La BCE dénonce le soutien américain au dollar faible

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Le président de la Banque centrale européenne (BCE) Mario Draghi.
Le président de la Banque centrale européenne (BCE) Mario Draghi. (Crédits : Reuters)
La volatilité du taux de change est une source d'inquiétude pour Francfort. Les déclarations récente de l'administration américaine, plaidant pour un "dollar faible", n'ont pas plu au président Mario Draghi.

Article publié le 25/01/2018 à 13h54, mis à jour à 17h19

Le président de la Banque centrale européenne Mario Draghi a indirectement dénoncé jeudi les déclarations du secrétaire américain au Trésor soutenant un dollar faible, qui font craindre le déclenchement d'une guerre monétaire au niveau mondial.

Sans jamais le citer, mais en faisant clairement référence au secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin auteur mercredi soir d'une sortie fracassante sur le sujet, Mario Draghi a fustigé "la communication" de cette "autre personne" qui "ne se conforme pas aux termes convenus" depuis "des décennies" entre partenaires internationaux.

En conférence de presse, il a appelé à la retenue, au lendemain de l'éloge surprise du "dollar faible" par l'administration américaine, en rappelant les engagements multilatéraux à ne pas manipuler les changes.

"L'état général des relations internationales" inquiète

Mercredi soir, à la surprise générale, Steven Mnuchin a crûment affirmé qu'un "dollar plus faible" était "bon" pour les Etats-Unis puisqu'il favorise "le commerce et les opportunités". Non seulement cette déclaration rompt avec des décennies de discours américain vantant le "dollar fort", mais elle a immédiatement fait chuter le billet vert, poussant l'euro à la hausse.

"Oui, il y a eu de l'inquiétude. Plusieurs membres du conseil des gouverneurs ont exprimé de l'inquiétude", a commenté Mario Draghi, interrogé sur l'ambiance de la réunion de la BCE après les propos américains. "Et cette inquiétude dépassait les seuls taux d'intérêt et concernait l'état général des relations internationales en ce moment", a-t-il ajouté.

Pas de "dévaluation compétitive" en zone euro

La BCE est traditionnellement opposée à toute initiative politique cherchant à faire évoluer artificiellement le taux de change par intérêt économique.

"Nous nous abstiendrons de mener des dévaluations compétitives, et nous ne ciblerons pas nos taux de change à des fins de compétitivité", promettait par exemple un communiqué du 14 octobre dernier dans le cadre du Fonds monétaire international, soigneusement relu par Mario Draghi.

Lien entre taux change et inflation

Les déclarations jeudi du patron de la BCE ont cependant échoué à calmer l'envolée de la monnaie unique, passé jeudi vers 15 heures (heure de Paris) à 1,2537 dollar, son niveau le plus élevé depuis mi-décembre 2014, pendant que les Bourses européennes plongeaient.

La BCE n'a pas le droit de commenter directement le niveau du taux de change de l'euro, en vertu de ses statuts qui ne lui donnent aucun rôle direct en la matière. En revanche le lien entre niveau de l'euro et inflation, qui figure elle au coeur de sa mission, est un facteur essentiel pour elle.

Mario Draghi a du coup promis que la BCE allait "surveiller" la "volatilité récente du taux de change", qui constitue à ses yeux "une source d'incertitudes" susceptible de freiner l'évolution des prix.

Statu quo de la politique monétaire

Ce climat monétaire a incité le Conseil des gouverneurs à maintenir le statu quo. Aucun signal n'a été adressé aux marchés concernant l'avenir du programme de rachats d'actifs, dit d'assouplissement quantitatif ou QE. Depuis le 1er janvier, Francfort rachète pour 30 milliards d'euros d'obligation chaque mois et ce jusqu'en septembre, voire "au-delà si nécessaire".

Par ailleurs, la Banque centrale européenne a maintenu ses taux directeurs au plus bas. Le principal taux de refinancement a été laissé à zéro tandis que les banques vont continuer à payer auprès de la BCE un intérêt négatif de 0,40% pour les liquidités dont elles n'ont pas l'utilité immédiate.

(Avec AFP)

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Commentaires
a écrit le 28/01/2018 à 15:56 :
Enfin, la BCE se pose une question et pourtant depuis des mois le dollar glisse et personne ne bouge…

Cela m’est en péril de nombreuses Entreprises Européennes et pas des moindre.

Est-ce que dans ces sphères « Nébuleuses » pas un seul de ses mandants n’observe la dégringolade du Dollar face à notre Euro !

Boutade : 1 Dollar = 1Try si cela continue!

Il est plus que temps de réagir le Dollar doit osciller entre 0,95 euro et 1,05 euro et vice versa.

Alors que faites-vous, vous attendez la semaine des quatre jeudis pour réagir… Vous êtes tellement actif pour le rachat des dettes de nos Entreprises… Que le reste qui n’est pas quantité négligeable ne vous intéresse point !

Que faites-vous ? Quand allez-vous enfin ajuster notre Euro face à Dollar.

