Salvini veut précipiter la chute du gouvernement et envisage une alliance avec Berlusconi et l'ultra-droite

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Le Capitaine (surnom donné par ses fans) a poursuivi ce week-end sa médiatique tournée des plages à la conquête de l'électorat du Sud, jusqu'alors acquis au M5S. Bains de foule et selfies à gogo, pause déjeuner torse nu ou s'improvisant DJ, le chef des souverainistes italiens a peaufiné plutôt avec succès son image de Monsieur-tout-le-monde, un peu macho.
"Le Capitaine" (surnom donné par ses fans) a poursuivi ce week-end sa médiatique "tournée des plages" à la conquête de l'électorat du Sud, jusqu'alors acquis au M5S. Bains de foule et selfies à gogo, pause déjeuner torse nu ou s'improvisant DJ, le chef des souverainistes italiens a peaufiné plutôt avec succès son image de Monsieur-tout-le-monde, un peu macho. (Crédits : Reuters)
Depuis l'annonce jeudi dernier de sa rupture avec le Mouvement 5 Etoiles, Mateo Salvini (Ligue, extrême-droite) veut faire chuter le gouvernement et il se dit prêt à une démission des sept ministres de la Ligue pour accélérer les choses. Son objectif: obtenir des élections anticipées au moment où les sondages très positifs à son égard. Les groupes parlementaires à la chambre haute (Sénat) se réuniront dans l'après-midi à partir de 14 heures pour une première décision.

Les sénateurs italiens doivent prendre une première décision lundi sur l'avenir du gouvernement de Giuseppe Conte, à l'agonie depuis que le chef de la Ligue (extrême droite) Matteo Salvini a décrété sa mise à mort jeudi et réclamé des élections immédiates.

Les groupes parlementaires à la chambre haute (Sénat) se réuniront dans l'après-midi (à compter de 14H00 GMT) mais auparavant, le Mouvement Cinq Etoiles (M5S), l'ex-allié avec lequel Salvini a brutalement rompu, battra le rappel de ses troupes.

Selon le système parlementaire italien, c'est au Sénat que doit avoir lieu le vote de censure contre M. Conte, qui y avait, en premier, obtenu la confiance du Parlement lors de la formation de l'hétéroclite gouvernement Ligue-M5S, il y a seulement 14 mois.

Salvini veut profiter de son succès dans les sondages

Matteo Salvini a aussi convoqué ses élus lundi à Rome. Son objectif: faire chuter le gouvernement, au plus tard le 20 août, et des élections fin octobre pour capitaliser sur des sondages qui le créditent de 36% à 38% des intentions de vote.

Dans une interview lundi au Giornale (droite), Matteo Salvini renonce à faire cavalier seul en cas de scrutin anticipé et annonce qu'il verra "dans les prochaines heures (Silvio) Berlusconi et (la cheffe du parti d'ultra-droite Frères d'Italie, Giorgia) Meloni" pour "leur proposer un pacte" électoral. Une alliance avec ces deux formations - 6 à 8% des voix - lui donnerait une majorité solide.

Tournée des plages sur les terres du M5S

"Le Capitaine" (surnom donné par ses fans) a poursuivi ce week-end sa médiatique "tournée des plages" à la conquête de l'électorat du Sud, jusqu'alors acquis au M5S.

Bains de foule et selfies à gogo, pause déjeuner torse nu ou s'improvisant DJ, le chef des souverainistes italiens a peaufiné plutôt avec succès son image de Monsieur-tout-le-monde, un peu macho. Le Lombard (région de Milan) a néanmoins été contesté en Basilicate et en Sicile, où d'aucuns lui ont rappelé ses vieilles diatribes contre le "Sud assisté".

Pourquoi des élections maintenant? Pour arrêter les "disputes" avec le M5S sur les grands chantiers ou les baisses d'impôts et installer "un gouvernement stable pour cinq ans", martèle M. Salvini.

"Un front républicain" pour empêcher "les barbares" d'arriver au pouvoir

A Rome, après le choc initial, le camp opposé à des élections immédiates se mobilise.

L'ancien allié, chef de file du M5S, Luigi Di Maio, a appelé le Parlement à approuver, avant tout retour aux urnes, la drastique réduction prévue du nombre de parlementaires: 345 en moins sur 950 sièges actuellement.

