La BCE laisse ses taux inchangés et s'interroge sur ses rachats d'actifs

Comme prévu, l'institution monétaire européenne laisse ses taux directeurs inchangés, et ne modifie pas son programme d'achats d'actifs, tout en étudiant "les options permettant d'assurer le bon déroulement du programme d'achats", a déclaré son président Mario Draghi, après la tenue de la réunion du Conseil des gouverneurs ce jeudi.

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Un prolongation du programme d'achats fait débat car elle risque d'accentuer encore les distorsions de prix alors que la BCE est confrontée à la pénurie de certains des actifs éligibles. Elle a ainsi été contrainte d'interrompre ses achats en Estonie et n'a pas trouvé le mois dernier de titres luxembourgeois à acquérir.
Un prolongation du programme d'achats fait débat car elle risque d'accentuer encore les distorsions de prix alors que la BCE est confrontée à la pénurie de certains des actifs éligibles. Elle a ainsi été contrainte d'interrompre ses achats en Estonie et n'a pas trouvé le mois dernier de titres luxembourgeois à acquérir. (Crédits : Reuters)

La Banque centrale européenne (BCE) étudie d'éventuelles modifications à apporter aux règles qui régissent son programme de rachats d'actifs, a déclaré jeudi son président alors que l'inflation au sein de la zone euro demeure nettement inférieure à l'objectif à moyen terme de l'institution.

Pas de confirmation d'une extension du programme d'achats d'actifs

Mario Draghi n'a toutefois pas confirmé une possible extension du programme d'achats d'actifs de 80 milliards d'euros par mois, réaffirmant qu'il continuerait jusqu'en mars 2017 et au-delà si nécessaire.

"Le Conseil des gouverneurs a chargé les comités concernés d'évaluer les options permettant d'assurer le bon déroulement du programme d'achats", a déclaré Mario Draghi lors de la traditionnelle conférence de presse qui suit les réunions de politique monétaire.

La BCE a laissé ses taux directeurs inchangés comme attendu. Le taux de refinancement a été maintenu jeudi à 0%, le taux de facilité de dépôt à -0,4% et le taux de prêt marginal à 0,25%, niveaux auxquels ils avaient été ramenés le 10 mars.

La croissance dans la zone euro révisée marginalement à la baisse

Elle a marginalement abaissé sa prévision de croissance au sein de la zone euro pour 2017 et 2018 et mis en garde contre des risques à la baisse, citant notamment l'incertitude liée au Brexit. Mais Mario Draghi juge qu'aucune action n'était nécessaire pour l'instant.

"Pour le moment, les changements (dans les projections) ne sont pas suffisamment importants pour justifier une décision d'agir. Nous constatons que notre politique monétaire est efficace", a-t-il dit.

L'euro a atteint un plus haut de deux semaines, les rendements obligataires se sont tendus et les marchés actions de la zone euro ont reculé après que Mario Draghi eut confirmé que la question d'une prolongation du programme d'achats d'actifs n'avait pas été débattue par le Conseil des gouverneurs.

La BCE espère raviver l'inflation et la croissance au sein de la zone euro, plombées par près d'une décennie de crises et de marasme économique grâce à sa politique de taux d'intérêt négatif et d'assouplissement quantitatif (QE).

Pénurie de certains actifs éligibles

Après 18 mois d'achats d'actifs, principalement d'obligations souveraines de la zone euro, la taille de son bilan a franchi le seuil des 1.000 milliards d'euros la semaine dernière mais l'inflation ne dépasse pas 0,2% en rythme annuel, bien en dessous de l'objectif d'une hausse des prix inférieure mais proche de 2% à moyen terme.

Un prolongation du programme d'achats fait débat car elle risque d'accentuer encore les distorsions de prix alors que la BCE est confrontée à la pénurie de certains des actifs éligibles. Elle a ainsi été contrainte d'interrompre ses achats en Estonie et n'a pas trouvé le mois dernier de titres luxembourgeois à acquérir.

Acheter des titres au rendement inférieur à son taux de dépôt?

En conséquence, les spéculations vont bon train sur une adaptation des règles qu'elle s'est donnée pour la mise en oeuvre de son programme, surtout si elle est amenée à le prolonger d'ici la fin de cette année comme cela est largement attendu. La BCE pourrait ainsi assouplir les dispositions lui interdisant d'acheter des titres au rendement inférieur à son taux de dépôt et d'acquérir plus de 33% d'une ligne obligataire spécifique, estiment les observateurs.