Combien de temps vous faut-il pour réagir et ajuster le dollar dans une fourchette qui fasse que la concurrence puisse nous permettre de sauvegarder nos Entreprises et nos Emplois !

Alain Georges O’Hare
a écrit le 28/01/2018 à 7:40 :
Le pauvre Draghi, il sait que son successeur probable à la tête de la BCE, l'Allemand Jens Weidmann, est un fervent apôtre des taux d’intérêts élevés, (ce qui avantage fortement nos amis d'Outre Rhin), il n'en dort plus!
Avec Weidmann l'Euro va s'envoler avant de causer l’éclatement de la Zone Euro.
- Adieu l' Euro -
Et une fois de plus le malheur pour l'Europe viendra d'Outre Rhin.
a écrit le 26/01/2018 à 11:14 :
Il tire une tronche, il est cerné de toute part
a écrit le 26/01/2018 à 8:42 :
Ces volatilités très spectaculaires entre les principales monnaies mondiales nous rappellent, si besoin, qu'il est vain de prétendre "réguler" les marchés, surtout ceux qui sont très complexes comme ceux des produits dérivés, quand on est incapable d'assurer une meilleure stabilité. Et que diraient nos politiques si la grande distribution faisait fluctuer le prix du lait de +/- 20% sur un an...?
a écrit le 26/01/2018 à 8:01 :
Visiblement on ne peut plus faire bouger ce mammouth qu'est l'euro, on s'enlise, vivement le retour des monnaie nationales qui s'adaptaient a l'économie et participer à la concurrence! Alors que, maintenant, l'UE de Bruxelles force a la concurrence mais n'en donne pas les moyens!
a écrit le 26/01/2018 à 7:04 :
Le problème se sont les déséquilibres des balances commerciales.
Tant que certains pays (Allemagne surtout) auront recours à l'excédent commercial pour résoudre leur problème de chômage aux dépends des autres pays, la guerre des monnaies sera de rigueur. Malheur aux pays qui ne disposent plus d'une monnaie nationale. L'Italie par exemple a perdu 30% de sa production industrielle depuis l'introduction de l'Euro, 25% des jeunes y sont au chômage.
Trump a raison sur ce point, que l'on l'aime ou pas.
a écrit le 26/01/2018 à 6:58 :
Il y a longtemps que les Etats Unis ont endigué la crise et que leurs économie fait de bon score mais sur le très long terme, ont assiste a une repolarisation de l'économie mondial des états Unis vers la chine. Et L'Inde arrive a marche forcé....

L'Europe et L'Euro sont a rebour du dollard depuis très longtemps et les Etats Unis ne sont plus un allié fiable avec sont président pro-russe. Il se pourrait même qu'il devienne un adversaire de l'UE dans les projets de Poutine de reconquérir l'Europe de l'Est (Crimé).

Les "réformes" faite dans la zone Euro visant à décrocher les salaires de la monnaie sont presque terminé, il ne manque plus que la France pour laisser l'Euro Exploser et ainsi permettre aux fortunes de faire fleurir leurs argents en Europe sans lever le petit doigt. Le déficit extérieur de la France pourrait devenir ridicule et si le dollar ne repart pas tant mieux, leurs produits seront moins cher, et rien ne nous empèche d'aller bosser en Chine ou en Inde...

On a des Etats Unis qui se muent dans un costume de réactionnaire puéril face au déclassement engendré par la repolarisation de l'économie mondiale. Une Europe du Statut Quo où 10 ans après la crise on commmence seulement a espérer une reprise (une reprise non partagé étant donné que tout les gens qui vont se précipiter sur les nouveaux statut d'entrepreneurs de macron vont se faire escroquer justement parce que l'Euro s'apprète a exploser).

En réalité le chacun pour soit a gagné, et toute la splendeur de sa bétise va s'abbatre sur les plus pauvres de tout les pays. On est plus dans le ruissellement mais dans le suintement ou même le dégoulinement de mensonge vu et revu depuis des années... Mais les gens ont la mémoire courte et ne cherchent plus a se forger une opinion en tentant d'être impartial.

On est pas sorti du bois!
a écrit le 25/01/2018 à 22:03 :
l’économie mondiale est lié au dollard
Avant 2001 c’etait La dualité entre le prix du dollard et le baril de pétrole
Après cette date c’est le paradoxe du dollard faible pour «  booster » les ventes par rapport aux concurrents.
Ça m’etonnerais Pas si la bourse mondiale se divise en 4 niveaux :
1) ancien système (base - dollard faible)
2) nouveau système (intermédiaire pays emergeants )
3) futur système ( innovations , IT et argent virtuel)
4) système plancher ( un système pour les pays pauvres mondiales )

Finalement peut être que ça peut créer un équilibre mondiale et «  enrichir « tous de manière rationnelle .
Réponse de le 26/01/2018 à 2:57 :
Dollar.
a écrit le 25/01/2018 à 20:42 :
Rien d'étonnant dans cette nouvelle sinon que la stratégie américaine est maintenant plus apparente et plus claire.

