La France s'apprête à prendre les commandes du conseil de l'Union européenne (PFUE). Au premier janvier prochain, l'Hexagone aura la main sur l'agenda des grands chantiers bruxellois. Autant dire que la tâche s'annonce gigantesque pour le chef de l'Etat déjà bien occupé par l'aggravation de la situation sanitaire à l'approche de la campagne présidentielle. Emmanuel Macron aura notamment la lourde tâche de trouver des compromis sur des dossiers aussi brûlants que la relance, l'espace Schengen ou encore la transition énergétique.
Cela faisait treize ans que la France n'avait pas été à la tête de l'Europe. En 2008, la crise financière plongeait l'économie mondiale dans une profonde récession. L'onde de choc qui s'est propagée sur le Vieux continent avait considérablement fragilisé la zone euro au moment de la crise des dettes souveraines pendant plusieurs années. A l'époque, le président français Nicolas Sarkozy à la présidence du conseil de l'Union européenne tentait de chercher l'aide de la chancelière Angela Merkel sans vraiment de succès.
La première réunion de crise qui réunissait en octobre 2008 l'ancien président de la Banque centrale européenne (BCE), Jean-Claude Trichet, celui de la Commission européenne, José Manuel Barroso, et les principaux dirigeants pays européens dont le Britannique Gordon Brown, n'avait rien produit de concret. Depuis cette période tourmentée, l'horizon européen est loin d'être dégagé. La pandémie secoue toujours l'économie européenne près de deux ans après son apparition. Dans ce contexte sanitaire à nouveau dégradé par le variant Omicron, Emmanuel Macron a dévoilé ses grandes priorités pour l'Europe dans les six prochains mois au cours d'une conférence de presse ouverte aux questions des journalistes, un exercice inédit depuis le printemps 2019. A quatre mois du premier tour de l'élection présidentielle, l'agenda européen du président va se télescoper avec celui du candidat. Une vingtaine de conférences interministérielles seront organisées sur tout le territoire français.