Le chômage en Europe au plus bas depuis l'an 2000

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Le taux de chômage dans la zone euro est resté inchangé à 7,5% en juillet, conformement aux attentes, montrent les chiffres publiés vendredi par Eurostat.
Le taux de chômage dans la zone euro est resté inchangé à 7,5% en juillet, conformement aux attentes, montrent les chiffres publiés vendredi par Eurostat. (Crédits : Ralph Orlowski)
Le taux de chômage est resté stable à 6,3% au mois de juillet dans l'Union européenne. S'il a atteint son plus bas niveau depuis 19 ans, cette stabilisation illustre un net ralentissement de l'économie du Vieux continent après plusieurs mois consécutifs de baisse du chômage.

L'embellie se maintient pour le marché de l'emploi européen. Selon les derniers chiffres communiqués par le service de statistiques Eurostat ce vendredi 30 août, le taux de chômage sur le Vieux continent s'est établi à 6,3% en moyenne au sens du Bureau international du travail (BIT) en juillet dernier. Il est resté stable par rapport au mois de juin et en diminution par rapport à juillet 2018 (6,8%). C'est le niveau le plus faible enregistré depuis le début de la mise en place de la série sur le chômage en 2000.

Du côté de la zone euro (19 États-membres), le taux de chômage corrigé des variations saisonnières s'est établi à 7,5% au même niveau qu'en juin. Les statisticiens de la Commission européenne évaluent que 15,6 millions de personnes étaient au chômage en juillet sur l'ensemble du continent. Malgré le ralentissement de l'économie dans la zone monétaire et la multiplication des craintes de récession des deux côtés de l'Atlantique, le taux de chômage se porte bien. Plusieurs signaux comme la stabilisation de la baisse depuis mai dernier marque néanmoins un coup de frein des créations d'emplois.

Outre le chômage, la Commission européenne a maintenu ses prévisions de croissance pour 2019 et 2020 à 1,4% et 1,6% mais en net retrait par rapport à 2018 (1,9% et 2%). L'économie allemande s'est contractée au deuxième trimestre en raison d'une chute des exportations, conséquence de la dégradation de la demande étrangère et de la montée des barrières douanières, montrent les statistiques publiées en début de semaine. Le produit intérieur brut (PIB) de la première économie européenne a reculé de 0,1% après une croissance de 0,4% sur les trois premiers mois de l'année, a précisé Destatis, l'institut fédéral de la statistique.

Des disparités toujours criantes depuis la crise financière

Plus de dix ans après la crise financière, les disparités sur le front du chômage sont encore criantes à l'échelle de l'Union européenne à 28. Parmi les États intégrés à l'UE, la République Tchèque affiche le ratio le plus faible (2,1%). Elle est suivie de l'Allemagne (3%) et de la Pologne.

À l'opposé, la Grèce connaît encore un chômage spectaculaire à 17,2% après des années de marasme économique et d'austérité budgétaire. Elle est suivie de l'Espagne (13,9%) et de l'Italie (9,9%). La France arrive en quatrième position des pays qui enregistrent les plus mauvais chiffres. En Italie, le taux de chômage a augmenté de 0,1 point en juillet pour atteindre 9,9% selon les chiffres diffusés par l'institut Istat ce vendredi.

Le contraste entre l'Europe du Sud et le Nord de l'Europe demeure particulièrement marqué. Le taux de chômage, même s'il demeure un indicateur relativement fiable pour faire des comparaisons entre les pays et dans le temps, ne permet pas de mesurer la qualité des emplois pourvus. La multiplication des contrats courts ou des contrats "zéro heures" comme en Allemagne ou au Royaume-Uni favorise la précarisation de l'emploi et la polarisation du marché du travail dans ces pays.

Sur un an, le chômage a diminué dans une grande majorité de pays (25) alors qu'il a augmenté au Luxembourg (5,6% à 5,7%) en Lituanie (de 6,1% à 6,4%) et en Suède (de 6,3% à 6,8%). L'office de statistiques note que "les baisses les plus marquées ont été observées en Grèce (de 19,4% à 17,2% entre mai 2018 et mai 2019), en Croatie (de 8,4% à 7,1%), à Chypre (de 8,3% à 7,0%)".

Persistance du chômage des jeunes

En dépit de cette baisse, le chômage des jeunes demeure un point noir de l'économie européenne. En juillet dernier, 3,2 millions de jeunes au chômage ont été recensés par les services de statistiques de la Commission européenne. Au total, le taux de chômage pour les jeunes s'est établi à 14,3% dans l'Union européenne à 28. Là encore, des écarts frappants subsistent entre les différents États. Les taux les plus bas ont été enregistrés en Allemagne (5,6%, aux Pays-Bas (6,7%) ou en République Tchèque. À l'inverse, le taux de chômage culmine à près de 40% (39,6% au premier trimestre 2019) pour les jeunes Grecs, 32,1% en Espagne et 28,9% en Italie. Dans ce dernier pays, le chômage des jeunes est particulièrement endémique et cela ne devrait pas s'arranger: la troisième économie de la zone euro se porte mal. De fait, après une "récession technique" au second semestre 2018 (recul de 0,1% sur les deux trimestres), l'Italie a connu une croissance nulle de son Produit intérieur brut (PIB) sur les six premiers mois de 2019.

