Espagne : l'inflation est repartie à la baisse en novembre, à 3,2%

L'inflation a légèrement ralenti en Espagne à 3,2% en novembre sur un an, soit 0,3 point de moins qu'en octobre, selon une estimation provisoire. Le pays a profité d'une baisse des prix des carburants, ainsi que d'une évolution favorable des prix des denrées alimentaires.
Le ralentissement de novembre a été favorisé par la baisse des prix des carburants, mais aussi par une évolution favorable des prix des denrées alimentaires et des boissons non alcoolisées.
Le ralentissement de novembre a été favorisé par la baisse des prix des carburants, mais aussi par une évolution favorable des prix des denrées alimentaires et des boissons non alcoolisées. (Crédits : Max Rossi)

Le ralentissement de l'inflation se confirme progressivement en Espagne. La hausse générale des prix dans le pays de Cervantes a en effet reculé en novembre, à 3,2% sur un an, selon une estimation provisoire de l'Institut national des statistiques (INE) publiée ce mercredi. Soit 0,3 point de mois qu'en octobre et septembre, où elle avait été à un niveau identique.

C'est néanmoins bien au-dessus des 1,9% du mois de juin. L'évolution de novembre marque toutefois un plus bas depuis mars 2021. Celui-ci n'avait toutefois pas duré puisque, dès juillet, l'inflation avait rebondi à cause de la hausse des prix de l'énergie.

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Les carburants et l'alimentaire en baisse

Selon l'INE, le ralentissement de novembre a été favorisé par la baisse des prix des carburants, ainsi que par une évolution favorable des prix des denrées alimentaires et des boissons non-alcoolisées.

L'inflation sous-jacente, qui ne tient pas compte des prix de l'énergie et qui est corrigée des variations saisonnières, a pour sa part reculé de 0,7 point par rapport à octobre, à 4,5% en glissement annuel.

Grâce à cette évolution, « les salaires continuent de gagner en pouvoir d'achat et les entreprises espagnoles restent compétitives », a réagi sur X (ex-Twitter) la ministre de l'Économie, Nadia Calviño, saluant des « bonnes nouvelles ».

Bonne élève de la zone euro

L'indice des prix à la consommation harmonisé (IPCA), qui permet les comparaisons avec les autres pays de la zone euro, a reculé à 3,2%, soit 0,3 point de moins qu'en octobre. Si les chiffres de l'inflation de novembre n'ont pas encore été publiés par les autres pays - ils le seront entre ce mercredi et jeudi, cette semaine - l'Espagne faisait jusqu'à présent figure de bonne élève en octobre parmi les pays de la zone euro. L'indice de la France était en effet de 4,5% et celui de l'Allemagne de 3,8%. L'Italie s'en sortait mieux avec un indice à 1,9%.

« L'Espagne s'en sort mieux que ses voisins », malgré « l'incertitude » liée à la situation politique dans laquelle se trouve le pays, soulignait mi-octobre auprès de l'AFP José Villacis, professeur d'économie à l'université San Pablo CEU, qui mettait en avant notamment les « bons résultats » du secteur touristique.

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Le gouvernement espagnol a d'ailleurs annoncé le mois dernier revoir à la hausse sa prévision de croissance pour 2023. Il l'estime désormais à 2,4%, contre 2,1% précédemment, grâce au « dynamisme » de l'activité ces derniers mois dans le pays, malgré un contexte international compliqué, marqué par le conflit au Proche-Orient. Le Fonds monétaire international (FMI) table même sur une hausse du produit intérieur brut (PIB) espagnol de 2,5% pour cette année. Le gouvernement du Premier ministre Pedro Sánchez a, en revanche, abaissé de 0,4 point son hypothèse de croissance pour l'an prochain, à 2%. La Banque d'Espagne, pour sa part, prévoit une croissance de 2,3% à 2,5% cette année et de 1,8% en 2024.

Pas de quoi baisser la garde

Si l'inflation ressort en baisse aussi dans les autres pays en novembre, cela renforcera la possibilité qu'elle reflue encore en zone euro. Elle avait en effet fortement reculé en octobre par rapport à septembre, passant de 4,3% à 2,9%. Une baisse qui laissait à penser que la stratégie de resserrement monétaire entamée par la Banque centrale européenne à l'été 2022 pour justement baisser l'inflation, qui s'est concrétisée par dix hausses consécutives de ses taux puis une pause en octobre, porte ses fruits.

Mais comme l'a rappelé la présidente de la Banque centrale européenne, Christine Lagarde, lundi : « Ce n'est pas le moment de commencer à déclarer victoire », a-t-elle lancé.

« Nous devons rester attentifs aux différentes forces affectant l'inflation et fermement concentrés sur notre mandat de stabilité des prix », a-t-elle ajouté.

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Car si la pression sur les prix se desserre, la croissance des salaires reste toutefois élevée et les perspectives très incertaines, notamment concernant l'évolution de la situation au Proche-Orient. Le conflit opposant Israël et le Hamas pourrait « entraîner des chocs liés à l'offre d'énergie », avec « des conséquences négatives à la fois sur la croissance et sur l'inflation à l'échelle mondiale ». Il est donc entre trop tôt aux yeux de la BCE pour songer à un changement de cap dans sa politique, bien que les avis divergent à ce sujet.

(Avec AFP)

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Commentaire 1
à écrit le 29/11/2023 à 14:50
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[...selon une estimation provisoire...] blablabla, pour l'instant, circulez y a rien à voir👮‍♂️👉

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