L’offensive électorale du « Trump croate »
François d'Alançon
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Zoran Milanovic.
Reuters
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Zoran Milanovic.
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La campagne des législatives en Croatie tourne à la foire d'empoigne entre le Premier ministre sortant, Andrej Plenkovic, chef du parti conservateur Union démocratique croate (HDZ), et le président de la République, le social-démocrate Zoran Milanovic. Les deux hommes se détestent, une animosité qui remonterait aux débuts de la carrière diplomatique de ces deux fils de la nomenklatura yougoslave, dans les années 1990, après leurs études de droit à l'université de Zagreb.
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Tout a commencé le vendredi 15 mars par une petite bombe lâchée sur une scène politique croate en hibernation. Quelques jours après la dissolution du Parlement par le Premier ministre, le président annonçait qu'il prenait lui-même la tête de la coalition de centre gauche menée par le Parti social-démocrate (SDP) pour « mettre fin à un gouvernement voleur et criminel ». La raison de cette candidature surprise, selon ses propres mots ? La nomination d'un nouveau procureur général, Ivan Turudic, un juge réputé proche du parti au pouvoir, choix dénoncé comme une tentative de l'exécutif d'étouffer les enquêtes en cours. Qu'importe si la Cour constitutionnelle a ensuite jugé que le président en exercice ne pouvait se porter candidat aux législatives. Bien décidé à redevenir Premier ministre, sans pour autant figurer sur la liste du SDP, le chef de l'État a fait campagne en promettant la formation d'un « gouvernement de salut national » et l'avènement d'une « III e République ».
François d'Alançon