Le Brexit inquiète les Européens venus travailler en Grande-Bretagne

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La double nationalité concerne 2,4 millions d'européens en Grande Bretagne et 2 millions de Britanniques sur le continent.
La double nationalité concerne 2,4 millions d'européens en Grande Bretagne et 2 millions de Britanniques sur le continent. (Crédits : Flickr/Vadim Timoshkin. CC License by.)
Alors que les Britanniques doivent se prononcer en 2016 sur l'appartenance du pays à l'Union européenne ("Brexit"), les ressortissants venus des autres pays européens s'interrogent sur leur statut dans le pays. Les Britanniques sont également inquiets, tels ceux qui par exemple, en retraite en France, utilisent le système de santé français.

Du permis de travail, au paiement des retraites en passant par les taxes, de grands changements peuvent arriver en Grande Bretagne, en cas de Brexit, pour les ressortissants britanniques sur le continent et les Européens installés outre-Manche. Tous s'inquiètent des conséquences d'une victoire du non au référendum de 2016.

Ils sont ainsi des milliers à demander un passeport leur conférant la double nationalité, selon une consultation publique organisée par le Guardian. Après analyse des 1.200 réponses de citoyens européens, le journal conclut que la plupart sont en cours de changement de citoyenneté ou pensent le faire. Sans cette double nationalité, beaucoup craignent que le vote pour la sortie de l'Europe rende leur vie difficile.

Les Européens ne veulent pas perdre leurs droits

Dans le pays, les Européens venus du continent représentent 4% de la population, soit la moitié des migrants. « Le pire c'est l'incertitude » explique Stéphanie Zihms, au Guardian. Cette Allemande s'est installée à Edimbourg, après ses études post-doctorales.

« Tout le monde parle du Brexit en terme économiques ou politiques, personne ne considère ce que cela signifierait pour tant de monde. Ma vie est ici maintenant. Aurais-je besoin d'un visa pour voir ma famille ? Un nombre minimum de points pour travailler ? Personne ne peut le dire. », raconte-t-elle.

Les inquiétudes sont multiples : la perte du passage rapide à la douane, le retour du permis de travail, la fin des accords avec les services de santé publique, une restriction plus grande sur les études et le travail, une possible hausse de la taxe sur les propriétés détenues par des étrangers, les transferts d'argents entre Etats membres, et enfin, la gestion des retraites.

Une éventuelle sortie de l'Europe et l'annulation de tous les règlements et lois adoptés, prendrait des années de négociations. Mais, les 2,4 millions de citoyens européens vivant en Grande Bretagne ne veulent pas s'en remettre à la chance. Les naturalisations ont augmenté de manière conséquente ces dernières années de 10.000 en 2009 à 18.000 en 2013.

Une nationalité qui coûte cher

Comparé aux autres états européens, acquérir la citoyenneté britannique coûte cher, la demande coûte 1.284,13 euros (913 livres) et la naturalisation 1.413,67 euros (1.005 livres). Fabriozio Fazzini, une ingénieur électrique originaire de Sicile qui vit avec sa famille depuis septembre 2010 dans le pays, a déjà passé le test "Life in the UK". Cet examen est indispensable pour obtenir la nationalité, qu'il pourra demander en fin d'année prochaine. Pour lui et sa famille, il a payé plus de 4.923,24 euros (3.500 livres), précise-t-il au Guardian.

"Je ne pense pas qu'il y a un risque d'être expulsé, c'est au cas où. Mais je vois des collègues indiens et venant de pays n'appartenant pas à l'UE,  avec quelles difficultés ils obtiennent ou renouvellent leur visa...Je ne veux pas qu'on ait à la faire. Nous sommes bien ici. Je compte les jours jusqu'à l'obtention de nos quatre passeports flambants neufs''

Les Britanniques sur le Continent voudraient voter, comme les autres

Les ressortissants de l'Union européenne ne sont pas les seuls à s'inquiéter. Wendy Joint, retraitée des services publics, fait partie des 2 millions de Britanniques installés sur le Continent. Le vote remet en cause son appartenance au système de santé français, explique-t-elle au Guardian.