L'humoriste Beppe Grillo, mentor et fondateur du M5S, est venu épauler M. Di Maio, en proposant "un front républicain" pour empêcher "les barbares" d'arriver au pouvoir.

La crainte d'une majorité absolue de Salvini au Parlement

L'ex-chef de gouvernement de centre gauche Enrico Letta (avril 2013-février 2014) s'est dit auprès de l'AFP "très préoccupé" de l'ascension de Salvini qui, si on ne le stoppe pas, pourrait s'arroger la "majorité absolue" au Parlement. "Ce serait un grand danger pour le pays" que M. "Salvini et ses idées souverainistes pourraient entraîner hors de l'Europe".

Son successeur, Matteo Renzi (février 2014-décembre 2016), toujours poids-lourd de leur formation, le Parti démocrate (PD), a fait "une proposition concrète" pour éviter de "livrer, à la droite extrémiste, l'avenir de nos enfants". Il a suggéré que tous les élus, y compris de la Ligue, soutiennent un "gouvernement institutionnel", chargé d'adopter tout de suite la cure d'amaigrissement du Parlement et le budget 2020 pour éviter une hausse automatique de la TVA prévue l'an prochain qui pénaliserait les familles italiennes.

Piqué au vif par les solutions de Renzi, Salvini fustige les "magouilles"

M. Renzi imagine un gouvernement, peut-être "Conte bis", formé par le M5S - fort de sa majorité relative dans les deux chambres - appuyé de l'extérieur par d'autres partis dont le PD.

Piqué au vif, M. Salvini a fustigé "des magouilles" et "des manoeuvres de palais".

"On me traite de dictateur, mais un dictateur ne demande pas de voter", a-t-il lancé depuis la Sicile.

Pour précipiter la chute du gouvernement Conte, il se dit prêt à une démission des sept ministres de la Ligue. Un moyen aussi d'éviter un échec potentiel de sa motion de censure au Sénat, où il ne compte que 58 élus sur 319.

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a écrit le 13/08/2019 à 21:27 :
C'est le même genre de crypto-européiste que ce que l'on a en France; orienter les français vers une opposition de façade pour les maintenir sous le dogme bruxellois! Ils veulent a tout prix récupérer les GJ!
a écrit le 13/08/2019 à 20:27 :
Salvani a 100 pour 100
a écrit le 13/08/2019 à 15:18 :
quand pour assouvir son ambition M Salvini se rapproche de S Berlusconi, on comprend que ce homme est prêt à tout. Le plus surprenant c'est qu'il y ait encore des fans de ce vieux personnage aussi baroque et qui traîne derrière lui un convoi d'affaires aussi brûlantes les unes que les autres. Les politiciens de ce pays ainsi que ceux de bien d'autres pays ne sont que le reflet du dépit des électeurs qui ne se retrouvent pas dans les politiques menées par les prédécesseurs et qui sont prêts à voter pour n'importe qui du moment qu'ils sont en rupture avec les "anciens" au pouvoir
a écrit le 13/08/2019 à 9:09 :
On peut gager que Berlusconi monnaiera au prix (très) fort et à son profit personnel son éventuel soutien.
a écrit le 13/08/2019 à 8:23 :
Il faut laisser les italiens se faire piéger par leur Brexit.... Et bon débarras, l'Europe des peuples, des nations, des civilisés de 14-18 ou 39-45, n'existe lus, et les hyènes us-Asie n'en attendent que la fin.
A nous Européens d'expulser SANS COMPLEXE de l'UE les récalcitrants.... et vite....!!!
a écrit le 12/08/2019 à 23:18 :
Mateo Salvini constitue un très bon rempart contre le fascisme gauchiste qui s'abat sur l'Europe pour détruire sa civilisation millénaire et les peuples qui la composent !
a écrit le 12/08/2019 à 16:23 :
Ce qui n'est pas revendiqué avec du "gauche" ,n'est pas automatiquement extreme-droite

Messieurs les journalistes , même si ca vous enchantent pas, la très grosse majorité des citoyens est en accord avec la politique anti migrants défendu par Salvini

