Les "territoires d'industrie" prennent du retard

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(Crédits : Benoit Tessier)
Huit mois après les annonces d'Édouard Philippe en faveur des territoires d'industrie, les projets de développement industriel tardent à voir le jour. Lors d'une rencontre organisée au commissariat général à l'égalité des territoires mercredi 12 juin, plusieurs représentants de l'industrie en région ont fait part de difficultés concernant des territoires en manque d'accompagnement technique et juridique, notamment pour constituer les dossiers.

Suppressions d'emplois chez General Electric à Belfort, arrêt de l'usine Ford à Blanquefort, échec de la fusion entre Alstom et Siemens, fermeture de la papeterie Arjowiggins, menaces sur l'aciérie Ascoval dans le Nord. Ces derniers mois, le gouvernement a dû faire face à de multiples dossiers brûlants en pleine crise des "Gilets jaunes". Le ministre de l'Économie, Bruno Le Maire, est plusieurs fois intervenu pour tenter de limiter la casse mais les racines de tous ces déboires sont bien plus profondes.

Face à ces défis, le Premier ministre avait lancé le programme des territoires d'industrie sous la coupole du Grand Palais en novembre 2018, à la veille d'une crise sociale sans précédent. Huit mois après ces annonces, certaines difficultés sont toujours bien présentes. Lors d'une rencontre organisée au commissariat général à l'égalité des territoires (CGET) mercredi 12 juin, plusieurs membres de l'assemblée des communautés de France (ADCF), de l'association des régions de France, la délégation aux territoires d'industrie et des représentants de l'industrie française ont fait le point sur cette initiative lancée par le gouvernement.

Le président de France industrie, Philippe Varin, a expliqué que « aujourd'hui, nous avons 2,5 millions de personnes sans emploi en France et parallèlement, plus de 50% des chefs d'entreprise ont du mal à recruter. Il nous faut travailler sur l'adéquation des compétences et l'appétence la facilité ».

Si l'emploi dans l'industrie repart timidement, le tissu productif hexagonal a subi des décennies de désindustrialisation massive.

Lire aussi : "L'industrie, ce sont des emplois situés à 70% dans les territoires en dehors des grandes villes"

Besoin d'accompagnement

Les territoires concernés par cette initiative ne sont pas logés à la même enseigne. Lors de cette rencontre, Bruno Bergoend, président Midi-Pyrénées-Occitanie de l'Union des industries et métiers de la métallurgie (UIIM), a expliqué par exemple que « l'Occitanie est une région industrielle avec 250.000 salariés. Le problème est que cette industrie est mal répartie au sein de cette région. L'intérêt de ce label des territoires d'industrie est de mettre un zoom sur ces zones. Nous avons 10 territoires dans cette région. Après plusieurs réunions, les dossiers les plus avancés concernent des territoires qui étaient déjà bien avancés. En revanche, il y a parfois un territoire qui peut être partagé sur plusieurs régions. Ce qui peut augmenter les difficultés dans les démarches. »

De son côté, la secrétaire d'État, Agnès Pannier Runacher, a indiqué « qu'il y a un besoin fondamental d'ingénierie. Collectivement, il n'y a pas tant de ressources au niveau juridique ou technique. Tous les territoires n'ont pas les ressources pour piloter ce type de projet, notamment sur la question des autorisations administratives. »

Outre le manque ou même parfois l'absence d'accompagnement, la membre de l'exécutif a rappelé que si plusieurs dizaines de millions de crédits étaient disponibles, « aucune entreprise n'a encore pu bénéficier de ce dispositif. Toutes les démarches prennent du temps ».

Un pacte productif 2025

La responsable du gouvernement a déclaré que des décisions allaient être prises dans le cadre du pacte productif 2025. Elle a notamment rappelé certains enjeux qui devraient faire l'objet de concertation.

« On est dans une transformation massive de notre appareil de production. C'est une demande des citoyens et d'une bonne partie des consommateurs. Une mission sur la facilitation administrative, qui doit travailler sur les impôts de production, doit être mise en place. Il s'agit de mettre en cohérence une trajectoire de transition écologique et un accompagnement pour les entreprises. »

En parallèle, les organisateurs ont annoncé la création d'un observatoire des territoires d'industrie le 4 juillet prochain. Des groupes de travail menés par les régions de France et l'ACDF devraient également plancher sur plusieurs thèmes, tels que la simplification administrative, les compétences et les enjeux de recrutement, et enfin le foncier économique et la revitalisation des friches industrielles.

