 16:09
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@gringo : Au prix d'une hausse des PO et d'aucune baisse des dépenses publiques, ce qui a euthanasié la croissance (passée de 2,1% en 2011 à 0,6% en 2013) le déficit a baissé de 4,8% en 2012 à 2,7% en 2017. Quant à Jospin, il a bénéficié d'une phase ...

le 15/11/2019 à 18:11
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Mon mail n' était pas clair, j'en conviens. Merci Bruno pour l' explication de texte.

à écrit le 14/11/2019 à 19:49
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La commission européenne peut concéder l' arrivée de Breton à sa table, en effet, la contribution de la France passera de 7,5 milliards d'euros en 2020 à plus de 10 milliards en 2027 (contribution NETTE). Oser en plus écrire que cette a...

à écrit le 14/11/2019 à 19:08
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Bravo Monsieur Breton, vous avez été un grand Patron, soyez un grand Commissaire ! On a besoin de gens compétents du monde de l'entreprise et des nouvelles technologies à Bruxelles.

à écrit le 14/11/2019 à 19:08
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Le nouveau monde ! trop drole. on prend les mêmes et on recommence. Ministre de l'Économie, des Finances et de l'Industrie (2005-2007)

le 16/11/2019 à 19:00
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Oui, le seul à avoir eu des résultats significatifs en matière de réduction des déficits et de la dette hors période de croissance mondiale très porteuse (chance qu'avaient eu Jospin et Rocard, et en plus leurs prédécesseurs, Chirac et Juppé, avaient...

à écrit le 14/11/2019 à 19:07
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Dans "Pire que Sylvie Goulard : Thierry Breton ! " F Asselineau démontrait -tait- notre Breton national que Macron propulse à la grosse Commission, pas piqué des hannetons. Il est vrai qu' avec la gouleyante Goulard le héraut des ...

le 14/11/2019 à 22:46
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On sait maintenant ce qu'est l'UPR, mensongère, bête et vulgaire.

le 15/11/2019 à 9:56
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@bruno_bd Le métier de nettoyeur n' est plus très aisé par les temps qui courent ...

le 15/11/2019 à 13:27
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Pas plus ni moins que la droite ou LREM ,Bruno ,tu devrais le savoir depuis tout ce temps que tu fais des commentaires .

le 15/11/2019 à 18:03
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@bruno_bd Votre agacement en dit long sur les motivations qui vous amènent ici..

le 16/11/2019 à 19:02
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Mon agacement vient du fait de vivre dans un pays où il se trouve 1% de gens assez idiots pour voter pour l'UPR.

à écrit le 14/11/2019 à 19:03
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Bientôt, ils vont nous annoncer qu'il vont nommer Balkany à la tête de la cour de justice européenne. Ou alors polansky ministre de la famille.

le 14/11/2019 à 20:13
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Il n'y a aucun rapport avec T.Breton.

le 16/11/2019 à 7:39
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Et Apo comme Secrétaire d'Etat aux Films Comiques, .

à écrit le 14/11/2019 à 18:58
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Encore un, qui va taper sur la France, au nom du dogme européiste, pour rassurer ses maîtres! Qui se ressemble, s'assemble!

à écrit le 14/11/2019 à 18:53
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Il faudra juste qu'il nous explique en quoi c'est plus intéressant d'être commissaire européen plutôt que PDG d'une grande entreprise leader dans son secteur et intervenant sur les cinq continents? Chacun est libre de ses choix...

le 14/11/2019 à 22:49
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Breton a déjà quitté France Telecom pour Bercy où il était sans doute moins payé.

à écrit le 14/11/2019 à 18:40
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oui il faut être radical, c'est à dire réglementer, limiter et filmer systématiquement les contacts des fonctionnaires de Bruxelles et des parlementaires Européens avec les lobbyistes, même démarche au plan national ET SURTOUT, interdire tou...

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