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ÉconomieUnion européenne

Nouvelle hausse ou baisse des taux ? Les membres de la BCE en total désaccord

latribune.fr

Publié le 17 novembre 2023 à 18:08 - Mis à jour le 17 novembre 2023 à 18:19

Photo du president de la bundesbank joachim nagel

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Le gouverneur de la banque centrale allemande a estimé ce vendredi que les taux d'intérêt ne devraient pas être abaissés « trop tôt » quand son homologue autrichien laisse entendre qu’une nouvelle hausse des taux n’est pas exclue. Des positions à l’opposé de celle du gouverneur de la Banque de France.

La Banque centrale européenne est plus divisée que jamais. Alors que la BCE a marqué une pause dans sa série de hausses des taux en octobre après les avoir fait passer de 0% au printemps 2022 à 4%-4,75% en septembre 2023, l'incertitude règne sur les futures décisions de l'Institution de Francfort.

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Alors que le gouverneur de la Banque de France, a affirmé, le 9 novembre que « nous sommes en train de gagner la bataille contre l'inflation et sauf surprise, sauf choc, la hausse de nos taux directeurs, c'est fini », la question d'une baisse des taux à venir commence à émerger. Mais, ce vendredi, le président de la Bundesbank Joachim Nagel, a tenu à calmer le jeu.

Il a prévenu que «il ne serait pas judicieux de commencer à réduire les taux d'intérêt trop tôt».

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Pour le banquier central allemand, il s'agit d'être « patient et maintenir le cap pour récolter les fruits du resserrement en termes de désinflation (...) (ces taux) devront donc rester à un niveau élevé pendant une période suffisante ». Un point de vue tranché, et qui pourrait influencer les décisions prochaines de l'Institution de Francfort étant donné que Joachim Nagel est à la tête de la politique monétaire de la première économie européenne.

La lutte contre l'inflation pas encore gagnée

D'autant que son point de vu est partagé par la présidente de la Banque centrale européenne. La hausse des prix en zone euro s'est établie à 2,9% sur un an en octobre, presque au niveau cible de 2% et surtout bien loin du pic supérieur à 10% observé à la même période l'an dernier.

Néanmoins, la bataille n'est pas encore gagnée. Une bonne partie de la baisse sensible du taux d'inflation ces derniers mois est liée à un reflux des prix de l'énergie, qui s'explique par un « effet de base » en comparaison aux fortes hausses enregistrées en octobre 2022, a ainsi expliqué Christine Lagarde lors d'un entretien télévisé avec le Financial Times. Ces effets ne vont plus se reproduire dans les mois qui viennent, aussi il faudra « vraiment surveiller le prix de l'énergie à l'avenir », a-t-elle souligné. Ainsi, la présidente de la BCE Christine Lagarde a estimé il y a une semaine qu'une baisse des taux « n'est pas quelque chose qui se passera dans les prochains trimestres ».

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Des taux maintenus hautsne«signifie pas nécessairement provoquer une récession»

Le banquier allemand s'affiche, ce vendredi, en défenseur d'une politique monétaire restrictive, car ils ne craignent pas les potentiels effets secondaires négatifs sur l'économie. Pourtant, en augmentant les taux, la BCE a sérieusement augmenté le coût de l'endettement et ralenti l'activité économique dans la zone euro. Joachim Nagel s'est néanmoins montré confiant sur le fait qu'avoir des taux élevés, dans le but de freiner la demande et calmer la pression sur les prix, ne « signifie pas nécessairement provoquer une récession ».

La zone euro évitera selon lui un « atterrissage brutal » de l'économie, grâce à des marchés du travail stables robustes, des niveaux d'endettement favorables des entreprises et des ménages et une forte activité d'investissement.

De nouvelles hausses de taux pas exclus par certains banquiers

D'autres responsables de la politique monétaires se placent même en opposition directe à François Villeroy de Galhau.

Le banquier central autrichien Robert Holzmann a notamment affirmé que le deuxième trimestre était tout simplement trop tôt pour une baisse des taux. « Nous essayons de communiquer (aux marchés) : s'il vous plaît, ne croyez pas que c'est la fin de l'histoire (sur la fin des hausses de taux) », a déclaré Holzmann aux journalistes lors d'un point de presse. Lorsqu'on lui a demandé s'il excluait une baisse des taux d'intérêt au deuxième trimestre de l'année prochaine, il a répondu : « Ce serait un peu tôt ».

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Idem, Isabel Schnabel, membre du directoire de la BCE et compatriote de Joachim Nagel, a même demandé la semaine passée de ne pas « fermer la porte à une nouvelle hausse » des taux d'intérêt sur le chemin potentiellement instable pour ramener l'inflation à 2%. Le président de la Banque centrale belge, Pierre Wunsch, a de son côté affirmé qu'au lieu d'assouplir sa politique, la BCE devrait la resserrer davantage, en mettant fin plus tôt à ses achats d'obligations dans le cadre du programme d'achat d'urgence en cas de pandémie de 1 700 milliards d'euros.

(Avec agences)

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