En Europe, l’austérité touche à sa fin

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(Crédits : Yves Herman)
[ 9 POINTS CHAUDS DE 2019 ] Marchés agités, guerre commerciale États-Unis Chine, Brexit, crise de "Gilets jaunes"... 2019 sera l'année de tous les dangers avec un monde face au risque de la récession. Mais aussi, comme le pire n'est jamais sûr, l'année de toutes les opportunités. Cinquième point chaud : la fin de l'austérité en Europe ?

Dix ans après l'éclatement de la crise financière, la situation économique européenne est loin d'être favorable. La plupart des prévisionnistes anticipent un net coup de frein de la croissance en 2019 après une année 2018 au ralenti. Malgré ces mauvaises nouvelles, la situation budgétaire de la zone euro a retrouvé des couleurs ces dernières années.

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En moyenne, le déficit public a atteint 1 % du produit intérieur brut (PIB) et de nombreux pays ont retrouvé des excédents. Par comparaison, le déficit du budget aux États-Unis dépasse les 4 % du PIB et devrait exploser dans les deux années à venir. Les marges de manœuvre semblent donc plus importantes en zone euro.

À ce titre, « les politiques budgétaires sont globalement moins restrictives que sur la période 2010-2013 », rappelle l'économiste de l'OFCE Christophe Blot. « Aujourd'hui, les politiques budgétaires sont globalement plus neutres. Elle est expansionniste dans certains pays comme en Allemagne depuis deux ans. Elle a été expansionniste en 2018 en Espagne et elle le sera également en Italie à la suite des annonces du gouvernement », poursuit Christophe Blot.

Du côté de la France, les annonces d'Emmanuel Macron le 10 décembre dernier et la baisse de l'inflation devraient également soutenir la demande interne. Les économistes de l'Insee anticipent un fort rebond du pouvoir d'achat pour le premier semestre 2019. Au Portugal aussi, l'économie s'est raffermie grâce à des mesures de relance budgétaire depuis 2015.

Pour 2019, l'économiste Bruno Cavalier prévoit que « la politique budgétaire en zone euro va être modérément expansionniste. En incorporant les mesures fiscales françaises et italiennes, le stimulus approcherait 0,4 point de PIB. C'est bien inférieur au stimulus américain de 2018 (environ 1,4 point) mais le multiplicateur budgétaire est plus élevé en Europe qu'aux États-Unis (1 contre 0,5 environ). » Près de quarante ans après le fameux « Tina » (« There is no alternative ») cher à l'ancienne Première ministre du Royaume-Uni Margaret Thatcher, l'austérité semble moins à la mode sur le Vieux Continent. Mais les difficultés de la zone monétaire à former un budget commun témoignent des profonds désaccords qui subsistent vingt ans après sa création.

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a écrit le 15/01/2019 à 10:48 :
Je pense qu'un certain nombre de choses touchent à leur fin effectivement. Mais sûrement pas l'austérité en France. Ni en Europe, si peu qu'elle perdure, ce qui reste incertain (souhaitable?).
=> Nous avons une croissance atone, des dépenses en progression, une population fragile qui augmente en nombre (plus de minima sociaux, plus de réfugiés politiques et d'illégaux en dessous du seuil de pauvreté, plus de chômeurs etc). Ces données ne devraient pas changer à court terme.
Nos impôts IRPP se servent qu'à rembourser les intérêts de la dette, pas le capital... Nous avons un gâteau qui rapetisse pour toujours plus de convives à régaler... Notre industrie a quasiment disparu pour des pays à bas salaires...
Bref, nous sommes mal barrés. Il ne nous reste plus qu'à nous serrer les coudes, éviter entre nous les divisions autant que possible, faire face à l'adversité et se recentrer sur ce qui est vraiment important. Ce système politique n'a pas vocation à durer, il ne laisse pas la parole à l'individu. D'un autre côté il faudrait aussi arrêter de nous décharger de nos responsabilités sur des élus, je me demande parfois si le citoyen ne voit pas le président et ses sbires comme la représentation de leur Père tout puissant à qui ils doivent soumission et obéissance aveugle durant la durée de leur mandat, comme l'enfant soumis que nous avons été devant notre paternel (et le mien fut très sévère ) ...
a écrit le 13/01/2019 à 16:32 :
L'austérité se réduit OK, mais pour qui? 40% des américains se partagent 1% de leur richesse nationale, en Allemagne plus de 30% de la population est marginalisée économiquement et survit en cumulant les boulots, en France alors que le CAC-40GR se porte à merveille comme l'indique les 57 milliards de dividendes il y a 7 millions de pauvres et ailleurs c'est la même chose..
a écrit le 13/01/2019 à 10:46 :
"Mais aussi, comme le pire n'est jamais sûr, l'année de toutes les opportunités"

L'europe s'écroule mais tant qu'il y a de la vie il y a de l'espoir !

C'est une blague donc ?

Le consortium financier européen est un échec total à gérer la vie des citoyens européens il ne fait que l'anéantir.
a écrit le 13/01/2019 à 10:00 :
En Europe l'austérité va cesser... sauf en France où elle n'a jamais commencé et où il va enfin falloir s'y mettre.
Réponse de le 14/01/2019 à 13:19 :
Elle n a jamais commencé pour les Riches....parce que les Pauvres se serrent la ceinture chaque année un peu plus depuis....30 ans !!!
Réponse de le 14/01/2019 à 14:54 :
@libertad46 : ben non, sur les 30 dernières années les inégalités en France n'ont cessé de se réduire. Le SMIC horaire a avancé plus vite que le total inflation+croissance, on n'a cessé de créer des nouveaux droits sociaux -certes à crédit. On a un système de redistribution obèse et qui d'ailleurs décourage complètement l'initiative. Taxez même à 100% de leur revenu le 1% de vrais riches, vous ne trouverez pas de quoi dépenser encore beaucoup plus (pire même, vous provoquerez encore un peu plus d'exil fiscal et donc vous ferez baisser les recettes). Le problème en France n'est pas qu'il y aurait trop de pauvres, c'est qu'il n'y a pas assez de riches.
a écrit le 13/01/2019 à 9:27 :
Ah et on continue de payer la dette non ? plus de 50 milliards par an non ? Tu sais ce qu'on pourrait faire avec tout ca ?

L'UE veut maintenir l'austérité car c'est la garantie pour les marchés qu'ils peuvent continuer à nous plumer.
Réponse de le 13/01/2019 à 11:08 :
"continue de payer la dette"
les intérêts de la dette, la dette faut voir, parait qu'une partie (réduite) des PV des radars allait au désendettement (suis désolé de ne pas participer, frileux du porte monnaie).
L'argent du pétrole c'est aussi une fuite financière, tout vient de l'extérieur (à 1% près, cocorico), déficit commercial.
Réponse de le 13/01/2019 à 17:47 :
"L'argent du pétrole c'est aussi une fuite financière, tout vient de l'extérieur (à 1% près, cocorico)"
La faute à qui ? On a même refusé d'explorer nos potentialités en termes de pétroles de schistes.
Réponse de le 13/01/2019 à 19:17 :
La dette, 2300 milliards en 2018 (qui ne seront jamais remboursés)- coute 40 milliards d’intérêts/an, c'est le 2 ème budget de l’État : une bonne affaire pour les banques qui a commencé depuis ...1980.
Réponse de le 14/01/2019 à 14:56 :
@Théo : oui, quand on a commencé à considérer qu'un déficit à 3% du PIB était anodin voire bénéfique...

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