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ÉconomieUnion européenne

La Grèce paiera bien ses dettes... quand elle pourra

Photo de Sylvain Rolland

latribune.fr

Publié le 25 mai 2015 à 11:28 - Mis à jour le 25 mai 2015 à 14:32

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Le gouvernement grec a indiqué que le pays, confronté à de gros problèmes de liquidités, honorera "toutes ses obligations financières" "dans la mesure où il sera en situation de payer". Le ministre des Finances a ensuite précisé qu'il accepte des réformes, mais pas une nouvelle cure d'austérité.

La Grèce ne se défilera pas à ses obligations vis-à-vis de ses créanciers internationaux, mais elle le fera à son rythme, quand elle le pourra. C'est, en substance, le message qu'a fait passer le gouvernement grec ce lundi.

"Dans la mesure où nous serons en situation de payer, nous paierons toutes les obligations" financières, a assuré Gabriel Sakellaridis, le porte-parole du gouvernement grec. Une annonce qui intervient alors qu'Athènes doit rembourser 300 millions d'euros au FMI le 5 juin prochain.

"C'est la responsabilité du gouvernement d'être en capacité de rembourser toutes ses obligations", a expliqué Gabriel Sakellaridis, précisant ensuite que "c'était aussi de la responsabilité des créanciers d'être respectueux de leurs engagements de prêts".

Asphyxie de l'économie grecque

Le porte-parole a également fermement démenti tout scénario d'instauration d'un contrôle des capitaux pour stopper le flux des retraits de dépôts bancaires, qui affiche un rythme soutenu depuis cinq mois, même si "les problèmes de liquidité sont connus" et créent "des conditions d'asphyxie de l'économie grecque".

Il a également réitéré l'objectif du gouvernement d'aboutir à un accord "fin mai, début juin" avec les créanciers du pays sur le versement de tout ou partie de 7,2 milliards de prêts entrant dans le cadre du deuxième plan d'assistance internationale au pays en cours depuis 2012.

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1,6 milliards d'euros à payer au FMI avant le 19 juin

Le ministre de l'Intérieur grec Nikos Voutsis avait déclaré dimanche que la Grèce n'avait pas d'argent pour payer le FMI en juin, un risque brandi à plusieurs reprises récemment par des officiels grecs dans le cadre des négociations avec les créanciers du pays.

La Grèce, qui a déjà eu recours à un fonds d'urgence pour payer les 750 millions d'euros du FMI en mai, doit envoyer à l'institution de Washington les 5, 12, 16 et 19 juin, un total de 1,574 milliard d'euros. Mais elle doit aussi payer les fonctionnaires, les retraites, les fonds de sécurité sociale pour environ 2,2 milliards d'euros.

Apaiser les tensions

Les déclarations du porte-parole du gouvernement sont, dans le ton, beaucoup moins offensives que celles, au vitriol, du ministre de l'Intérieur Nikos Voutsis, prononcées hier.

"Cet argent ne sera pas donné et il n'y en a pas à donner", avait-il déclaré à la chaîne de télévision grecque Mega.

Le gouvernement, a dit le ministre de l'Intérieur, est déterminé à lutter contre la stratégie d'"asphyxie" menée par les créanciers de la Grèce. "Cette politique d'austérité extrême et de chômage en Grèce doit être combattue", a-t-il dit. "Nous ne ferons pas l'économie de ce combat."

Des réformes, oui, une nouvelle cure d'austérité, non

Suite à ces propos, le ministre des Finances Yanis Varoufakis a assuré lundi que le gouvernement grec était prêt à accepter toutes les réformes voulues par les créanciers, mais il a rejeté les exigences d'une nouvelle cure d'austérité "pire que le mal".

Dans une tribune sur le site d'opinions "Project Syndicate", intitulée "L'austérité serait le seul motif d'échec", Yanis Varoufakis s'élève contre "l'idée fausse" qu'Athènes "ne peut ni ne veut mettre en œuvre un programme de réforme économique".

Au contraire, selon lui, le gouvernement "est très désireux de mettre en œuvre un plan incluant toutes les réformes économiques sur lesquelles insistent les experts européens". De plus, souligne-t-il, cet exécutif au pouvoir depuis janvier "occupe une position unique pour conserver le soutien populaire à un programme de réformes économiques sain".

Approbation populaire

Le gouvernement de gauche radicale Syriza maintient en effet de hauts niveaux d'approbation dans l'opinion actuellement.

"Agence indépendante pour les impôts, excédents primaires raisonnables permanents, programme de privatisation sensé et ambitieux combiné avec une agence de développement qui exploite les actifs publics pour créer de l'investissement, vraie réforme des retraites assurant la soutenabilité à long terme du système de sécurité sociale, libéralisation des marchés des biens et services": selon M. Varoufakis, la Grèce est prête à tout cela.

Le ministre poursuit en attaquant les créanciers de la Grèce. "Alors pourquoi les négociations n'ont-elles pas encore abouti à un accord? (...) C'est simple: les créanciers insistent sur une austérité plus forte encore pour cette année et au-delà, (...) et notre gouvernement ne peut pas, et ne veut pas, accepter un remède qui a démontré depuis cinq longues années qu'il était pire que le mal".

Des considérations politiques

M. Varoufakis, économiste de profession, publie à l'appui de ses dires un graphique sur l'évolution des PIB et des déficits structurels en zone euro de 2009 à 2014, qui semble montrer de façon assez criante l'effet désastreux de l'austérité sur la Grèce.

Et pourtant, note-t-il, "l'insistance de nos créanciers en vue d'une plus grande austérité est là, feutrée mais inébranlable", "sous forme de leur exigence à ce que la Grèce maintienne des excédents primaires (c'est-à-dire hors charge de la dette, ndlr) élevés".

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Pour lui, cette insistance est en réalité "sans rapport avec le souci d'une réforme véritable ou d'amener la Grèce sur un chemin budgétaire soutenable". "Leur vraie motivation est une question qu'il vaut mieux laisser aux futurs historiens", conclut-il, semblant dénoncer des considérations politiques.

latribune.fr

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