En pleine colère agricole, l'UE maintient la levée des droits de douane pour les importations ukrainiennes
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Les agriculteurs européens regrettent que les produits ukrainiens ne soit pas soumis aux règles de l'UE.
Reuters
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Les agriculteurs européens regrettent que les produits ukrainiens ne soit pas soumis aux règles de l'UE.
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L'Union européenne a tranché en faveur de Kiev. Ce mercredi, les Etats membres de l'UE ont approuvé la reconduction, à partir de juin, de l'exemption des droits de douane pour les importations agricoles ukrainiennes, assorties de « mécanismes de sauvegarde » renforcés pour limiter leur impact, au cœur des récentes manifestations d'agriculteurs.
Le texte proposé par la Commission européenne fin janvier et validé par les ambassadeurs des Vingt-Sept ce mercredi prévoit « des mesures correctives » rapides en cas de « perturbations importantes » sur le marché, et pour trois produits (volaille, œufs, sucre) un « frein d'urgence » stabilisant les importations aux volumes moyens importés en 2022-2023, au-delà desquels des droits de douane seraient réimposés. Les eurodéputés doivent désormais se prononcer.
L'arsenal de restrictions restera supervisé par Bruxelles, à rebours de l'embargo imposé unilatéralement courant 2023 par des Etats voisins de l'Ukraine au grand dam de la Commission, gendarme de la politique commerciale.
Cette nouvelle devrait donc être bénéfique pour l'économie ukrainienne mais ne devrait pas calmer la colère des agriculteurs européens, au contraire. Depuis novembre dernier, les agriculteurs polonais bloquent régulièrement plusieurs points de passage de la frontière avec l'Ukraine pour protester contre la concurrence de leur voisin qui
pèse sur leurs revenus et qu'ils trouvent injuste, l'Ukraine n'étant pas soumise aux règles de l'UE, notamment en matière de bien-être animal.
La Pologne compte pourtant parmi les plus grands soutiens de l'Ukraine depuis l'agression russe contre ce pays, mais les frictions liées à l'interdiction unilatérale des importations de céréales par Varsovie ont entamé les relations entre les alliés.
La Pologne avait pris cette mesure sous le précédent gouvernement nationaliste, mais l'a maintenue après l'arrivée au pouvoir d'une nouvelle coalition pro-UE en octobre.
Ces derniers jours, les tensions sont encore montées d'un cran. Les agriculteurs polonais bloquent de nombreux camions de marchandises ukrainiennes à la frontière polonaise. Le 11 février, c
es derniers ont arrêté un camion transportant des céréales ukrainiennes alors qu'il traversait la frontière puis ont déversé sa cargaison.
De leur côté, les autorités à Varsovie ont évoqué la possibilité d'imposer de nouvelles interdictions d'importation de produits agricoles ukrainiens pour protéger les agriculteurs.
Le ministre polonais de l'Agriculture, Czeslaw Siekierski, a en effet déclaré le 8 février à la radio publique nationale que des interdictions
« totales »d'importations pourraient être nécessaires pour de nouveaux groupes de produits.
« Cela pourrait être nécessaire pour le sucre, si son afflux est trop important, pour la volaille »,a-t-il estimé, ajoutant que le gouvernement avait l'intention de soulever la question lors de discussions avec Kiev.
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les volailles en provenance d'Ukraine affluent en France depuis que l'Union européenne a, en mai 2022, suspendu les droits de douane avec l'Ukraine en soutien à l'économie du pays, sur la base de l'accord de libre-échange signé en 2014. Officiellement, les importations de viandes de volailles ukrainiennes ont ainsi bondi de 74% au premier semestre 2023 sur un an, tout en restant négligeables, rapportées au total des importations. Elles représentaient en effet 8,1 millions d'euros sur cette période, soit moins de 1% des importations totales de viandes de volailles en France (1 milliard), selon les douanes françaises.
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Comme le rappelait déjà La Tribune en 2022, l'écart entre l'Ukraine et la France tient aux modèles de production, radicalement opposés. Lorsqu'une exploitation hexagonale élève 40.000 volailles, son homologue ukrainienne - ou brésilienne, par exemple - compte 2 millions de têtes, expliquait à l'époque l'Anvol (interprofession volaille de chair). Normes sanitaires, modèle de production plus ou moins industriel, coût de la main-d'œuvre, flambée des prix de l'énergie... A travers un cocktail de facteurs, la volaille française devient, de facto, moins compétitive. « À Rungis, le kilo de filet de poulet français s'achète 7 euros. Le kilo de filet de poulet ukrainien, environ 3 euros », a illustré Yann Nédélec ce mercredi. Cet écart conduit parfois le consommateur, qui ne prête pas attention aux étiquettes ou à la provenance de l'animal chez son volailler, à privilégier le moins cher, surtout dans un contexte d'inflation persistante.
(Avec AFP)
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