Confortablement réélue à la tête de la Commission européenne par le Parlement le 18 juillet, Ursula von der Leyen pensait tout aussi aisément renouveler son exploit de 2019 : composer, autour d'elle, une équipe presque paritaire pour les cinq ans à venir. Elle a finalement fait chou blanc. Les gouvernements nationaux ont en effet refusé de lui soumettre deux noms, celui d'un homme et celui d'une femme, comme ils avaient consenti à le faire en 2019. Résultat : alors que le délai fixé pour nommer les vingt‐six commissaires désignés a expiré hier, la présidente n'avait, en plus du sien, que sept noms de femmes sur sa liste, contre ceux de dix‐huit hommes. La Belgique, faute de gouvernement de plein exercice n'a pas encore adoubé de candidat.
En l'état, donc, « VDL II » ramène la Commission européenne trente ans en arrière en matière de parité. Pour l'Allemande, première femme présidente de l'exécutif, c'est un échec cuisant. Surtout lorsqu'on se souvient de sa déclaration il y a un an au sujet de l'égalité des sexes : « Notre travail est loin d'être terminé et nous devons continuer à œuvrer ensemble pour progresser. » La faute à qui ? Ursula von der Leyen a‐t‐elle commis des erreurs, cet été, dans ses multiples contacts informels avec les chefs de gouvernement européens, ou ces derniers ne sont‐ils que d'indécrottables phallocrates ? « Le contexte a changé » par rapport à 2019, refuse de trancher une source européenne.