Italie : plombé par une faible demande intérieure, le PIB se contracte au 2e trimestre

L'Italie a vu son produit intérieur brut (PIB) diminuer de 0,4% au deuxième trimestre par rapport au précédent. L'institut a ainsi révisé sa précédente estimation qui faisait état d'un recul du PIB de 0,3%, après une solide croissance économique de 0,6% affichée au premier trimestre.
Le gouvernement de Giorgia Meloni table toujours sur une croissance de 1% de PIB en 2023.
Le gouvernement de Giorgia Meloni table toujours sur une croissance de 1% de PIB en 2023. (Crédits : GUGLIELMO MANGIAPANE)

L'Italie perd son avance acquise au premier semestre (+0.6%) pour arriver à son objectif d'une croissance de 1% en 2023. L'Institut national des statistiques (Istat) a révisé à la baisse, à 0,4%, sa précédente estimation qui faisait état d'un recul du PIB de 0,3% pour le deuxième trimestre. Ces estimations contredisent celle de la Banque d'Italie. En effet, cette dernière avait prévu une croissance proche de zéro, en raison d'un ralentissement des investissements au deuxième trimestre, dû à la hausse des taux d'intérêt.

Lire aussiItalie : recul inattendu du PIB (-0,3%) au deuxième trimestre

La performance de l'économie italienne s'avère ainsi nettement inférieure à la croissance de 0,3% enregistrée en moyenne pour la zone euro entre avril et juin. L'agriculture, la construction, l'industrie, le commerce et la restauration ont vu leur activité diminuer, a détaillé l'Istat. « Le recul du PIB est principalement dû à la demande intérieure », en baisse dans un contexte de forte inflation. La consommation des ménages a stagné, tandis que les dépenses de l'administration publique ont reculé de 1,6%.

Autre facteur marquant, les investissements ont baissé au deuxième trimestre de 1,8% par rapport au premier. Quant au commerce extérieur, les exportations ont baissé de 0,4%, tout comme les importations. Sur la période avril-juin, la production industrielle a baissé en moyenne de 1,2% par rapport au trimestre précédent. L'Italie subit aussi le contrecoup des affres de l'Allemagne, son principal partenaire commercial, qui est tout juste parvenue à sortir de la récession d'hiver au deuxième trimestre avec une stagnation de son PIB.

Du mieux en août sur le front de l'inflation

Autre mauvaise nouvelle pour l'Italie, le taux de chômage est remonté à 7,6% en juillet par rapport au mois précédent, gagnant 0,2 point, avait annoncé l'Istat jeudi. Malgré ce recul du PIB trimestriel, le gouvernement de Giorgia Meloni table toujours sur une hausse du PIB de 1% pour l'ensemble de l'année. Le Fonds monétaire international (FMI) mise même sur une croissance de 1,1%.

Peut-être l'Italie y parviendra-t-elle grâce à la hausse des prix à la consommation qui a continué à ralentir en août en Italie, passant à 5,5% sur un an. La décélération de l'inflation est due surtout au ralentissement de la hausse des prix des produits énergétiques non réglementés (de +7% à +5,7%), des produits alimentaires transformés (de +10,5% à +10,1%) et non transformés (de +10,4% à +9,2%) ainsi que des services liés au transport (de +2,4% à +1,2%).

Le panier de la ménagère (produits alimentaires, produits de nettoyage et produits de soin et d'hygiène) a enregistré une nouvelle baisse, passant de +10,2% à +9,6%. A l'inverse, les prix des services liés au logement ont accéléré leur hausse, passant de 3,6% à 4%.  L'inflation en Italie reste légèrement plus élevée que celle de la zone euro, qui est restée stable en août à 5,3%.

Le moral des dirigeants d'entreprises a pris un coup

Selon le baromètre trimestriel publié ce vendredi par The European House - Ambrosetti, organisateur d'un forum économique à Cernobbio, l'annonce par le gouvernement Meloni d'une taxe sur les « surprofits » des banques a sérieusement sapé le moral des dirigeants d'entreprises italiens. La « pagaille » semée par cette taxe, annoncée dans la soirée du 7 août dans la plus grande confusion, et dont le projet de décret a été revu deux fois en 24 heures, a eu « un impact négatif sur l'image et la réputation internationale » de l'Italie, a commenté le prestigieux cercle de réflexion.

L'indice qui mesure la confiance des entreprises dans la situation actuelle s'est ainsi établi à 29 au troisième trimestre, soit une chute de 12,5 points par rapport à la même période il y a un an. Cet indice avait atteint 70,6 en septembre 2021 sous le gouvernement de Mario Draghi, un record historique. Quant à la perception qu'ont les entreprises des perspectives pour les six prochains mois, l'indice a cependant connu une hausse, à 33, contre 26,6 un an auparavant, mais loin du pic enregistré en septembre 2021 (62,7).

L'annonce de la taxe, qui a provoqué le 8 août la chute des titres bancaires à la Bourse de Milan, « a diminué la confiance des entreprises, mais ne l'a pas anéantie », ont résumé les auteurs du baromètre. Les banques italiennes ont vu partir en fumée 9,5 milliards d'euros de capitalisation en une seule séance, soit une somme bien supérieure aux gains de la taxe espérés par Rome, entre 2 et 2,5 milliards d'euros.

L'indice de confiance des entreprises en Italie a sensiblement diminué en août, atteignant son niveau le plus bas depuis novembre 2022, avait aussi rapporté mercredi l'Institut national des statistiques (Istat). Le mini-Davos organisé par Ambrosetti sur les rives du Lac de Côme réunit jusqu'à dimanche le gotha de l'industrie italienne et des représentants internationaux du monde des affaires, invités à plancher sur les perspectives de l'économie mondiale, le rôle de l'Europe et les défis du gouvernement italien.

(Avec AFP)

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Commentaires 5
à écrit le 02/09/2023 à 10:36
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Ben alors les enfants, la loi de SAY - chère à la constellation des économistes "mainstream" - rencontre un énième grain de sable? Mais quand est-ce que vous allez admettre un jour que l'offre ne crée pas systématiquement sa demande et que toute la c...

à écrit le 02/09/2023 à 9:06
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"après une solide croissance économique de 0,6% " Vachement solide c'est sûr !

à écrit le 01/09/2023 à 23:35
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Il faut que l'Italie pratique la méthode française. Notre gouvernement a depuis longtemps réglé le problème. Plus besoin de savoir si notre balance de commerce extérieur est positive ou que la consommation intérieur est positive, il suffit de taxer l...

à écrit le 01/09/2023 à 16:37
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Ce qui se passe en Italie, nous concerne aussi ici en France. Il en est de même de toute l'Europe du sud, voire aussi du continent dans son ensemble ...

à écrit le 01/09/2023 à 16:22
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Bonjour, ils est claire que les italiens ( tous comme les français) ne sont pas des américains.... Une grande partie de la population tiré la langue en fin de mois. ( d'ailleurs pour certains le mois ce termine le 15 du mois ). Mais bon , ils ne ...

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