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ÉconomieUnion européenne

Démission de Thierry Breton : Stéphane Séjourné proposé par Emmanuel Macron comme commissaire européen

latribune.fr

Publié le 16 septembre 2024 à 09:45 - Mis à jour le 01 novembre 2024 à 10:11

Emmanuel Macron a proposé le nom de son ministre démissionnaire des Affaires étrangères Stéphane Séjourné.

Emmanuel Macron a proposé le nom de son ministre démissionnaire des Affaires étrangères Stéphane Séjourné.

Reuters

Le Quotidien Numérique

13 juin 2026

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Le commissaire européen au Marché intérieur a annoncé ce lundi sa démission. En cause, la présidente de l'institution, Ursula von der Leyen, a désavoué sa candidature pour la prochaine Commission européenne. Stéphane Séjourné a été confirmé pour être le nouveau candidat de la France à Bruxelles.

[Article publié le lundi 16 septembre 2024 à 9h12, mis à jour à 13h53]

Coup de tonnerre à Bruxelles. Le commissaire au Marché intérieur Thierry Breton a annoncé ce lundi sa démission avec effet immédiat dans une lettre envoyée à la présidente de l'institution, Ursula von der Leyen, relayée sur son compte X. A la mi-journée, elle a indiqué accepter la démission de Thierry Breton, le « remercie pour son travail », a fait savoir un porte-parole à Bruxelles.

Dans l'heure précédente, le président Emmanuel Macron avait proposé un nouveau candidat français : le ministre démissionnaire des Affaires étrangères Stéphane Séjourné. Sa mission sera « centrée sur les enjeux de souveraineté industrielle, technologique et de compétitivité européenne ».

Stéphane Séjourné a été «président du groupe Renew (centristes et libéraux ndlr) au Parlement européen au cours de la précédente législature, et répond à l'ensemble des critères requis. Son engagement européen lui permettra de porter pleinement cet agenda de souveraineté», ajoute la présidence.

Cette démission intervient alors que le nouveau Premier ministre Michel Barnier constitue son gouvernement. Mais selon une source à Matignon interrogée par La Tribune, Thierry Breton ne devrait pas entrer dans celui-ci. Ce départ fracassant de l'ancien ministre français de 69 ans plonge surtout le microcosme bruxellois dans la stupeur, alors que les noms et les portefeuilles des nouveaux commissaires étaient potentiellement attendus mardi.

Lire aussi« Je ne pense pas que nous verrons une armée européenne de notre vivant » (Thierry Breton)

« C'est avec regret que j'ai appris la démission de Thierry Breton de ses fonctions de
commissaire européen », a notamment réagi le député européen Christophe Grudler (MoDem / Renew Europe), dans un communiqué transmis à La Tribune.

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« Cette décision vient bousculer un calendrier déjà retardé par les changements successifs des candidats à la Commission proposés par les autres Etats membres, souligne-t-il. L'Union européenne a besoin rapidement d'une Commission pleinement opérationnelle pour répondre aux défis auxquels sont confrontés les citoyens européens. »

Pour rappel, chaque Etat membre du bloc communautaire a le droit de nommer un commissaire, dont les attributions font l'objet de négociations, parfois ardues, entre les chefs d'Etat et de gouvernement européen et l'exécutif à Bruxelles. Le Parlement européen doit ensuite approuver chacune des nominations.

Désaveu d'Ursula von der Leyen

Pour justifier sa décision, Thierry Breton indique dans sa lettre, que conformément au souhait formulé par Emmanuel Macron en juin, son nom a été proposé pour la nouvelle mandature (2024-2029), mais qu'il a été refusé par Ursula von der Leyen.

«Lors de la dernière ligne droite pour former la composition du futur Collège, vous avez demandé à la France de retirer mon nom - pour des raisons personnelles et sans vous en entretenir avec moi», tacle Thierry Breton dans sa lettre de démission, citant par ailleurs une «gouvernance douteuse».

La relation entre le Français et l'Allemande n'était pas au beau fixe ces derniers mois. Après la nomination d'Ursula von der Leyen a la tête de la commission, Thierry Breton avait remis en cause ce choix. « Malgré ses qualités, Ursula von der Leyen mise en minorité par son propre parti », avait écrit le commissaire sur X, en mars. Et pour cause, sur 801 délégués, Ursula von der Leyen avait réuni sur sa candidature unique seulement 400 voix positives.

« Est-il possible de (re)confier la gestion de l'Europe au PPE (parti populaire européen, ndlr) pour 5 ans de plus, soit 25 ans d'affilée? Le PPE lui-même ne semble pas croire en sa candidate », avait alors taclé Thierry Breton.

Thierry Breton avait également publiquement mis en cause l'éthique d'Ursula von der Leyen, après la nomination fin janvier d'un émissaire chargé des petites et moyennes entreprises, un poste hautement rémunéré au sein de la Commission. Le poste avait été attribué à l'eurodéputé allemand du Parti populaire européen (droite) Markus Pieper, quelques semaines avant un congrès à Bucarest début mars, lors duquel le PPE avait apporté son soutien à un second mandat d'Ursula von der Leyen.

La polémique avait abouti à un vote de défiance du Parlement européen contre la patronne de la Commission européenne, en pleine campagne pour les élections européennes de juin, et finalement au retrait de Markus Pieper.

Tractations finales

Réélue à la tête de la Commission en juillet, Ursula von der Leyen a demandé à chaque Etat membre de présenter les noms d'un homme et d'une femme pour constituer un collège paritaire des 27 commissaires - un par Etat membre. Autour du casting d'Ursula von der Leyen, c'est plus largement un « jeu de pouvoir et d'influence » qui s'engage, relève l'analyste Eric Maurice, de l'European Policy Centre.

Une fois les noms et les portefeuilles annoncés, les candidats passeront dans les semaines suivantes sur le gril du Parlement européen, avec des auditions et un vote des commissions parlementaires concernées. En 2019, la Française Sylvie Goulard s'était ainsi vu barrer la route, comme des prétendants hongrois et roumain.

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Ursula Von der Leyen réelue à la tête de la Commission européenne

Cette fois encore « au moins deux ou trois commissaires vont pâtir des jeux de pouvoir entre groupes politiques et entre Parlement et Commission. Il y a toujours une victime expiatoire », prévient Eric Maurice. Le Parlement européen va vouloir « montrer ses muscles », abonde Mujtaba Rahman (Eurasia Group), un autre expert de l'écosystème bruxellois.

D'autres profils sur la sellette

En dehors de Thierry Breton, plusieurs sources européennes considèrent que le commissaire hongrois sortant Olivér Várhelyi est sur la sellette, pour avoir défendu avec trop de zèle les positions de Premier ministre nationaliste Viktor Orban, ou ne pas suffisamment respecter les eurodéputés.

Autre visage très clivant, l'Italien Raffaele Fitto, l'actuel ministre italien des Affaires européennes du gouvernement d'extrême droite de Giorgia Meloni. Peut-il obtenir une vice-présidence de la Commission comme l'évoquait la presse allemande ? Ce serait « intenable », a prévenu l'eurodéputée française Valérie Hayer, à la tête des centristes du groupe Renew.

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Une fois le ballet des auditions achevé, un vote final doit intervenir en plénière du Parlement européen. En fonction des péripéties pendant les auditions, la nouvelle commission pourrait entrer en fonction début novembre ou début décembre.

(Avec agences)

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