« Brexit », le mode d'emploi de la sortie du Royaume-Uni de l'UE

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Nigel Farage, leader du partie UKIP. / Reuters
Nigel Farage, leader du partie UKIP. / Reuters (Crédits : reuters.com)
Rien n'est plus tabou à Bruxelles. La sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne a un nom de code, le « Brexit », mais pas de visage, et encore moins de destin.

« Il y a toute une littérature sur la sécession de la Catalogne ou de l'Écosse. Mais presque rien sur la sortie du Royaume-Uni », me disait récemment un éminent juriste.

 

Évoquez la question avec un officiel européen et, en moins de trois phrases, il en arrivera à cette conclusion : « Les Britanniques ont trop à perdre. » Wishfull thinking ou réalisme ? Un peu des deux. Bien sûr, la City n'est pas enthousiaste à l'idée de se mettre à l'écart de ce grand marché européen qui a fait sa fortune.

 

Mais après tout, Gordon Brown, le dernier Premier ministre travailliste du pays, avait déjà posé les termes du dilemme en expliquant que l'intégration européenne n'était pas la réalité géopolitique qui devait déterminer l'avenir du Royaume-Uni, mais plutôt celle de la mondialisation. Les banques américaines et les investisseurs russes ont aussi largement fait la fortune de la place de Londres.

 

Pour Londres, le grand marché est argument de vente sur le marché mondialisé des services financiers.

 

Depuis cette époque, toutefois, le jeu politique a changé.

 

L'arbitrage du UKIP lors des dernières élections

 

Aux dernières élections, UKIP, le parti sécessionniste, est ressorti devant les conservateurs au pouvoir, en dépit de leur promesse de référendum sur le maintien dans l'UE. D'une certaine manière, les Anglais ont déjà voté. Et le Premier ministre David Cameron a promis de renégocier les conditions de l'adhésion britannique pour... fin 2017. Le peut-il ?

 

Il faudrait d'abord qu'il gagne les élections, en mai 2015. Comme Marine Le Pen et le FN en France, Nigel Farage et le UKIP sont en train de miner le bipartisme au Royaume-Uni. Imaginons un résultat serré où le Labour arriverait en tête, mais sans pouvoir réunir une majorité au parlement.

 

La possibilité d'une alliance entre les conservateurs et le UKIP, ou même le ralliement de quelques affidés de Farage aux Tories, pourrait faire barrage à une alternance. Alors Downing Street devrait précipiter les choses en organisant un référendum à l'automne 2015. Sur quelle base ?

 

"Should i stay or should i go ?"

 

Les autres membres de l'Union, Berlin et Paris en tête, ne sont pas prêts à faire à Londres le cadeau d'une négociation préalable.

 

Autrement dit, « il n'y aura pas de nouveau traité juste pour satisfaire les Britanniques », précise une source diplomatique.

 

Cameron devra donc prendre ses responsabilités et placer ses concitoyens devant l'alternative simple : « In » or « Out ».

 

Les sondages actuels indiquent que ce serait plutôt « dehors ». Que se passerait-il alors ? Le traité de Lisbonne prévoit - c'est une innovation - la possibilité pour un État de quitter l'Union.

 

« Ce qui montre bien que nous sommes une confédération et non une fédération », souligne un observateur.

 

Mais tout comme le mariage, le divorce suppose un contrat. Le conjoint sécessionniste et les autres membres de la famille doivent négocier un nouveau traité. Même séparés, il leur faut un modus operandi, tant leurs destins sont liés.

 
  • Option 1 : un statut à la norvégienne, ce qui est peu probable, car Oslo applique le droit européen... sans le codécider. À quoi bon sortir si c'est pour se transformer en colonie?
  • Option 2 : un statut à la Suisse, liée à Bruxelles par... 120 traités bilatéraux. Un enfer juridique dont Berne tente de sortir par un accord-cadre en cours de négociation.
  • Option 3, préférée par Londres : un contrat sur mesure. Mais on voit mal les autres pays du club accorder aux Britanniques le privilège de pousser au bout la logique du cherry picking.

Le traité donne deux ans pour achever cet exercice... ce qui nous mène fin 2017, sans compter la ratification par les États membres. Autrement dit, l'échéance posée par Cameron est irréaliste. Mais l'hypothèse d'un « Brexit », elle, devrait être prise un peu plus au sérieux.