"Cela dépend, des accords avec l'Union Européenne. Si la Grande-Bretagne sort, elle devra négocier des accords réciproques avec la France et les autres pays européens, concernant la couverture médicale des citoyens britanniques....C'est une incertitude", explique Wendy Joint.

Presque tous ceux qui vivent hors de Grande Bretagne depuis plus 15 ans expriment une colère silencieuse, face à l'interdiction de voter pour un référendum qui aura des conséquences directes sur leurs vies. En Espagne, Georgina Hodgson résume, au Guardian, les problèmes personnels de nombreux migrants:

"Ma vie entière est en Espagne depuis que j'ai déménagé ici à 18 ans. J'ai une carrière, une maison et un partenaire avec qui je veux rester. J'adore voyager à travers l'Europe sans visa. Si la Grande-Bretagne quittait l'Union européenne ça serait un désastre."

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Commentaires
a écrit le 20/08/2015 à 11:57 :
Je lis un commentaire qui dit que l'Europe est un rempart contre la guerre......argument sans cesse développé par les pro européens.....qui oublient les conflits qui ont agité les balkans alors que l'Europe existait déjà....et j'avoue que quand j'entends des chômeurs parler des travailleurs déplacés qui viennent surtout des pays de l'est, quand j'entends des routiers parler de leurs homologues roumains qui cassent les prix, des grecs qui parlent des allemands qui se sont tellement enrichis sur la crise de leur pays, je me dis que l'Europe telle qu'elle est actuellement ne nous protège pas des nationalismes qu'au contraire elle les exacerbe, et qu'elle sera sans aucun doute à l'origine de l'apparition de gouvernement extrême de gauche (Grece) ou de droite (Autriche) et sans doute à l'origine d'une prochaine guerre. La guerre économique ne peut mener qu'à ça.....
a écrit le 18/08/2015 à 17:42 :
J'ai souligné à propos du cas grec que le pays ne pouvait pas sortir techniquement de la zone euro. Seusl deux pays peuvent encore le faire : La France et l'Allemagne. UK non seulement n'a plus la possibilité de sortir de l'Europe mais encore devra forcément entrer dans l'euro. La seconde partie sera d'ailleurs la suite de la réflexion : "Si nous sommes dans l'Europe alors soyons y complètement en étant dans l'euro". Le processus est techniquement inévitable. Pour le ralentir il faudrait qu'un pays comme l'Espagne annonce une nouvelle révolte ou que la France avec des élections décide d'envisager de sauter le pas. Les anglais profiteront certainement de l'occasion pour ré-réévaluer leur PIB tandis qu'écossais, gallois et irlandais verront la plus juste répartition financière régionale qu'ils réclament et que l'on commence à leur donner. Il est probable que l'Irlande soit reconstituée comme un tout. L'affaire du Brexit n'en est donc pas une.
a écrit le 18/08/2015 à 16:59 :
Réponse à européen
Vous avez raison mais le problème le plus important aujourd'hui, qu'on le veuille ou non, est l'IMPOPULARITE GRANDISSANTE de l'UE.
