La BCE s’inquiète pour la France
Marie-Pierre Gröndahl
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La Banque centrale européenne, établie le 1ᵉʳ juin 1998 et située à Francfort-sur-le-Main en Allemagne
© LTD / REUTERS/Wolfgang Rattay//File Photo
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La Banque centrale européenne, établie le 1ᵉʳ juin 1998 et située à Francfort-sur-le-Main en Allemagne
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Pour nombre de gouverneurs européens de banques centrales, les réunions de la Banque centrale européenne (BCE) ressemblent de plus en plus à Un jour sans fin. Comme le héros du film, contraint de revivre indéfiniment les mêmes vingt-quatre heures, les membres du conseil de la BCE traversent séisme après séisme depuis près de quinze ans. Rassemblés à Sintra, au Portugal, du 1ᵉʳ au 3 juillet, pour leur séminaire annuel, certains des participants - dont la présidente, Christine Lagarde, ancienne ministre des Finances et ex-dirigeante du Fonds monétaire international - ont dû ressentir une sensation de déjà-vu : lors de la première édition de ce rendez-vous, en 2014, le parti Syriza s'apprêtait à remporter les élections en Grèce, suscitant des craintes sur le maillon faible de la zone euro.
Une décennie plus tard, la crise des dettes souveraines a été résolue, et la Grèce peut se targuer d'un excédent budgétaire. Mais c'est au tour de la deuxième économie de la zone euro de plonger dans la tourmente. Avec des enjeux bien plus lourds, pour l'Union
européenne (UE) comme pour la zone euro.
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À la veille du second tour des élections législatives, la France concentrait toutes les inquiétudes des grands argentiers. « L'anxiété était nettement perceptible au fil des réunions et des panels organisés à Sintra. "Nous sommes très attentifs", cette phrase très souvent entendue pendant ces trois jours, traduit, dans le langage prudent de banquier central, une réelle angoisse », raconte Frederik Ducrozet, responsable de la recherche économique de la banque Pictet. D'autant plus qu'une possible élection de Donald Trump en novembre pèserait aussi sur la croissance européenne.
Marie-Pierre Gröndahl