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Commentaires
a écrit le 14/06/2019 à 17:45 :
Plus l'état s'occupe de tout, plus nous sommes garantis de courir à la faillite
a écrit le 13/06/2019 à 13:45 :
eh oui, toujours ces chers ponctionnaires qui bloquent tout !!!! il ne sont jamais assez gavés et donc ils pleurent !!
a écrit le 13/06/2019 à 11:47 :
NOS PATRONS ET NOS HOMMES POLITIQUE SONT A COTE DE LA PLAQUE / DANS CE MONDE EN MUTATION les déplacements des ouvriers doivent etre aussi pense pour qu ils trouvent de quoi se loge et vivre a cote des usines ou entreprises: CELA FAIT PARTIE DU TRAVAIL DE CEUX QUI AMENAGE LES TERRITOIRES???
a écrit le 13/06/2019 à 11:47 :
NOS PATRONS ET NOS HOMMES POLITIQUE SONT A COTE DE LA PLAQUE / DANS CE MONDE EN MUTATION les déplacements des ouvriers doivent etre aussi pense pour qu ils trouvent de quoi se loge et vivre a cote des usines ou entreprises: CELA FAIT PARTIE DU TRAVAIL DE CEUX QUI AMENAGE LES TERRITOIRES???
a écrit le 13/06/2019 à 11:32 :
Oui il faut continuer à croire dans l'indutrie moderne, dans la robotisation dans l'usine 4.0 et dans le developpement d'un "tout numerique dans les entités industrielles". Oui même si c'est une conjoncture très difficile pour General Electric, pour Ford à Blanquefort, Whirpool à Amiens ou Ascoval à Saint Saulve, oui il faut continuer à developper les "territoires industriels" et à developper l'industrie en France. Dans la mesure ou il faut adapter notre système economique et technologique à la transition énergétique et au respect des critères environnementaux, l'industrie doit se doter de moyens "bas carbone" en terme d'énergie rejeté dans l'atmosphère, dans un système de recyclage efficient et vertueux. Oui je pense que l'industrie peut s'adapter dans le contexte de la mondialisation à "plus de technologie verte". La centrale de Fessenheim va fermer definitivement et la part du nucléaire dans le mix energétique français devra se réduire à 50% ce qui est possible pour 2035 ! Oui à une industrie 4.0 adaptée à la mondialisation et aux flux mondiaux. Oui a la "tout numerisation et robotisation des usines et les techniciens ingénieurs qui les feront tourner". La vie des usines en France et en Europe n'est pas un long fleuve tranquille qui ne connait pas de vivicitudes mais une adaptation permanente aux contraintes industrielles et aux variations du marché. Général Electric n'est pas au seuil de la faillite industrielle et peut s'adapter à un marché aéronautique en plein boom. Ascoval peut être repris par un autre acieriste. Pour Ford c'est une situation mêlé de politique et l'erreur de ford c'est de ne pas avoir developper des modèles de voitures electriques. Oui on peut adpater le metier des ingénieurs et des industriels à un monde plus numerique, plus robotiser ou l'intelligence artificielle a sa large part !!!! Vive l'industrie 4.0 !!!
Réponse de le 13/06/2019 à 22:55 :
Ca c'est du ouiouisme !
Pour etre 4.0 il va falloir acheter beaucoup de technos anglo saxonnes
a écrit le 13/06/2019 à 10:07 :
"transformation massive" le mot magique de LREM. Mais la magie et les incitations de type bonus-malus ne suffisent pas. Toutes les couches administratives et le découpage des compétences a complètement dilué la responsabilité des hauts fonctionnaires et des élus. Toute action industrielle ou de construction est interdite avant qu'elle ne soit autorisée : qui a compétence pour autoriser et quels experts pour monter les dossiers de plus en plus complexes pour garantir à priori l'irresponsabilité de l'Etat en cas de sinistre? Principe de précaution oblige! Principe de responsabilité désoblige!
a écrit le 13/06/2019 à 9:56 :
Toute initiative publique en France se transforme en éternel desastre.
Le carcan administratif fait de la France le pays de la loose.
a écrit le 13/06/2019 à 8:32 :
Pas facile d'investir avec des comptables au pouvoir économique et politique qui vous disent qu'il faut pas dépenser le pognon bêtement qu'il faut le placer dans le paradis fiscal que c'est l'investissement le plus sûr.
a écrit le 13/06/2019 à 8:22 :
Manque de capacité d'animation et d'accompagnement : eh oui, une les CCI mises à bas ...

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