La BCE reconnaît l’impact négatif de ses décisions sur l’Allemagne et l’Espagne

Alors que la profitabilité des banques de la zone euro inquiète, la BCE indique que les décisions monétaires adoptées après la crise financière n’ont eu au mieux aucun effet. En Espagne et en Allemagne, l’impact a même été négatif. Un article de notre partenaire Euractiv.
(Crédits : Kai Pfaffenbach)

Dans son rapport annuel pour 2017, publié le 9 avril, la Banque centrale européenne (BCE) a admis l'impact négatif des mesures extraordinaires adoptées depuis 2014. Celles-ci incluent l'abaissement des taux d'intérêt, les taux négatifs et les programmes de rachat d'obligations.

Le rapport précise cependant que « les aspects négatifs ont, à ce jour, généralement été contrebalancés par les effets positifs d'une expansion économique large et solide sur la profitabilité des banques ».

Le document insiste sur le fait que l'impact général final des mesures de politique monétaire sur la profitabilité a été « limité » sur l'ensemble de la zone, avec des différences par pays.

Lire aussi : La BCE réduite à dissimuler son inefficacité

Pour les banques italiennes, le rendement des actifs a légèrement augmenté, principalement grâce à l'amélioration de la qualité du crédit. En France, les mesures prises n'ont pas eu d'effet notoire. En Allemagne et en Espagne par contre, les conséquences des politiques ont été négatives.

Meilleures conditions

La BCE note que les faibles taux d'intérêts  ont réduit les marges des banques, alors que le taux négatif de sa facilité de dépôt a pénalisé la surliquidité dans la région.

Tout cela été largement neutralisé par la chute des coûts de provisionnement des banques, étant donné que la reprise a amélioré les conditions pour les emprunteurs.

En outre, l'amélioration de la situation économique a alimenté les volumes de prêts et les plus-values résultant de la hausse des prix des actifs, et donc plus de bénéfices pour les prêteurs.

Cette conclusion est un peu différente de celle qui avait été formulée par la BCE dans son rapport sur ses activités de surveillances, publié fin mars. Dans celui-ci, le risque principal identifié pour les banques de la zone euro était l'environnement à faible taux d'intérêt et son impact sur la profitabilité des banques.

La profitabilité est « le défi numéro un pour les banques de la zone euro », a indiqué la présidente du conseil de supervision de la BCE, Danièle Nouy.

Raisons variées

Vítor Constâncio, vice-président de l'institution, a présenté le rapport annuel aux eurodéputés. Il leur a expliqué que les faibles taux d'intérêt ne suffisent pas à expliquer les différences de profitabilité entre pays.

Hors de la zone euro, il cite l'exemple de la Suède. Malgré les taux négatifs, la rentabilité des capitaux propres des banques suédoises (12 %) a dépassé la moyenne européenne (7 %).

Dans certains pays, les prêts non productifs ont aussi joué un rôle important dans certains pays, alors que dans d'autres, comme l'Allemagne, ça a été le cas du ratio de rentabilité.

Malgré les conséquences positives de son stimulus monétaire, la BCE admet que les perspectives des banques de la zone euro sont peu enviables, comme l'illustre leur valeur sur les marchés. Les raisons principales de cette situation sont les défis structurels auxquels est confronté le secteur financier. Ceux-ci incluent l'essor de startups offrant des services financiers (fintech) et la multiplication des branches dans certains pays.

Lire aussi : La BCE face à son impuissance

La BCE recommande donc que les groupes du secteur bancaire continuent à consolider et à numériser leurs activités. L'institution encourage également les fusions et acquisitions internationales.

En ce qui concerne les prêts non productifs, elle plaide pour une « plateforme de transaction », afin d'accélérer leur élimination. La Commission européenne a récemment proposé de créer un marché secondaire pour l'échange de créances douteuses.

Malgré les inquiétudes planant sur les banques italiennes ou des géants comme la Deutsche Bank, Vítor Constâncio reste généralement positif sur l'état actuel des choses. Il a assuré aux eurodéputés que la résistance moyenne des banques s'était améliorée ces dernières années. Leur position de solvabilité a ainsi atteint 14,5 % de ratio de capitaux propres au troisième trimestre de 2017, contre 7 % en 2007.

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Par Jorge Valero, Euractiv.com (traduit par Manon Flausch)

(Article publié le mardi 10 avril 2018 à 11:51)

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Commentaires 11
à écrit le 29/04/2018 à 11:53
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Target2 solde positiv de l'Allemagne: +848,4 Milliards de EUR Target2 solde négatif de l'Italie -412,4 Milliards de EUR

à écrit le 12/04/2018 à 11:13
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"l’impact négatif de ses décisions sur l’Allemagne et l’Espagne" Je me demande où en serait la Zone Euro aujourd'hui sans ces décisions? Il a toujours été claire que ces décisions étaient censées gagner du temps et ainsi permettre aux résonsables p...

le 13/04/2018 à 11:48
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L'Allemagne tient l'europe en otage, alors déjà qu’elle était pas bien vaillante avant notre pauvre vieille europe...

à écrit le 11/04/2018 à 10:30
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Il ne faut pas négliger l'effet psychologique positif et le fait d'avoir un organisme Européen (même si parfois maladroit), qui prend des décisions dans des phases de crise est primordial et rassurant. Avec les faiblesse des taux l'impact sur les ba...

à écrit le 11/04/2018 à 10:07
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Plus ça va et plus les déclarations de nos responsables politiques et économiques européens ressemblent à des hurlements au secours dans le vide non ? Bref certainement une déclaration d'intérêt stratégique qui ne trompera que leurs auteurs une f...

à écrit le 10/04/2018 à 19:27
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La BCE n'est peut-être pas parfaite mais grâce à elle, nous avons une monnaie stable, reconnue et acceptée dans le monde entier. Ceux qui ont un peu de mémoire se souviennent de cette monnaie de singe que l'on appelait le Franc, qui ne cessait de se ...

le 10/04/2018 à 20:39
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@ Onze Je suis pas mal d'accord avec vous sauf sur trois points. 1) La BCE a en effet stabilisé la Zone Euro avec le QE mais 4 ans trop tard. C'est à dire que les autres Banques centrales ont réussi à faire repartir leurs économies en 2010 et n...

le 11/04/2018 à 9:35
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Une monnaie morte est une monnaie qui ne s'adapte pas a l'économie réelle! Dans la zone euro, c'est l'Economie qui doit s'y adapter et donc préfère s'expatrier pour ne pas subir l'incertitude!

à écrit le 10/04/2018 à 17:41
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Tiens c'est marrant, tous les vrais économistes qui critiquent la politique monétaire de la BCE sont censurés et bannis des JT et de la presse. Et là vous osez publier un tel article ? Ecoeurant... La politique de la BCE est la même que la BoJ/...

le 10/04/2018 à 20:49
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@ mouton Très intéressant et courageux commentaire... et qui n'a pas été censuré. Si j'interprète bien votre propos, la BCE ne doit surtout pas fonctionner comme les autres Banques Centrales, notamment japonaise et américaine... sur ce point je...

le 20/04/2018 à 16:50
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La politique monétaire de la BCE est en principe censée amener l'Allemagne à lâcher prise, actuellement l'Allemagne bloque tout, la situation actuelle lui convenant parfaitement. Étant la plus forte, la loi du plus fort la favorise forcement. Ceci n...

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