En Europe, l'industrie manufacturière toujours en souffrance

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Les producteurs de la zone euro souffrent, la faiblesse de la production dans les usines s'étant prolongée en août. Une détérioration marquée de l'optimisme pour l'année à venir suggère que les entreprises s'attendent à ce que la situation empire encore, a souligné Chris Williamson, économiste d'IHS Markit.
"Les producteurs de la zone euro souffrent, la faiblesse de la production dans les usines s'étant prolongée en août. Une détérioration marquée de l'optimisme pour l'année à venir suggère que les entreprises s'attendent à ce que la situation empire encore", a souligné Chris Williamson, économiste d'IHS Markit. (Crédits : RALPH ORLOWSKI)
L'activité du secteur manufacturier dans la zone euro s'est contractée pour le septième mois consécutif selon le dernier indice PMI des directeurs d'achat du cabinet Markit.

La panne du moteur industriel se poursuit en Europe. L'indice PMI pour l'industrie manufacturière de la zone euro a légèrement augmenté au mois d'août passant de 46,5 à 47 selon les derniers chiffres du cabinet Markit publiés ce lundi 2 septembre. Bien qu'en hausse, la situation économique des fabricants européens "est restée fermement ancrée en zone de contraction en août". Avec de tels résultats, l'industrie de l'union monétaire enregistre son deuxième plus faible niveau depuis avril 2013 et se maintient en seuil négatif pour le septième mois consécutif. Les craintes et inquiétudes se multiplient sur le Vieux continent.

Après avoir connu une récession en fin d'année 2018, l'économie italienne est encore plongée dans l'incertitude, minée par des faibles gains de productivité et une croissance au ralenti. En Allemagne, l'industrie automobile souffre de faibles exportations. Le produit intérieur brut (PIB) de la première économie européenne a progressé de 0,4% au premier trimestre par rapport aux trois mois précédents mais il s'est contracté de 0,1% au deuxième trimestre en raison d'un coup de frein des exportations. "Cette nouvelle dégradation de la conjoncture dans le secteur manufacturier de la zone euro devrait peser sur la croissance économique de la région au troisième trimestre", a ajouté Chris Williamson, chef économiste chez Markit.

Les carnets de commandes dans le rouge

Le moral des chefs d'industrie sur le Vieux continent n'est pas au beau fixe. Les économistes de Markit expliquent ces chiffres décevants par une forte contraction des secteurs de fabrication de biens intermédiaires et de biens d'équipement. À l'opposé, le domaine des biens de consommation a poursuivi sa tendance à la hausse débutée il y a près de six ans avec une forte expansion en août.

Au niveau géographique, les secteurs manufacturiers de plusieurs grande économies sont encore dans le rouge. C'est le cas de l'Allemagne, l'Espagne, l'Italie, l'Irlande ou l'Autriche. L'économie allemande a connu "une très forte dégradation de sa conjoncture industrielle en août". Les carnets de commandes dans plusieurs pays ont clairement reculé à cause notamment de la faible demande sur les marchés étrangers. "Les données de l'enquête continuent en effet de signaler un très fort recul des exportations", précise Markit.

Sur le front de l'emploi, les derniers chiffres du cabinet ne sont pas réjouissants. La détérioration des commandes et le ralentissement de la production ont poussé les fabricants à réduire leurs effectifs. "L'emploi a ainsi reculé pour un quatrième mois consécutif, le taux de suppression de postes restant proche du plus haut de soixante-quatorze mois enregistré en juillet. En Allemagne, les entreprises manufacturières ont signalé les plus fortes baisses d'effectifs depuis un peu plus de huit ans", signalent les économistes. Et si le taux de chômage en Europe est au plus bas, il a tendance à se stabiliser depuis plusieurs mois selon les derniers chiffres d'Eurostat publiés vendredi dernier.

> Lire aussi : Le chômage en Europe au plus bas depuis l'an 2000

La France s'en sort mieux

Contrairement à ses principaux voisins, l'économie tricolore résiste. L'activité du secteur manufacturier a enregistré une légère amélioration en plein coeur de l'été. "Les dernières données mettent en évidence une amélioration de la conjoncture dans le secteur manufacturier, les fabricants signalant en effet une reprise de la croissance de la production et des nouvelles commandes en août. Si cette hausse de l'activité n'est que la deuxième enregistrée au cours des six derniers mois, elle témoigne néanmoins d'une certaine robustesse de l'industrie manufacturière française, notamment au regard des faibles performances des fabricants européens", explique l'économiste Eliot Kerr.

