Habillement : la contrefaçon coûte 26 milliards d'euros par an à l'Europe

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Les pertes annuelles liées à la contrefaçon ne sont pas équivalentes pour tous les pays de l'Union Européenne. Elles correspondent à 4,5 milliards d'euros pour l'Italie contre 3,5 milliards pour la France selon l'Office pour l'Harmonisation dans le Marché Intérieur.
Les pertes annuelles liées à la contrefaçon ne sont pas équivalentes pour tous les pays de l'Union Européenne. Elles correspondent à 4,5 milliards d'euros pour l'Italie contre 3,5 milliards pour la France selon l'Office pour l'Harmonisation dans le Marché Intérieur. (Crédits : © Alessandro Bianchi / Reuters)
363.000 emplois directs seraient menacés par la contrefaçon, selon une étude de l’Office pour l’Harmonisation dans le Marché Intérieur (OHMI), dont 25 000 en France.

Bête noire de l'industrie du luxe, la contrefaçon a encore des beaux jours devant elle. Selon l'OHMI, elle coûterait 43,3 milliards du chiffre d'affaires des entreprises légitimes de l'Union Européenne.

Réalisée dans le secteur de l'habillement, l'enquête montre que les faux vêtements, chaussures et accessoires font perdre à cette industrie indirectement 518 000 emplois (si l'on prend en compte les pertes qui touchent aussi les fournisseurs) et 363.000 emplois directs. A partir du moment où les entreprises vendent moins, logiquement, elles emploient moins.

Les coûts générés par la contrefaçon sont multiples, ils touchent à la fois l'industrie et les gouvernements. Dans son rapport, l'OHMI pointe ainsi le manque à gagner dans les recettes publiques :

"Les producteurs et vendeurs de contrefaçon ne payant pas de taxes, de contributions sociales ou même de TVA, plus de 8,1 milliards d'euros de recettes publiques échappent à l'Union Européenne."

3,5 milliards de pertes d'euros pour l'économie française

Si l'Italie est le pays le plus touché par la contrefaçon, la France, elle, subit 3,5 milliards d'euros de pertes annuelles. Un manque qui touche les producteurs, les détaillants et les distributeurs. Selon l'OHMI, l'activité illicite engendre la perte de 25.000 emplois directs au sein de l'Hexagone et 36.000 si on tient compte des activités annexes.

Comme le montre ce tableau statistique de l'OHMI, tous les pays d'Europe ne sont pas impactés à la même échelle :

Statistiques contrefaçon

En tout, 10% des ventes de vêtements, de chaussures et d'accessoires correspondent à de la contrefaçon au sein de l'Union Européenne. Le secteur de l'habillement, lui, emploie au total 3,8 millions de personnes au sein de la zone euro. En 2012, la consommation des produits vestimentaires s'élevait à 275 milliards d'euros dans l'Union, soit 540 euros par habitant.

Responsable n°1 : la Chine

Selon l'OHMI, les deux tiers des faux produits en circulation au sein de l'Union Européenne proviennent de la Chine, qui remporte le titre du plus gros producteur mondial de contrefaçons. Dans un précédent rapport, Europol soulignait la responsabilité du pays asiatique :

"Très souvent, les produits qui viennent d'Asie sont assemblés dans les mêmes usines chinoises qui travaillent pour des entreprises de luxe la journée. Bien souvent, les similarités entre l'original et la contrefaçon sont impressionnantes car les faussaires ont accès aux mêmes méthodes et matériaux qui sont utilisés pour créer les originaux."

En mai dernier, le groupe français de luxe Kering attaquait d'ailleurs le site de e-commerce Alibaba, lui reprochant de faciliter et d'encourager la vente de faux.

Une lutte stratégique pour le respect de la propriété intellectuelle

Dans les 18 prochains mois, l'OHMI devrait publier de nouvelles études sur les effets de la contrefaçon en Europe, mais dans d'autres secteurs. Après avoir démontré les conséquences de l'activité illicite pour les cosmétiques en mars 2015, l'agence devrait s'attaquer à la joaillerie, la maroquinerie, les jeux, les médicaments, les ordinateurs, le tabac, ou encore les boissons alcoolisées.

Selon l'OHMI, 39% de l'activité économique totale de l'UE est générée par des secteurs où le droit de la propriété intellectuelle (DPI) joue un rôle majeur. Sa protection est donc primordiale, d'autant que 26% des emplois de l'Union Européenne proviennent de ce type d'industries, dîtes "à forte densité DPI".

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Commentaires
a écrit le 24/07/2015 à 21:24 :
La réponse au problème est dans l'article: "Très souvent, les produits qui viennent d'Asie sont assemblés dans les mêmes usines chinoises qui travaillent pour des entreprises de luxe la journée...".
Avant de vous plaindre, marques de luxe, voyez donc ce problème!
a écrit le 23/07/2015 à 20:21 :
Depuis le temps, si les gouvernements successifs avaient voulu traiter ce dossier, la contrefaçon ne seraient pas aussi florissante. Ils préfèrent laisser cette économie souterraine perdurer parce qu'ils n'ont pas de solution pour traiter les migrants de seconde génération qui ne trouvent pas de travail. -.¨¨)

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