La croissance de la zone euro ralentit à 0,3 % au deuxième trimestre

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La croissance européenne ralentit au deuxième trimestre 2016.
La croissance européenne ralentit au deuxième trimestre 2016. (Crédits : © Philippe Wojazer / Reuters)
Selon Eurostat, le PIB de la zone euro a progressé de 0,3 % entre avril et juin. Deux fois moins vite qu'au premier trimestre. Les limites de la politique économique de la zone euro apparaissent à nouveau.

Selon Eurostat, la croissance du PIB de la zone euro a été de 0,3 % sur trois mois entre avril et juin. La croissance de l'union monétaire est donc divisée par deux par rapport au premier trimestre où elle était de 0,6 %. Ce chiffre est conforme aux attentes des économistes. Compte tenu de la mauvaise performance de l'économie française qui a stagné sur cette même période alors qu'une croissance de 0,2 % était attendue, ce chiffre suppose sans doute une croissance allemande assez solide sur le deuxième trimestre. Il faudra cependant attendre le 12 août pour connaître la première estimation de la performance de la première économie européenne. En attendant, l'Espagne a aussi annoncé un ralentissement de sa croissance au deuxième trimestre de 0,8 % à 0,7 %.

Croissance faible

Cette première estimation doit être prise avec précaution, car elle est souvent légèrement révisée d'un ou deux dixième de point. Aucun détail sur les composantes de cette croissance géographique ou économique n'est encore disponible, mais ce chiffre montre la faiblesse intrinsèque de la croissance européenne. A l'exception du premier trimestre 2016, la croissance trimestrielle de la zone euro est demeurée limitée à 0,4 % depuis la fin de la récession au deuxième trimestre 2013. Par rapport au deuxième trimestre 2015, la croissance du PIB de l'union monétaire n'est que de 1,6 %, contre 1,7 % au premier trimestre.

Consommation moins vive

C'est le signe que les fondamentaux de la zone euro demeurent fragiles. La forte poussée du premier trimestre était en grande partie explicable par la poussée de la consommation des ménages et par le redressement de l'investissement. Comme une statistique d'Eurostat l'a montré jeudi, la consommation des ménages a été portée par une hausse du revenu disponible brut soutenue par la baisse des prix de l'essence. Cette baisse des prix étant terminée au deuxième trimestre (la baisse annuelle des prix de l'énergie est passée de - 8,7 % à -  % en rythme annuel entre avril et juin),et le taux d'investissement des ménages étant toujours très faible, la consommation devait nécessairement ralentir. En France, elle a même stagné.

Le manque de dynamisme des salaires empêche les ménages de profiter de l'amélioration de l'emploi. La croissance faible de la zone euro est fondée sur une modération salariale qui fragilise la consommation. Or, comme il n'existe pas de dynamique du commerce international pour profiter de cette amélioration de la compétitivité coût, la croissance est condamnée à demeurer faible.

Des investissements basés sur la prudence

Du côté de l'investissement, toute reprise reste très fragile. Certes, les entreprises bénéficient d'un soutien appuyé de la BCE et de taux attractifs, mais l'absence de vraie dynamique de la demande hors de la zone euro et dans la zone euro appelle à la prudence. La hausse des prix demeurant faible, l'espoir de rentabiliser de nouveaux investissements est faible. On renouvelle donc davantage l'outil de production qu'on le développe. La prudence reste de mise et toute croissance demeure nécessairement limitée.

Les limites de la BCE

Le premier trimestre 2016 devrait donc être davantage l'exception que la règle. La règle est bien cette faible croissance du deuxième trimestre. Il est vrai qu'avec une inflation annuelle de 0,2 % en juillet et une inflation sous-jacente qui reste bloquée à 0,9 % en juillet comme en juin, la zone euro ne peut espérer mieux en termes de croissance. Cette croissance met donc encore une fois en lumière les manques de la politique économique de la zone euro. La BCE peut empêcher le pire, mais elle ne peut guère soutenir l'activité suffisamment. Sans doute est-il temps de réfléchir à un complément à cette politique. On en est cependant encore loin.

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Commentaires
a écrit le 29/07/2016 à 13:37 :
Merci pour cet article clair et net, il est dommage que ce soit Mike le poulet sans tête qui gère notre économie sinon ça fait belle lurette que n'importe qui d'autre à sa place aurait compris qu'il fallait faire machine arrière et revenir sur l'augmentation du pouvoir d'achat.

Maintenant les états sont hyper endettés et sans le sou à cause des intérêts à payer aux actionnaires milliardaires et autres qui ne pensent toujours pas à redistribuer des milliards qui ne leur serviront à rien.

Plus on possède et plus on est possédé en effet...
Réponse de le 29/07/2016 à 17:23 :
Effectivement cette situation va durer puisque M. Schauble ne veut que des réformes de structures c'est à dire que de l'austérité et point de relance.
Cette relance devrait se faire au niveau européen, et des projets existent qui pourraient largement soutenir la croissance européenne.

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