L'économie américaine est au plein emploi et au bord de la surchauffe. La Fed doit donc continuer à monter ses taux d'intérêts, peut-être de l'ordre de 1,25-1,50% d'ici les prochains 18 mois, tandis que la BCE a annoncé qu'elle n'envisage rien de la sorte avant le 2è semestre de 2019.

Avec les réductions d'impôts américains, la hausse des taux d'intérêts de la Fed, les investissements des repentis des paradis fiscaux et le plein emploi, les USA vont littéralement vampiriser les capitaux étrangers... et c'est déjà bien commencé.

Alors oui, Mario Draghi a tout lieu de s'inquiéter. Mais, d'un autre côté, les politiques accommodantes de la BCE ont déjà trop durées... et si effectivement on attend une correction boursière, un ralentissement de l'économie mondiale ou même un krach d'ici les 24 prochains mois... la BCE n'aura à ce moment là aucune munition pour y faire face... c'est un dilemme cornélien qui doit troubler quelque peu son sommeil.
a écrit le 25/01/2018 à 19:19 :
Mario s inquiète et pourtant il ne devrait pas . Il a des armes à sa disposition :
L augmentation des salaires dans toute la zone euro plus une taxe à l import pour les pays hostiles à la globalisation .
Le premier point est sur le point d être validé par l Allemagne , donc Junker avalisera .
Le second est plus problématique mais avec l aide de Macron il trouvera un ressort politique à cette éventualité .
Mais il y a un gros HIC .....
Les super riches vont y perdre , car la Sainte inflation dera de retour ....
a écrit le 25/01/2018 à 19:10 :
la bce n'a pas encore appris a envoyer du bois sans que ca coute rien
faudra qu'elle apprenne, y a des methodes
a écrit le 25/01/2018 à 18:53 :
Eh bien il faut faire en sorte que l'euro cette monnaie ingérable baisse. Comment peut on se réjouir d'une monnaie avec 25 intérêts différents ?
a écrit le 25/01/2018 à 18:53 :
Eh bien il faut faire en sorte que l'euro cette monnaie ingérable baisse. Comment peut on se réjouir d'une monnaie avec 25 intérêts différents ?
a écrit le 25/01/2018 à 18:48 :
Ce n'est qu'une correction, l'Euro est sous évalué d'environ 10 % par rapport aux autres grandes monnaies, il se rapproche donc de son cours normal...
a écrit le 25/01/2018 à 18:34 :
Qu'est-ce-que le quantitative easing de la BCE et ses taux d'intérêt négatifs sinon une volonté d'affaiblir l'Euro?
a écrit le 25/01/2018 à 17:36 :
C'est la guerre économique,les taux de change sont une arme et Trump a dit 'America First" donc de quoi s'étonne Mario Draghi ?
a écrit le 25/01/2018 à 17:34 :
Le fléau des paradis fiscaux et des richesses du monde qui sont planqués là dedans par les milliardaires fait que dorénavant seule la politique monétaire centrale peut la compenser en partie mais depuis te temps qu'elle compense cette évasion fiscale massive elle n'en peut plus.

Trump est vraiment là pour mettre en avant les intérêts de la ploutocratie américaine, avec un dollars faible ils sont encore plus forts même si cela ne s'accorde pas du tout avec la situation économique actuelle qui voit les états unis s'envoler alors que gardant un dollars bas et l'UE stagner voir régresser mais pourtant conservant un euro fort.

Il n'y a pas de bonnes solutions, les directeurs des banques centrales font tout ce qu'ils peuvent pour dissimuler la fraude fiscale des possédants de ce monde mais ces derniers, habitués, ne se rendent pas compte que leurs actes ont de plus en plus de lourdes conséquences et veulent continuer de piller les états pour mettre l'argent dans leurs paradis fiscaux.

Tout le monde sait ou est le problème, l'économie c'est très simple à comprendre mais les compromissions permanentes faites aux plus riches embrouillent forcément la donne. Ils ne peuvent pas nous dire que c'est leur faute, vu que bien souvent leurs patrons du coup on reste le nez collé à la fenêtre en faisant de chaque virgule un bouquin.
a écrit le 25/01/2018 à 14:55 :
"les banques vont continuer à payer auprès de la BCE un intérêt négatif de 0,40% pour les liquidités dont elles n'ont pas l'utilité immédiate"

N'est-ce pas là du coup la cause principale de la bulle boursière qui gonfle ? On voit mal comment il pourrait en être autrement même si le fait que leur argent soit pour la plus grande partie bien planqué dans les paradis fiscaux, ce qui fausse sérieusement la donne.

Ah mais c'est vrai, ils ne veulent pas augmenter les salaires, pire ils leurs mettent la pression à la baisse permanente mais veulent quand même profiter de la croissance, ils préfèrent du coup surfer sur une croissance placebo via leur propre argent plutôt que d'envisager d'augmenter le pouvoir d'achat des gens.

L'idéologue est aveugle.

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