La semaine dernière, l'Insee a révisé légèrement à la hausse (0,1 point) son estimation pour la croissance du produit intérieur brut (PIB) du second trimestre à 0,3%.  Concernant les perspectives, les industriels français sont relativement optimistes. Ils fondent leurs projections de croissance sur "des prévisions de raffermissement de la demande extérieure". Malgré cette situation plus favorable, la perspective d'un Brexit sans accord à la fin du mois d'octobre prochain pourrait à nouveau plongé les industriels français qui échangent avec le Royaume-Uni dans le doute. Au Royaume-Uni, l'indice PMI qui mesure l'activité manufacturière en Grande-Bretagne est tombé au plus bas depuis 7 ans en août, pâtissant du ralentissement économique planétaire.

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a écrit le 14/09/2019 à 18:25 :
Nous devons. Impérativement favoriser nos industries , çar celé cree dè la richesse et des emplois ... Malheureusement , nous devons contrer la concurence déloyale des pays á la main d'œuvre bon marcher...pour cela îls nous faut develloper la robotisation des chaîne de fabrication et favoriser la qualitées au détriment du pas chere et consommable .... ( cela fera du bien aux resource naturel )
Donc chaque etats dàns notre union , doit impérativement réaliser des investicement dàns nos moins industriel et arreter dè favoriser le devellopement inconsidéré de pays peux respectueux du droit humain ( La Chine en particulier ).
a écrit le 03/09/2019 à 11:33 :
Oui on a besoin d'industrie en Europe comme en France, de modernité, d'industrie automobile, aeronautique, informatique, electroniquen santé medecine médicaments et autres. Oui c'est une defi pour l'avenir que l'usine soit nouvelle, que l'industrie "robotisée" et manufacturière soit une reussite en Europe, qu'elle permette de concurrencer les USA la Chine et autres. J'ai connu la delocalisation de l'industrie electronique en Asie avec des croissances vertigineuses de la fabrication de composants electroniques en Asie ( numerique, telecoms, telephonie mobile, ordinateurs,serveurs,developpement mondial d'internet.) oui il faut relocaliser en europe et en France, pour l'avenir pour l'industrie et pour le futur. On ne peut pas rester à la "remorque" des USA et de la CHine, les deux géants de la planète. Il faut developper l'inventivité, la robotique , l'usine 4.0 et garder nos savoirs faire. Les Américains et les CHinois s'adapteront au monde de demain, a nous d'y être présent et actif. Oui l'industrie a un avenir sur en Europe : quid de l'ordinateur quantique ? de la nouvelle génération des telecoms avec la 5G ? des voitures autonomes et des drones autonomes ? des robots ? de l'intelligence artificielle ! Oui vive l'industrie en Europe et dans le monde : oui a des partenariats mondiaux pour une industrie moderne et efficace et pour l'electronique, l'optronique , la luminique des developpements et beaucoup de composants !!!!
a écrit le 02/09/2019 à 15:37 :
On vit certainement un tournant historique majeur, un changement de civilisation qui s'impose tout seul, parce que la classe dirigeante n'arrive plus au final à diriger quoi que ce soit, elle n'arrive déjà même plus à se diriger elle-même si on jette un simple coup d'oeil sur notre UERSS empire prévu pour durer mille ans par exemple.

De ce fait répertorier tous ces chiffres;pouvoir d'achat (et pas "optimisme des consommateurs" svp qui n'est rien au final) croissance, production, chômage, consommation et salaires mais aussi la pollution qui est devenu un paramètre économique incontournable car présent dans tous les domaines, de façon quotidienne, hebdomadaire, mensuelle et annuelle (quotidienne suffisant donc au final ^^) en faisant le tri de sorte que l'on puisse bien voir l'évolution des courbes serait indispensable afin de bien comprendre ce qu'il se passe actuellement pouvant en plus servir aux économistes du futur si du moins il existe encore une économie dans le futur ou déjà même s'il subsiste encore notre humanité car c'est mal barré.

En plus vous n'auriez pas besoin des commentaires des uns et des autres qui mis en perspective avec la destruction de la planète commencent surtout à générer un profond dégout envers tout ces gens paramétrés à se tromper au final.

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