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Commentaires
a écrit le 02/09/2019 à 17:10 :
La précarité au plus haut depuis 2000
a écrit le 02/09/2019 à 8:53 :
Baisse du chômage ?
Normal les chômeurs sont «  harcelés et priés » de prendre n’importe quel contrat précaire et mal payé ( c’est ce qu’ils font ) pour éviter l’harcèlement social et administratif

Pendant ce temps , l’état lèche les bottes du «  patronat »....

Un patronat «  incapable » d’utiliser l’IA pour proposer des CDI aux populations en adéquation avec leur besoin et leurs exigences revus à la baisse , un niveau bac est largement suffisant pour proposer un poste , le reste c’est de la motivation et de la persévérance pour les candidats

Un CDI bien payé est motivant...

Même ça «  les syndicats » sont incapables de demander au Patronat...
a écrit le 31/08/2019 à 14:46 :
Vous voudrez bien comparer la courbe du chômage avec celles du travail précaire, des "auto-entrepreneurs" et du travail à temps partiel. "En route pour la précarité", c'est la nouvelle devise de nos gouvernants.
a écrit le 31/08/2019 à 10:32 :
Dumping social oblige mais on commence tout juste à en ressentir les effets pervers, dont le manque de pouvoir d'achat, qui vont faire tomber l'UERSS, empire prévu pour durer mille ans pourtant.
a écrit le 31/08/2019 à 9:05 :
La France 4 sur 27 avec ça on a raison d'expliquer que notre modèle est le meilleur !

Le nombre de jeune qui ont bien compris la combine du chômage est flagrant, la saison ou +- 6 mois de boulot et après le 'chomdu' pour rester peinnard avec les aides ou/
et bosser au black ! Le plus important c'est qu'ils ne soient pas dans les stats !
a écrit le 30/08/2019 à 21:04 :
Chômage ou dessert ?
a écrit le 30/08/2019 à 19:12 :
Grâce aux contrats zéro heures et autres astuces ils n'y a plus de chômeurs.
Ils n'y a plus que des travailleurs qui ne travaillent pas.
On a bien avancé.
Réponse de le 31/08/2019 à 16:24 :
C'est un mythe.
Les contrats zéro heure représentent moins de 4% de l'emploi total au Royaume-Uni et représentent l'équivalent du CDD français avant tout ...
Les temps partiels subis sont aussi un mythe. Les enquêtes, car oui on connaît les statistiques de temps partiels subis, sont inférieurs à 40% en Allemagne et au Royaume-Uni, là on en France c'est tout l'inverse.

La qualité de l'emploi est là, le taux d'emploi en équivalent temps plein est à un niveau record.
a écrit le 30/08/2019 à 18:48 :
et notre super président, que fait-il hormis brasser du vent? deux ans et demi et quatre ans de ministre ou dans le genre avec hollande? 8.5%, 4e plus mauvais chiffre européen.
Réponse de le 30/08/2019 à 20:26 :
Justement, regardez à combien était le chômage lorsqu'il devient ministre de l'écoomie...et à combien il est maintenant. Comparez l'évolution de la courbe avant son arrivée aux affaires, et après. CQFD, vous auriez mieux fait de ne rien dire je pense.

Et 8,2 en France métropolitaine...l'objectif de 7% en 2022 est parfaitement atteignable, voire dépassable. Mais je suis sûr que vous trouverez à redire. Et si on évoquait les solutions pour avoir moins de 5% de chômage, vous pousseriez probablement des cris d'orfraie. :-)
Réponse de le 31/08/2019 à 10:04 :
le problème est le halo du chômage et le comptage des chômeurs :
si vous avez travaillé une heure la semaine passée vous êtes décompté des chômeurs, sachant que le travail est de + en + sur de courtes (voir de très courtes périodes), nombres de chômeurs ne sont pas comptés, ainsi que le nombre de personnes qui ne sont plus inscrites car elles ont baissé les bras (voir le taux employabilité), d'ailleurs celui ci s'est effondré.
à ce jour le décomptage du nombre de chômeurs est trompeur car il a été créé dans une société de contrat CDI, alors qu'en ce moment les contrats courts sont en pleine expansion...
lire, seulement le nombre de chômeurs ne suffit plus, il faut prendre en compte ce qui est appelé le halo du chômage, le taux d'employabilité et bien d'autres sources pour connaitre un aperçu plus réel de la situation.
Aussi, ceux qui se gaussent de ce seul paramètre ne le font qu'à partir de partis pris et de défense d'une politique politicienne de bas étage.....
Réponse de le 02/09/2019 à 16:13 :
@markhno : le taux d'emploi à temps plein en France est au plus haut depuis des décennies. En fait, il n'a jamais été aussi haut depuis que cet indice existe.

De plus, le 'ombre de temps partiels subis diminue en France. En Allemagne et au Royaume-Uni, il est d'ailleurs très bas.

Pour ce que st de la définition du chômage au sens du Bit, bien au contraire, les cdds font augmenter le nombre de chômeurs. Si vous avez travaillé la semaine précédente, vous êtes décomptés. Mais les CDD favorisent au contraire les périodes de trous d'une ou deux semaines entre des contrats de quelques mois. Donc les CDD font augmenter le chômage. C'est aussi le cas à pôle emploi où des centaines de milliers de chômeurs travaillent - parfois à temps plein - en restant inscrits car ils sont en CDD.

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