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Commentaires
a écrit le 18/08/2014 à 10:46 :
L'ONU, puis l'UE n'ont été que des galops d'essai non concluant pour les adeptes du "Novus Ordo Seclorum". Le UK n'a jamais réellement adhéré à cette doctrine, même si d'une certaine manière elle en est l'instigatrice, ironie de l'histoire !!! En effet, l'oncle Sam s'est émancipé (philosophiquement :. et économiquement) de l'empire et l'a placé sous sa tutelle après la guerre d'indépendance, de même que tout son Commonwealth. Il a patiemment pendant toute sa jeune histoire, au gré des contextes plus ou moins contrôlés (guerres, récessions, crises, etc...) imposé sa doctrine, jusqu'à la sacralisé en l'apposant sur sa propre monnaie (billet de 1 USD). Le UK a toujours suivit l'oncle Sam et le suivra toujours. Aucun parti politique britannique, même son improbable UKIP, ne réussira à contrarier les plans. Une partie d'échec se joue toujours avec plusieurs coups d'avance. On sacrifie parfois une pièce maîtresse, même la reine, pour gagner la partie. En l’occurrence, il s'agit d'une partie qui se joue sur plusieurs siècles... Alors s'il vous plaît, vous autres pions, fous, tours, cavaliers, etc... arrêtez de croire que vous êtes en dehors du damier, en dehors d'une partie qui a commencé depuis plus de cinq siècles. Une partie d'échec se joue à deux non ? Alors demandez-vous plutôt qui l'est l'autre joueur !!!
a écrit le 19/06/2014 à 0:53 :
La reine vient de recevoir un ministre chinois venu en Grande Bretagne discuter des rela tirons économiques.
Particulièrement des relations financières avec la city pour l'internationalisation du yuan.
Alors bruxelles...
Réalistes les britanniques, comme toujours.
a écrit le 16/06/2014 à 15:16 :
Au vue du monde actuel, des problèmes de la France qui ne veut pas évoluer et du monde qui croit et prospère, il y a encore des idiots qui pense que les gaulois seraient mieux à combattre tout seul face à l'envahisseur... Bon retour au 20ème siècle...
Réponse de le 16/06/2014 à 23:19 :
Bonsoir,

je pense que vous faites fausse route, vous ne faites que réciter les poncifs des médias de masse.

Pensez-vous que la France vivait en autarcie avant l'UE ?
Pensez-vous qu'elle le ferait après l'UE ?
Quel pays d'Europe et peut être du monde peut se passer du marché Français ?
65 millions de consommateurs on leur tourne le dos comme ça ?

Si le UK quitte l'UE pensez-vous qu'pon ne commercera plus avec eux ?

Quitter l'UE nous permettrait de reprendre le contrôle de nos frontières par la disparition de l'article 63 qui interdit toute restriction aux flux de capitaux.
Cet artciel63 est la cause même des délocalisations en France, des attaques des marchés, des ventes de notre patrimoine.
Essayez d'acheter du patrimoine public en Chine ou aux USA vous serez bien reçu.

Quitter l'UE nous laisserait jsutement gérer nos relations via les plus de 6000 traités bilatéraux avec nos partenaires dans le monde.
Nous aurons touours le 2nd réseau diplomatique mondial.
Nous serons toujours à l'ONU, nous reprendrons notre place à l'OMC plut ^tot que d'être représenté par un allemand qui défend les intérêts de l'Alemagne avant tout.

Bref, non quitter l'UE ce n'est pas se retrancher, mais au contraire permettre à la France d'aller de l'avant et de s'ouvrir au monde.
Rester dans l'UE aujourd'hui c'est nous couper du monde extérieur à l'UE, participer à des guerres illégales (Lybie, Irak, Afghanistan, Syrie, Ukraine etc..).

On nous interdit tout !
Les USA disent "Non Peugeot ne doit pas rester en Iran" et quelques mois plus tard c'est GM qui s'y installe.
Et ce n'est qu'un exemple.

Bon retour au moyen âge.

Ouvrez les yeux, informez-vous, formez-vous !
a écrit le 16/06/2014 à 15:09 :
Esperons qu'on ne donnera pas aux Anglais la possibilite de quitter l'UE en conservant des privileges. En effet pas de "picking" serait ideal :-)
Réponse de le 17/06/2014 à 4:20 :
oui à nous d leur dire " I want money back" et fini les subventions agricoles dont profite grassement l'Angleterre. Sans oublier de leur retier les activités financières que l'UE a placé à la Cyti. Ils viendront la queue entre les jambes pour mendier quand ils devront faire face à la prochaine creise économique majeure . c'est une question de temps. la roue tourne et L'UE retrouvera la croissance. La consolidation budgétaire et la stabilité de l'Euro seront le meilleure rempart à la prochaine crise provoqué par les USA et la pertde de confiance dans le dollars américain.
a écrit le 16/06/2014 à 14:32 :
Et le Franxit pour la sortie de la France c'est pour qui? Il est temps de sortir de ce montre froid qu'est devenu l'Union européenne!
a écrit le 16/06/2014 à 14:10 :
les français avez refusé le traité de Lisbonne aussi , nos brave homme politique si sont assis dessus !!!
a écrit le 16/06/2014 à 11:43 :
la pertinence de l’Europe se posera encore plus quand le marché sera complétement ouvert avec les usa , démontrant ainsi l'inutilité d'en faire parti pour faire des accords commerciaux.
Réponse de le 16/06/2014 à 13:13 :
Oui et quand Monsanto déposera une plainte devant un tribunal privé contre l'état français qui refusera ses OGM, c'est vos impôts qui seront utilisés pour payer l’amende.

vos impôts....enfin NOS impôts.

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