Entre « point d'inflexion » et divergences, le bilan contrasté du sommet Chine-UE
Raphaël Melka

Le sommet Chine-UE à Pékin n’a pas donné lieu à des avancées majeures.
Yves Herman
Raphaël Melka

Le sommet Chine-UE à Pékin n’a pas donné lieu à des avancées majeures.
Yves Herman
Le 24 juillet 2025, l'Union européenne et la Chine se sont réunies à Pékin pour négocier, et au passage fêter 50 ans de relations diplomatiques. Mais pas de cadeau en vue. Bruxelles est venu avec une liste de griefs : déséquilibres commerciaux, pratiques industrielles agressives, rôle de la Chine dans la guerre en Ukraine... Pékin a surtout rassuré, sans lâcher de lest. Seul terrain d'entente : la lutte contre le changement climatique. Et un accord aux contours encore flous sur les terres rares.
Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, a donné le ton dès l'ouverture du sommet : « Nous sommes à un moment charnière. Il est essentiel que la Chine et l'Europe reconnaissent leurs préoccupations respectives et proposent des solutions concrètes », a-t-elle déclaré. L'objectif principal ? Remettre de l'équilibre dans une relation que l'UE juge asymétrique économiquement. L'UE accuse un déficit commercial record avec la Chine, de 305 milliards de dollars en 2024. Et elle s'inquiète de la multiplication des produits chinois subventionnés qui inondent le marché européen.
De son côté, la Chine se défend face à toute accusation. « Il n'existe pas de conflit d'intérêts fondamental entre la Chine et l'Europe », a affirmé Xi Jinping, le président chinois, qui a appelé à « renforcer la confiance mutuelle et approfondir la coopération ». Son Premier ministre, Li Qiang, a rejeté les accusations de dumping. « La Chine n'est pas aussi riche que l'Europe. Nous ne serions pas assez stupides pour utiliser les fonds publics accumulés par le gouvernement et le travail acharné de notre peuple pour vendre nos produits aux consommateurs étrangers », a-t-il déclaré. Mais aucune proposition concrète n'a été faite pour rééquilibrer la balance commerciale.
Parmi les rares avancées du sommet figure l'annonce de la mise en place d'un mécanisme sur les exportations de terres rares. « Nous avons convenu d'un mécanisme amélioré pour la chaîne d'approvisionnement. En cas de goulots d'étranglement, ce système pourra être activé immédiatement pour identifier et résoudre le problème », a expliqué Ursula von der Leyen en conférence de presse sans en dire davantage. Les détails de cet accord restent flous. Les terres rares sont indispensables à la transition énergétique et 90 % de leur raffinage mondial est effectué en Chine. Un accord pourrait aider l'UE à sécuriser ses approvisionnements.
Le conflit ukrainien a aussi été évoqué. Pékin affiche toujours son officielle neutralité, mais l'UE reste inquiète de son soutien officieux à Moscou. « La manière dont la Chine continue à interagir avec Vladimir Poutine sera un facteur déterminant de nos relations », a averti Ursula von der Leyen. Le président du Conseil européen, António Costa, a pour sa part appelé Pékin à « user de son influence sur la Russie » pour faire cesser la guerre.
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La Chine n'a pas répondu, mais elle s'est récemment inquiétée des récentes sanctions européennes contre deux banques rurales chinoises soupçonnées d'avoir facilité des transferts de technologies vers la Russie.
Dans le seul communiqué commun publié à l'issue du sommet, Bruxelles et Pékin se sont engagés à « accélérer une action rapide à grande échelle » contre le changement climatique. La Chine s'est dite prête à coopérer sur les énergies renouvelables, les technologies bas carbone, la gestion du méthane et les marchés carbones. Il s'agit avant tout d'une déclaration de principes, consensuelle, mais sans calendrier contraignant.
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Les principaux sujets de préoccupation de l'Europe (dumping, dépendance stratégique, guerre en Ukraine) ont été abordés. Mais les divergences demeurent... « Nous voulons une relation mutuellement bénéfique, mais cela suppose de la réciprocité », a résumé António Costa. Pékin maintient sa ligne ferme dans ses relations avec l'Europe. Le sommet du 24 juillet n'a pas modifié structurellement les relations entre l'UE et la Chine, même si Ursula von der Leyen a évoqué « un point d'inflexion ».
Prochaine échéance prévue pour le moment : la COP30, à Bélem au Brésil, en fin d'année, à laquelle les deux géants économiques ont prévu de se rendre.
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