Mais des changements plus radicaux avec l'achat de nouvelles catégories d'actifs comme des obligations bancaires, des prêts non performants voire à l'extrême des actions, sont aussi évoqués. Toute modification risque cependant de raviver l'opposition des responsables monétaires les plus orthodoxes de la BCE et même de membres plus modérés du Conseil des gouverneurs qui s'inquiètent des conséquences négatives indésirables des mesures de stimulation monétaire non conventionnelle.

Une inflation toujours prévue à 0,2% pour cette année

La BCE a relevé sa prévision de croissance du produit intérieur brut (PIB) de la zone euro à 1,7% cette année contre une précédente prévision à 1,6% en juin. Elle s'attend en revanche à une croissance de 1,6% en 2017 et en 2018, contre 1,7% précédemment dans les deux cas. Concernant l'inflation, l'institut de Francfort la voit toujours à 0,2% cette année. Elle l'attend à 1,2% en 2017, contre 1,3% précédemment, mais la prévision pour 2018 n'a pas changé, à 1,6%.

Mario Draghi a par ailleurs appelé de nouveau à des réformes structurelles au sein de la zone euro, soulignant que leur rythme devait être "significativement accéléré""Les politiques budgétaires doivent soutenir la reprise économique", a-t-il aussi déclaré faisant écho à un message largement diffusé par les banquiers centraux lors de leur symposium annuel fin août à Jackson Hole aux Etats-Unis.

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Commentaires 10
à écrit le 09/09/2016 à 9:33
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La BCE ne peut pas compenser à elle seule l'incompétence et la soumission envers les marchés financiers de nos politiciens européens. La seule solution est de se débarrasser des dettes souveraines, du moins des intérêts de la dette qui en compose...

le 09/09/2016 à 12:01
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Bonjour, Le problème c'est que la dette des états, est en partie détenue par les particulier via les assurances vie. Donc la supprimer aurait des conséquences importantes. de plus, il ne faut pas inciter les états a l'endettement mais a l'efficience...

le 09/09/2016 à 13:52
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Votre rapport entre la BCE et les politiciens européens n'a aucun sens, hors de toute propagande dont vous semblez friand. La BCE est indépendante des Etats, c'est statutaire. C'est ce qui lui permet de gérer la politique monétaire de l'Euro en t...

le 09/09/2016 à 14:38
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julien: L’Allemagne est en super forme parce qu'elle saigne les autres pays européens au nom des créanciers. Informez vous je vous prie. Si les pays arrêtent de payer les dettes c'est l'ensemble des citoyens qui bénéficieront de fonds publics non...

le 09/09/2016 à 19:27
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C'est trop facile d'inviter les autres à s'informer et à fournir des preuves, si sa propre contribution se limite à des slogans sans preuve.

le 10/09/2016 à 10:37
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@ c.. blasé Mr Citoyen Blasé donne des leçons qu'il est le premier à ne pas s'appliquer et ceci en tous contextes. C'est forcément un fonctionnaire. Quant au "Golden corbeaux" emprunté à la sphère Twittos. En 140 caractères ont est effectivement...

le 12/09/2016 à 20:52
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"C'est trop facile d'inviter les autres à s'informer et à fournir des preuves, si sa propre contribution se limite à des slogans sans preuve." L'analyse est une preuve et la situation catastrophique de l'ue en est une aussi, à vous... "C'est ...

à écrit le 09/09/2016 à 7:00
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Il devient évident que la prochaine étape sera des prêts aux états , et qu en suite une partie des dettes souveraines seront effacées. A la condition que les populistes lui laissent du temps . Mario est sur le fil pas grand monde autour de lui pour ...

à écrit le 08/09/2016 à 18:38
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Le QE ou rachat d actif à l européenne était une bonne chose il y 2 ou 3 ans. Ça rassurait les marchés. Maintenant la BCE Doit passer à autre chose...les Banques continuent de placer à taux négatif à la Bce...leur Pnb chute et au final pour le citoy...

à écrit le 08/09/2016 à 17:54
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Les taux bas ou négatifs plonge la société civile au bord du gouffre, puisque le loyer de l'argent, l'assurance vie, l'épargne, les fonds de retraite, etc. ne valent plus rien. C'est un non sens qui ne rapporte qu'a une minorité incompétents.

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