Il s'agit d'une opposition idéologique et éthique. C'est le problème essentiel. Croire qu'on a pu éliminer toute conscience éthique et politique dans les peuples pour tout réduire aux questions économiques et sociales est une DANGEREUSE ILLUSION. Ces oppositions reviendront en force et elles s'exprimeront dans le nationalisme qui se présentera comme la seule porte de sortie à un monde de plus en plus insupportable et privé de sens, surtout pour la jeunesse. C'est l'erreur dans laquelle se sont enfoncés tous les pouvoirs politiques depuis toujours. Il faut stopper cette fuite en avant avant qu'il ne soit trop tard, que chacun reconnaisse les erreurs commises, condition indispensable pour arrêter cette escalade entre la troika et l'opposition réelle.
a écrit le 18/08/2015 à 14:21 :
1 ) seule une federation des etats europeens a une chance de reussir, sinon, chacun tire la couverture a lui
2) on ferait bien de faire payer nous aussi la naturalisation et faire passer cet examen
Réponse de le 18/08/2015 à 16:30 :
La naturalisation est déjà payante en France, et on pose des questions sur la France... Donc il vaut se renseigner avant
a écrit le 18/08/2015 à 11:43 :
Je proteste contre cet article pour son parti-pris pour les partisans de l'UE actuelle. De tels articles deviennent de moins en moins crédibles et, à mon avis, au lieu d'avoir l'effet désiré, éveillent au contraire toujours plus de méfiance.
C'est assez lamentable.
Ou alors c'est s'aveugler à tel point sur la réalité que c'en est ridicule. Si une grande majorité de Britanniques veulent quitter l'UE, c'est qu'ils ont de solides raisons pour cela.
Pourquoi vouloir le cacher à tout prix?
Ce n'est surement pas de cette façon que l'auteur pourra défendre son opinion que par ailleurs je respecte en tant que telle.
Bien cordialement
Réponse de le 18/08/2015 à 12:22 :
Ce dont nous avons besoin c'est d'une construction plus souple, avec des états qui se fédèrent et d'autres qui restent dans une association plus lâche. vouloir mettre tous les 28 dans un même moule ne fonctionne pas et n'a jamais fonctionné. les états ayant fait le choix de plus d'intégration devraient avancer sans tenir compte des autres et offrir une association purement économique à ceux qui ne veulent pas d'intégration politique mais il faudra expliquer alors que les états restés en dehors ne bénéficient pas des mêmes droits. Il nous faut une EU cohérente et intégrée et non ce bazar géant dont plus personne ne veut.
a écrit le 18/08/2015 à 11:19 :
les anglais ne sortiront jamais de l europe , tous comme la crece, tous cela et du tempt perdu du cinema,? alors que l on pourrais allez plus vite en faissant une europe plus social; afin que tous le monde finisse pars avoir plus de droit pour pouvoir vivre mieux ensenble ? POUR CELA IL FAUT QUE CHACUN VERSE A UN BUDJET COMMUN QUI RESTE A FAIRE PROGRESE ??? CERTAIN PAYS VEULENT LE BEURRE ET L ARGENT DU BEURRE CELA N AI PAS POSSIBLE EN ECONOMIE REDITRIBUSTIBLE?
a écrit le 18/08/2015 à 9:03 :
Dans un entretien avec Der Spiegel recemment, Wolfgang Schäuble disait que quand surtout les Americains critiquent l'Europe, il repond " Avez-vous une meilleure voie pour rassembler 28 pays qui ont mene des guerres entre eux pour mille ans? Les Americains n'ont jamais une reponse".

