Habillement : la contrefaçon coûte 26 milliards d'euros par an à l'Europe

Mégane Chiecchi

Mégane Chiecchi
Bête noire de l'industrie du luxe, la contrefaçon a encore des beaux jours devant elle. Selon l'OHMI, elle coûterait 43,3 milliards du chiffre d'affaires des entreprises légitimes de l'Union Européenne.
Réalisée dans le secteur de l'habillement, l'enquête montre que les faux vêtements, chaussures et accessoires font perdre à cette industrie indirectement 518 000 emplois (si l'on prend en compte les pertes qui touchent aussi les fournisseurs) et 363.000 emplois directs. A partir du moment où les entreprises vendent moins, logiquement, elles emploient moins.
Les coûts générés par la contrefaçon sont multiples, ils touchent à la fois l'industrie et les gouvernements. Dans son rapport, l'OHMI pointe ainsi le manque à gagner dans les recettes publiques :
Si l'Italie est le pays le plus touché par la contrefaçon, la France, elle, subit 3,5 milliards d'euros de pertes annuelles. Un manque qui touche les producteurs, les détaillants et les distributeurs. Selon l'OHMI, l'activité illicite engendre la perte de 25.000 emplois directs au sein de l'Hexagone et 36.000 si on tient compte des activités annexes.
Comme le montre ce tableau statistique de l'OHMI, tous les pays d'Europe ne sont pas impactés à la même échelle :
En tout, 10% des ventes de vêtements, de chaussures et d'accessoires correspondent à de la contrefaçon au sein de l'Union Européenne. Le secteur de l'habillement, lui, emploie au total 3,8 millions de personnes au sein de la zone euro. En 2012, la consommation des produits vestimentaires s'élevait à 275 milliards d'euros dans l'Union, soit 540 euros par habitant.
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Selon l'OHMI, les deux tiers des faux produits en circulation au sein de l'Union Européenne proviennent de la Chine, qui remporte le titre du plus gros producteur mondial de contrefaçons. Dans un précédent rapport, Europol soulignait la responsabilité du pays asiatique :
Dans les 18 prochains mois, l'OHMI devrait publier de nouvelles études sur les effets de la contrefaçon en Europe, mais dans d'autres secteurs. Après avoir démontré les conséquences de l'activité illicite pour les cosmétiques en mars 2015, l'agence devrait s'attaquer à la joaillerie, la maroquinerie, les jeux, les médicaments, les ordinateurs, le tabac, ou encore les boissons alcoolisées.
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Selon l'OHMI, 39% de l'activité économique totale de l'UE est générée par des secteurs où le droit de la propriété intellectuelle (DPI) joue un rôle majeur. Sa protection est donc primordiale, d'autant que 26% des emplois de l'Union Européenne proviennent de ce type d'industries, dîtes "à forte densité DPI".
Mégane Chiecchi