Le souverainisme c'est s'opposer à la mondialisation, ça n'a rien d’extrême , droite ou gauche
Réponse de le 12/08/2019 à 22:42 :
"la très grosse majorité des citoyens est en accord avec la politique anti migrants défendu par Salvini "
Ah bon?
Personnellement j'ai comme pas mal de monde beaucoup de mépris pour les politiciens qui font de la détresse des migrants leur fond de commerce.
Le sujet de l'immigration doit être abordé sereinement et sans tabou mais faire des migrants des boucs-émissaires à des fins électorales , c'est le comportement d'un homme avide de pouvoir. L'attitude de Salvini le montre clairement.
a écrit le 12/08/2019 à 14:58 :
En fait ce qui se passe en Italie ce sont des épisodes répétitifs de la crise de la zone euro qui n’en finit pas et qui n’en finira pas de sitôt. M. Salvini fait sauter le gouvernement car sa direction avec le président du conseil, Giuseppe Conte, le ministre des finances, Giovanni Tria, ainsi que de plus en plus le M5S, avaient pris le parti de se soumettre aux exigences européennes notamment sur les contraintes budgétaires, le refus des Minibots, etc.

Si M. Salvini devient président du conseil après les élections, ce sera un épisode plus dans la crise de la zone euro et il n’est pas impossible que, d’ici la fin de l’année, la cour constitutionnelle allemande impose des conditions qui doivent être remplies pour que soit possible la participation allemande aux quantitatives easing de la BCE sur les dettes souveraines, ce qui serait un facteur de crise supplémentaire pour la zone euro.

Pourquoi le gouvernement italien était-il dans une logique de soumission aux exigences européennes. La réponse c’est le spread sur la dette qui est une spécialité de la zone euro. Le Royaume-Uni ne connaît pas ce problème malgré la proximité d’un Brexit sans accord, du fait que sa banque centrale même indépendante se poserait en soutien automatique de l’État s’il avait des difficultés de financement sur les marchés. Pour l’Italie, dans le même cas de figure, il faudrait passer par l’OMT de la BCE qui nécessite, pour être mises en œuvre, un plan d’aide approuvé au niveau européen, donc l’Italie devrait satisfaire des conditions préalables pour y avoir droit, c’est à dire des politiques d’austérité à mettre en œuvre obligatoirement.

Ceci pour vous dire qu’on n’est pas prêt d’en finir avec la crise de la zone euro.
Réponse de le 12/08/2019 à 16:05 :
@P52, la crise de la zone euro va se résoudre d’elle-même...façon puzzle.
Réponse de le 12/08/2019 à 17:24 :
Sauf que LN ne dispose pas de la majorité au sénat pour imposer une dissolution et que le président de la république ne dissoudra que si le parti majoritaire relatif (M5E) est incapable de présenter un gouvernement de coalition majoritaire absolu. On n'en est pas encore là.

Salvini hurle beaucoup mais n'a pas encore remis sa démission et celle de ses 6 autres ministres

C'est de la politicaillerie intérieure à l'italienne. Chez eux les gouvernements tiennent une petite année en moyenne.
a écrit le 12/08/2019 à 12:08 :
Il a tort de ne pas être fidele dans ses alliances, ça va lui nuire, et quand a s'allier au requin berlu, salvini n'est encore qu'un petit poisson, il va se faire manger tout cru (s'il ne perd pas carrement le pouvoir)


Qui va a la chasse perd sa place.
a écrit le 12/08/2019 à 11:42 :
Les actuels contempteurs de Salvini viendront lui manger dans la main sous peu.
Et viva Italia.
Réponse de le 12/08/2019 à 17:39 :
Manifestement la stratégie de Salvini ne fait pas que des heureux dans son propre camp, il a été sifflé lors de son dernier meeting.

Je pense que c'est le type qui va renvoyer son propre parti dans l'opposition et remettre le parti démocrate au gouvernement.

Autant de bêtise de la part d'un homme politique, ça force le respect.
C'est pas encore du Trump, mais dans l'inspiration...
Réponse de le 13/08/2019 à 14:58 :
"manger dans la main", vous sous-entendez que Salvini étant d"'une graine de dictateur, il faudra s'incliner devant lui ? Il va rater son coup de poker, bon débarras. Une victoire aux élections européennes ne fait pas une majorité au parlement italien.
Triste pitre, il n'a même pas compris cela.

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