Je seconde le sentiment de M. Schäuble.
Réponse de le 18/08/2015 à 9:33 :
Sauf que vous en connaissez beaucoup des gens qui sont prêts aujourd'hui à se faire trouer la paillasse pour défendre leur patrie ? Ou même pour aller attaquer un autre pays ? Moi, non. Par ailleurs si, à l'époque, la France (ou l'Angleterre) avait été en possession de l'arme de dissuasion nucléaire vous croyez sincèrement que l'Allemagne aurait envahi la France ?
a écrit le 18/08/2015 à 9:03 :
Dans un entretien avec Der Spiegel recemment, Wolfgang Schäuble disait que quand surtout les Americains critiquent l'Europe, il repond " Avez-vous une meilleure voie pour rassembler 28 pays qui ont mene des guerres entre eux pour mille ans? Les Americains n'ont jamais une reponse".

Je seconde le sentiment de M. Schäuble.
a écrit le 18/08/2015 à 8:12 :
Beaucoup d'étrangers au RU travaillent dans la finance ou dans les sièges européens. Si le Brexit a lieu, toutes les questions que se posent ces européens seront en passe d'être résolues. Londres perdra son statut de place financière européenne et les groupes internationaux ne laisseront pas leur siège à Londres car ce ne sera plus la porte d'entrée pour l'Europe. De même l'implantation d'usines perdra de son intérêt pour les groupes étrangers à l'Europe. Actuellement, le RU a tous les avantages de l'Europe et pas les inconvénients.
Réponse de le 18/08/2015 à 9:07 :
De quels inconvénients de l'Europe que le RU n'a pas parlez-vous ?
a écrit le 17/08/2015 à 19:22 :
Correction néfaste Bréxit par Brésil d’android
a écrit le 17/08/2015 à 19:20 :
Bonjour,
Le Brésil, à mon sens, n’est qu'une façon pour les anglais de gagner des Md€ en négociation avec l’europe. Un bis de Thatcher avec Mitterrand qui accorda tout et surtout des Md€ par an...
a écrit le 17/08/2015 à 18:38 :
La menace est peut-être présentée pour obtenir des concessions en quantité ? Pliez ou on s'en va. La GB est déjà pas mal "à part", elle voudrait devenir une exception (ils veulent bien du côté économique/business mais rien de plus, système fédéral, non merci, pas pour nous).
a écrit le 17/08/2015 à 18:27 :
Pas évident ma chère Maud. Il faut entre autres avoir 5 ans de résidence permanente avec 90 jours maxi de sortie de territoire par an. La procédure va prendre certainement une année, comme au Canada, et si les Anglais sortent disons en début d'année 2016, il est déjà trop tard, non ? Le côté positif, c'est que ceux qui sont en GB depuis longtemps ne perdront pas leur emploi, parce que comme ne le voient souvent pas les journalistes de La Tribune, toute action a des conséquences.... et si les Anglais sortent, il y aura forcément perte de marchés et donc perte d'emplois :-)
a écrit le 17/08/2015 à 18:18 :
Le vote britannique sera un temps fort en 2016 car il scellera pour longtemps la place de la GB au sein ( ou non) de l'EU. J'avoue que je suis de plus en plus dubitatif sur l'EU dans laquelle nous vivons. Je constate l'absence de vision politique, le marasme économique alors que la GB croit, les frontières fluctuantes de l'EU ( Schengen, non Schengen, états associés tels la Norvège et la Suisse qui n'ont rien à faire dans l'espace de libre circulation...) Je trouve que nous devrions avoir une vision claire de notre présent et futur en tant que fédérations d'états ou sur le mode inter - gouvernentale. ce dernier n'ayant aucun sens car il attise les nationalisme et le sentiment anti-européen. A-t on envie de se battre pour une Union économique? Le drame grec, la crise qui dure, en sont deux exemples. Alors si la GB vote le Brexit, nous devrons tous réfléchir à l'EU que nous voulons, et cette EU rêvée ne ressemble pas à celle dans laquelle je et nous vivons.
Réponse de le 17/08/2015 à 19:37 :
Bonne analyse, mais le réel problème de l'Europe, ce sont tous les charlatans qui nous gouvernent. Nous sommes le grand boxon où chacun vient chercher ce qui l'intéresse au détriment des autres. Qu'accorde-t-on par exemple des privilèges européens à des pays qui n'appartiennent pas à l'UE ? C'est sans doute ce que veulent les Anglais: les avantages sansa les inconvénients :-) Quant au drame grec, ce sont des larmes de crocodile. Thomas Jefferson disait qu'on a jamais que ce qu'on mérite et les Grecs sont loins d'être inncocents dans ce qui leur arrive !
Réponse de le 17/08/2015 à 21:24 :
@européen(encore...)
Il y a des quelques problèmes en Europe parce que les gouvernements ont peut-être voulu aller trop vite. Les personnes sont un peu perdues car les problèmes qui surgissent n'avaient pas été envisagés. J'ajoute qu'il y a des états que je qualifie "égoïstes" dans le sens qu'ils n'acceptent pas certaines règles.
Toutefois, l'avantage majeur de la création de l'Union est qu'on ne se tape plus dessus tous les 30-50 ans, ce qui a été monnaie courante au cours de toute notre histoire. La guerre économique existe mais, à mon sens, elle est moins cruelle que celle des deux dernières tueries.
Cordialement

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